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Commentaire de Sren

Dead Zone


Commentaire ajouté par Sren 2026-05-30T09:38:31+02:00

Ce Dead Zone est mon premier King lu en VO. Et ça m'a posé bien plus de difficultés que prévu !

Si l'écriture de Stephen King est directe et sans fioritures, il a beaucoup recours à des termes d'argot américain, que je ne connais pas du tout. Il m'a donc fallu un bon moment d'adaptation avant de retrouver une écriture fluide.

Revenons sur le roman en lui même. Le lecteur suit Johnny Smith, un jeune professeur tout à fait classique, qui commence sa vie indépendante. Il est professeur depuis quelques mois et entame une relation amoureuse avec Sarah, une de ses collègues. Les premiers chapitres sont centrés sur une de ces soirées, à la foire. C'est de ce soir d'octobre que va découler tout le reste de l'histoire, car Johnny va avoir un accident de voiture qui va le plonger dans le coma pour 4 ans et demi.

Cette partie a une énorme importance dans le récit, et aussi en nombre de pages. On suit toutes les difficultés de sa famille et de Sarah, dont la vie continue doucement tandis que Johnny végète à l'hôpital. Stephen King parvient à donner vie à des personnages attachants, dont les peines et les incertitudes touchent le lecteur. Ce sont des événements de vie qui peuvent arriver à chacun, et la simplicité comme la dureté de ces moments sont rendus fidèlement par l'auteur.

Le fantastique est très présent dans le récit, avec les visions vécues par Johnny quand il touche des personnes ou des objets. La dimensions religieuse est aussi beaucoup évoquée, que ce soit à travers les croyances de Véra Smiths ou même des réflexions de Johnny sur la fin du récit. De grosses coïncidences apparaissent qui aident Johnny dans l'accomplissement de sa "mission" ; si c'est une corde scénaristique, King parvient à le justifier comme une "main divine" qui donne de petits coup de main pour le bien de l'humanité entière.

En cela, the Dead Zone a de forts échos avec le Fléau, où la deuxième partie se résumait à une grande lutte entre le bien et le mal, et les personnages dans chaque camp. Il n'y a pas de lutte à proprement parler ici, mais le point de vue de Stillson est aussi exploité par l'auteur, en opposition de Johnny.

Les personnages sont attachants bien qu'aucun ne se détache réellement. J'ai été plus sensible au dessin de leur trajet de vie, aux deuils et reconstructions que chacun mène. Cela fait écho à nos vies contemporaines, aux joies et aux douleurs que l'on traverse... Et cet aspect résonne particulièrement en ce moment, où ma propre vie est en plein changement.

La finalité du roman avec la course à la politique de Greg Stillson arrive tardivement dans le récit, je dirai aux 3/4 du roman seulement. C'est assez déstabilisant, puisque c'est ce qui est mis en avant dans la quatrième de couverture. Stephen King prend son temps pour dérouler son récit, pour montrer la vie de Johnny et les conséquences de son don (ou de sa malédiction?) pour lui et pour les autres. Malgré ce rythme, je ne me suis jamais ennuyée. Il ne faut simplement pas chercher une action constante ici, sous peine d'en être déçu.

Je poursuis donc tranquillement ma découverte de l'oeuvre de Stephen King, avec un roman qui date de plus de 40 ans maintenant, mais dont l'impact reste fort. Pas de grande guerre ou d'horreur ici, juste le récit de vies qui se déroulent, avec plus ou moins de drames, et qui rappelle que la vie peut prendre des tournants inattendus, parfois pour mieux rebondir dans le futur.

The Dead Zone est une jolie lecture ; il ne m'aura manqué qu'un peu plus d'attachement aux personnages pour en faire un vrai coup de coeur.

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