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Les voilà de nouveau, après trois quarts de siècle, ces Claudine qui " font l'enfant et la follette " - le mot est de Colette elle-même, qui ajoute : " la jeunesse, certes, y éclate ". La jeunesse, oui, et l'éclat : ainsi apparut Claudine, un jour de l'année 1900, dans son sarrau noir d'écolière, campée sur le seuil de la classe des grandes... Dès sa parution, Claudine à l'école est un succès, qui tourne au triomphe après la publication, l'année suivante, de Claudine à Paris, puis coup sur coup de Claudine en ménage et Claudine s'en va. On mesure mal aujourd'hui l'engouement que suscitèrent les Claudine durant ces premières années du siècle. Le théâtre s'en empare, l'opérette, le music-hall, la mode aussi... Engouement, parfum de scandale, battage publicitaire... Mais quelque chose de plus : un ton nouveau - le naturel. Et la naissance, comme le présidait Catulle Mendès à Colette, d'un type littéraire. Et puis, cette Claudine, " personnage acide qui, vêtu en enfant, a licence de se comporter en femme ", ne faut-il pas la voir comme le premier état, la gracieuse et fraîche ébauche de tant d'héroïnes qui vont lui faire escorte dans l'œuvre de Colette ? Julie de Carneilhan par exemple, cette Claudine parvenue à la maturité... Blessée, bafouée, elle n'abdique ni son intrépidité ni sa sincère imprudence. Comme Claudine, Julie s'en va... Comme s'éloignent Renée Néré, la Vagabonde, et la narratrice de La Naissance du jour... Quant à la valeur autobiographique des Claudine, elle n'est peut-être pas aussi mince qu'ont pu le penser certains. Des recoupements avec des ouvrages tels que Mes apprentissages, Le Pur et l'impur, feraient à coup sûr surgir similitudes, contradictions et... prémonitions. Cependant voici Claudine, : elle se suffit à elle seule. Colette l'a voulu ainsi : " un jeune lecteur, une jeune lectrice n'ont pas besoin d'en savoir davantage sur un écrivain caché, casanier et sage, derrière son roman voluptueux. "
Les voilà de nouveau, après trois quarts de siècle, ces Claudine qui " font l'enfant et la follette " - le mot est de Colette elle-même, qui ajoute : " la jeunesse, certes, y éclate ". La jeunesse, oui, et l'éclat : ainsi apparut Claudine, un jour de l'année 1900, dans son sarrau noir d'écolière, campée sur le seuil de la classe des grandes... Dès sa parution, Claudine à l'école est un succès, qui tourne au triomphe après la publication, l'année suivante, de Claudine à Paris, puis coup sur coup de Claudine en ménage et Claudine s'en va. On mesure mal aujourd'hui l'engouement que suscitèrent les Claudine durant ces premières années du siècle. Le théâtre s'en empare, l'opérette, le music-hall, la mode aussi... Engouement, parfum de scandale, battage publicitaire... Mais quelque chose de plus : un ton nouveau - le naturel. Et la naissance, comme le présidait Catulle Mendès à Colette, d'un type littéraire. Et puis, cette Claudine, " personnage acide qui, vêtu en enfant, a licence de se comporter en femme ", ne faut-il pas la voir comme le premier état, la gracieuse et fraîche ébauche de tant d'héroïnes qui vont lui faire escorte dans l'œuvre de Colette ? Julie de Carneilhan par exemple, cette Claudine parvenue à la maturité... Blessée, bafouée, elle n'abdique ni son intrépidité ni sa sincère imprudence. Comme Claudine, Julie s'en va... Comme s'éloignent Renée Néré, la Vagabonde, et la narratrice de La Naissance du jour... Quant à la valeur autobiographique des Claudine, elle n'est peut-être pas aussi mince qu'ont pu le penser certains. Des recoupements avec des ouvrages tels que Mes apprentissages, Le Pur et l'impur, feraient à coup sûr surgir similitudes, contradictions et... prémonitions. Cependant voici Claudine, : elle se suffit à elle seule. Colette l'a voulu ainsi : " un jeune lecteur, une jeune lectrice n'ont pas besoin d'en savoir davantage sur un écrivain caché, casanier et sage, derrière son roman voluptueux. "
" Annie adore Alain, son mari. Elle est complètement sous sa domination et ne sait qu'obéir.
Mais Alain part en voyage et Annie se retrouve seule, complètement épouvantée, bien décidée à appliquer à la lettre l'" Emploi du temps " que lui a fait son mari et qui comporte, entre autres :
- Une seule visite à Renaud et Claudine, ménage réellement trop fantaisiste pour une jeune femme dont le mari voyage au loin.
- Voir et sortir souvent avec ma sœur Marthe car sous des dehors un peu libres, elle a un grand bon sens et même du sens pratique.
Avec Marthe, Annie ira dans une station thermale puis au Festival de Bayreuth, rencontrera toutes sortes de gens, apprendra et comprendra bien des choses et reverra souvent Claudine...
Peinture lucide et narquoise du milieu dans lequel vécut longtemps Colette, rempli de personnages très vivants, Claudine s'en va est servi par ce style dru, savoureux, qui est propre au grand écrivain. "
" Annie adore Alain, son mari. Elle est complètement sous sa domination et ne sait qu'obéir.
Mais Alain part en voyage et Annie se retrouve seule, complètement épouvantée, bien décidée à appliquer à la lettre l'" Emploi du temps " que lui a fait son mari et qui comporte, entre autres :
- Une seule visite à Renaud et Claudine, ménage réellement trop fantaisiste pour une jeune femme dont le mari voyage au loin.
- Voir et sortir souvent avec ma sœur Marthe car sous des dehors un peu libres, elle a un grand bon sens et même du sens pratique.
Avec Marthe, Annie ira dans une station thermale puis au Festival de Bayreuth, rencontrera toutes sortes de gens, apprendra et comprendra bien des choses et reverra souvent Claudine...
Peinture lucide et narquoise du milieu dans lequel vécut longtemps Colette, rempli de personnages très vivants, Claudine s'en va est servi par ce style dru, savoureux, qui est propre au grand écrivain. "