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… je m’installe aux côtés de Hendrix, ne pouvant résister à la tentation d’être plus proche de lui. Après qu’il a joué l’intro, je l’entends pour la première fois chanter. Chaque note, chaque vibration de sa voix fait naître de délicieux frissons le long de ma colonne vertébrale. (…)
En arrivant au refrain, (Hendrix) se tourne vers moi. Oups !
Apparemment, je suis aussi censée chanter. Mon rythme cardiaque s’accélère, je peux le faire, il faut juste que je prenne soin de me faire entendre le moins possible, comme tout à l’heure. Après une courte inspiration, je m’exécute, me calant sur lui. J’ai écouté cette chanson des centaines de fois auparavant, mais c’est la première que le sens des paroles s’insinue en moi, et les larmes me montent bientôt aux yeux.
C’est ce genre de chanson que je veux écrire, celles qui trouvent un écho personnel chez la majorité des gens, celles dont l’émotion vous transporte.
Afficher en entier— Laisse-moi te raccompagner, s’il te plaît.
Sans raison légitime, je me sens en sécurité avec lui.
Pourtant, je refuse de céder si facilement.
— Comment je peux être sûre que tu n’es pas un violeur ou même un tueur en série ? Après tout, on vient à peine de se rencontrer.
Il fronce les sourcils.
— Vraiment ?
Je ne me démonte pas.
— Vraiment.
— Tu as raison. Si tu acceptes, tu pourrais te retrouver attachée dans ma cave avant de terminer en morceaux dans mon congélateur… enfin, si c’était mon genre.
Afficher en entier— Et voici Hendrix, enchaîne-t‑elle en désignant mon bel inconnu.
Lorsque celui-ci me tend la main, je lève la mienne pour la serrer. Quand elles entrent en contact, je prends une petite décharge. Aïe !
— Désolée.
Fichue électricité statique… Ses yeux noirs pétillent tandis qu’il referme les doigts autour de ma paume.
— Y a pas de mal. Enchanté, Julianne, dit‑il de sa voix harmonieuse.
Comme la dernière fois, il porte un sweat à capuche ; celui d’aujourd’hui est bleu marine. Je me demande comment il peut le supporter à l’intérieur. De mon côté, j’ai soudain très chaud. Est‑ce seulement à cause de la température ambiante ? Je ne saurais le dire.
Afficher en entierAprès une profonde inspiration, je redresse la tête. En croisant le regard émeraude de la présentatrice, je constate qu’elle se délecte sans vergogne de mon humiliation. Derrière elle, la seconde photo s’étale sur un grand écran. Le bassin de Scott a été flouté, mais la teneur de la scène n’en reste pas moins évidente. Des larmes traîtresses menacent de couler sur mes joues, mais je refuse de faire ce plaisir à cette poufiasse d’opportuniste.
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