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Je n’étais qu’une gamine émerveillée par un soleil dissimulant un trou noir qui a annihilé mes espoirs, ma confiance en moi, mes désirs, mes projets. Minuscule flamme d’une bougie anéantie par un souffle fétide. La douleur, atténuée par les derniers événements, revient me transpercer le cœur.
Afficher en entierAssise sagement sur mon tabouret, je continue d’écouter ma mère pratiquer son rite vaudou sur son petit sachet de tulle. Bien que les cheveux arborés par le morceau de toile soient les miens, ce truc et moi n’avons rien d’autre en commun. Il est moche, difforme, et empeste en raison des concoctions d’aromates et de la poussière d’os de mes ancêtres entassés à l’intérieur. Les gens dans le reste du monde sont persuadés que nous utilisons des poupées censées représenter la personne vers qui se portent nos prières. Soyons honnêtes, si je ressemblais réellement à ce truc, je supplierais Mawu[1] de m’accorder sa bienveillance et de me remodeler la face. Sans l’offenser, bien entendu.
Dans ma famille, les femmes sont toutes des mambos[2]
. Ma mère est convaincue que la déesse prénommée Erzulie[3] est sur sa tête, c’est-à-dire, qu’elle la protège. Depuis, elle vénère sa divinité féminine à toutes les sauces. Aujourd’hui, elle lui demande de veiller sur moi tout au long de ma vie. De m’apporter le bonheur, la joie, mais surtout, l’amour, spécialité d’Erzulie. C’est pour cela que je la contemple psalmodier depuis de longues minutes tout en triturant le paquet entre ses mains.
Un jour, ce sera à moi de reprendre le flambeau
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