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Extrait

Extrait ajouté par s0phiiie 2022-09-11T13:06:01+02:00

— Bien, bredouille l’officiant, je laisse maintenant la place aux mariés pour les vœux !

— Hein ?

Comment ça, des vœux ? Je n’ai pas préparé de vœux ! On avait dit « vœux classiques » nom d’un escarpin !

— Grace…

Oh merde ! Samuel prend la parole, en premier, et avec un air super sérieux et solennel. Je sens venir le moment très sentimental, voire absolument magnifique.

Sacré nom d’une pipe à glace : je suis dans la mouise.

Jusqu’aux oreilles.

— Tu es arrivée comme une tornade dans ma vie. Comme un grand tremblement de terre… Voire comme un tsunami dévastateur…

Plaît-il ?

— Et tu as mis le PLUS GROS BORDEL que je n’ai jamais vu !

Je cligne des yeux. Moment solennel officiellement fini.

— Charmant…

Samuel ne se débine pas et sourit de toutes ses dents.

— Laisse-moi finir : j’avais une vie calme, posée sereine. Et tu as tout envoyé valser. De la plus belle façon qui soit. Tu m’as littéralement grillé le cerveau.

— Parce que tu en avais un avant moi ?

Ma remarque me vaut un sourire ironique et un léger coup de pied de sa part.

Aïe !

Bon, OK je l’ai mérité.

— Mais à y réfléchir, je crois qu’en fait, tu m’avais déjà marqué, bien avant nos retrouvailles d’il y a deux ans.

Je fronce légèrement les sourcils en souriant en coin. Il m’intrigue. Accouche, Bobby !

— Je me souviens parfaitement de ce jour-là, celui où je t’ai donné ton premier baiser, il y a douze ans…

— QUOI ?

Je lève les yeux au ciel en entendant mon frère vociférer derrière nous.

— Zen, Pierrafeu, je râle en me tournant vers lui, il m’a à peine effleuré les lèvres, ce jour-là, et c’était pour faire taire les abrutis qui s’en prenaient à moi ! En plus, après j’ai été super populaire jusqu’à la fin du lycée !

Je conclus ma tirade d’un gigantesque sourire ironique et d’un clin d’œil, tandis que Daniel se mord les lèvres et porte son poing fermé à la bouche.

— Bordel, Craven, heureusement que tu l’épouses parce que ça fait beaucoup de révélations en moins de trente secondes…

Je soupire bruyamment en me retournant vers Samuel qui secoue la tête vers son copain, et lui fait signe de continuer et d’ignorer l’abruti fini derrière nous.

— Bref, comme je disais avant d’être « interrompu »…

Il appuie le mot en regardant Daniel dans les yeux et j’ai la satisfaction de le voir rougir et baisser les yeux, mal à l’aise. Oh ! Joli uppercut, blondinet !

— Ce jour-là, tu m’as touché.

Plaît-il ? Je ne m’en souviens pas, pourtant Dieu sait qu’à l’époque, j’aurais aimé… Non, Grace, on ne fait pas de blagues sexuelles le jour de son mariage, c’est mal vu…

—Tu étais adorable, reprend-il sans se douter de mes pérégrinations mentales. Et en même temps aussi piquante qu’un hérisson.

Je hausse les sourcils à la comparaison. Un hérisson ? Vraiment ? Grande première pour moi. Quoique si vous vous souvenez bien, j’étais un peu plus bouboule à cette époque, donc au final l’image fonctionne assez bien…

— J’avais hâte de te revoir, mais j’étais encore bloqué avec l’image de l’adolescente. Je ne m’attendais pas au violent uppercut que je me suis pris en te voyant au mariage de Daniel. Tu étais… sublime ! Et très jaune aussi…

J’éclate de rire au souvenir de l’affreuse robe de demoiselle d’honneur dont m’avait affublée Daisy à l’époque, tandis que cette dernière se renfrogne pour la seconde fois de la journée.

— Erratum : c’était camomille !

Il ricane à ma rectification.

— Si tu veux. Je me souviens que j’ai eu du mal à associer l’image de la jeune fille avec celle de la femme magnifique que j’avais en face de moi. J’ai été attiré comme un aimant, j’avais envie de discuter avec toi, de savoir si j’avais encore ce rôle de « béguin » adolescent…

— Rôle principal même !

Il sourit et continue en me fixant du regard alors que mon cœur bat de plus en plus fort à l’évocation de ces retrouvailles. Il ne m’avait jamais parlé de ça, c’est une grande première pour nous.

— Je ne sais pas comment je peux expliquer ça, mais j’avais envie d’être important à tes yeux. Et puis j’ai perdu toute notion de temps à tes côtés. Et depuis, c’est l’effet que tu me fais. Tu me fais vivre dans un tourbillon dingue qui me grise et qui me donne envie de ne plus jamais te lâcher. Bon, prépare-toi parce que je vais sortir un truc vachement cul-cul maintenant…

Je retiens un gloussement et le regarde, avide de savoir ce qu’il va bien pouvoir débiter comme ânerie. Parce qu’avec toutes celles que je sors, la concurrence est acharnée, les enfants !

— Plus j’y pense, et plus je crois que nous sommes destinés à être ensemble tous les deux. Comme si la vie nous avait constamment remis sur le même chemin pour accomplir son devoir, un putain de truc cosmique ou une merde du genre…

J’éclate de rire avec les autres invités, mais mes yeux se mettent à briller. Une poussière sûrement…

— Je t’aime, Grace. J’aime te voir parler toute seule, te voir prendre tous les obstacles que tu croises dans la figure, te voir pleurer devant un film romantique, te voir te cacher les yeux devant des scènes de guerre, j’aime quand tu t’habilles sexy pour me séduire, ou quand tu te contentes d’un vieux pyjama en pilou pour te blottir dans mes bras, j’aime ta façon de décorer notre appartement, et oui, MÊME tes décorations de Noël !

OK, là, c’est une preuve d’amour, UNE VRAIE ! Surtout venant de lui !

— J’aime que tu sois naturelle, que tu sois la première à te jeter sur une pizza et une bière, que tu sois aussi confiante dans ton travail, quand tu es femme d’affaires, aussi efficace, aussi intelligente, bref ! Je t’aime. Comme un dingue.

Si jusqu’ici, je faisais la maligne, je peux vous assurer que je ne le fais plus. Je le regarde, les yeux embués de larmes, et l’une d’entre elles roule silencieusement sur ma joue. Au revoir distinction et maquillage sophistiqué ! Vous n’allez pas me manquer, promis… Mon cœur bat si fort que, je l’imagine exploser à tout moment, pour laisser jaillir de grands jets de sang de ma poitrine. Et même après cette comparaison dégoûtante, je suis TOUJOURS émue !

C’est dire !

— Et je compte t’aimer comme ça jusqu’à la fin de ma vie. Alors j’espère pour toi que tu es prête parce que je ne compte plus te lâcher, petite poupée…

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