Hermann Quéru
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La préface est de Jean de la Varende.
Elle présente l'auteur de cette originale biographie.
Hermann Quéru est un spécialiste de l'œuvre de Jules Barbey d'Aurévilly.
Comme lui, il débuta par s'exprimer en patois de la Manche.
Comme lui, il a parlé la langue mystérieuse des "vieux dires".
Il se trouve d'autant plus à l'aise dans cette évocation, qu'il a presque connu l'homme, que les gens qu'il a pu questionner gardaient encore dans l'œil la silhouette déchiquetée du grand écrivain.
Hermann Quéru fut poussé par ses trois amis - Jean de la Varende, Camille Cé et Wilfrid Lucas -.
Ils le relancèrent, le prièrent et lui dirent :
"Hermann, racontez-nous Barbey, vous qui avez été élevés ensemble".
C'est par cette phrase, un peu anachronique, Que Jean de la Varende clôt sa préface, écrite et signée au Château de Bonneville, à Chamblac, en 1937.
S'ensuit une évocation, signée Hermann Quéru, très littéraire, peut-être la plus belle que je connaisse, du pays de Valognes, de Bricquebec et de Saint-Sauveur le Vicomte, terroir de Barbey d'Aurevilly.
Si ce dernier n'était pas né dans une vieille famille du Cotentin peu après la révolution, ses livres ne seraient ni "L'ensorcelée", ni "Un prêtre marié", ni "Le chevalier des touches", si caractéristiques.
On voit parfois, en lui, un des fondateurs de la littérature régionaliste.
Mais il l'est devenu instinctivement.
Cette biographie, qui semble proche et inspirée, fait la part belle aux décors, à l'époque, aux influences et parfois même aux circonstances.
L'écrivain semble peint avec justesse, paré de ses qualités, qui sont affirmées, et de ses défauts, qui ne sont souvent que sous-entendus.
Le propos est de présenter l'homme, mal connu, de clarifier sa pensée et ses intentions en éclairant ses origines. Sans trahir, ni forcer le trait.
Une étude, parue aux "Cahiers Aurévilliens" en décembre 1939, mise en appendice, vient encore enrichir l'ouvrage d'Hermann Quéru en donnant une idée des difficultés matérielles que rencontra Barbey d'Aurévilly au cours de sa carrière, en nous offrant une description de la lande de Lessay et de Blanchelande à l'été 1928 et en nous dévoilant le triste spectacle de Valognes bombardé et de Saint-Sauveur ravagé, en 1944.
Mais l'irréparable, nous-dit Hermann Quéru, est la destruction du musée consacré au romancier-gentilhomme....
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