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Je me souviens de toi, petit moineau, tu volais insouciant et tu t’es retrouvé dans ma maison. Tu te heurtais aux murs et aux plafonds, tu n’y comprenais rien. Tu t’es blotti dans un coin. Tu tremblais de tout ton être privé de ciel. Je t’ai pris dans mes mains. J’ai vu dans tes yeux paniqués des palais de brindilles et des fêtes au soleil. Quand j’ai ouvert mes mains au milieu de l’air, tu as filé vers ton paradis bleu. Seule l’écriture pouvait garder mémoire du seul croisement de nos vies.
Afficher en entierCourbé sous le poids dément du monde, j’avance. Quand je parle de beauté, je ne pense pas à un crépuscule dans le désert, ni à l’ascension d’une haute montagne. Je n’ai pas fait l’expérience de ces beautés, mais ne doute pas qu’elles m’émerveillent aussi. Je parle de la vie ordinaire, immense et passagère. La plus secourable. Elle n’est pas au bout du monde mais ici et maintenant, mêlée à nos jours simples, à nos heures perdues et mendiantes. Je parle d’un continent toujours neuf. Je pense au vent sur les blés, au parfum des lilas, à la neige toujours blanche. La vie simple va son chemin, libre, fuyante, indocile. Elle vient nous combler quand nous n’appelons aucune aide. Elle plonge au cœur de nos solitudes et vient déchirer le voile qui nous sépare de l’essentiel. Nous la vivons quand de regard en regard, d’épure en épure, un ravissement nous emporte et nous rassemble. Quand soudain l’instant nous donne une longueur d’avance sur le temps qui passe.
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