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Liste des extraits

Extrait ajouté par lelette1610 2021-11-16T21:51:56+01:00

Vraiment, on avait de la peine à croire qu’ils (les Polonais) avaient vécu ici toutes ces années en compagnie des Juifs. Les deux peuples les plus malchanceux du monde côte à côte, comme dans une putain de réserve naturelle de perdants. Si Dieu existait, son sens de l’humour ne manquait pas de finesse

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Extrait ajouté par PLM79 2025-08-16T16:56:44+02:00

— La guerre profite à tous les empires, c’est une loi immuable de l’Histoire. Les milieux d’affaires et les industriels trépignaient d’impatience à l’idée que les États-Unis s’engagent dans le conflit mondial. Pour eux, cela équivalait à une pluie de dollars, à des milliards en commandes gouvernementales. Une guerre mondiale engrangeait des profits pour tous, à l’exception des soldats envoyés au front et de leurs familles. Tout le monde y trouvait son compte, depuis l’économie nationale, en passant par les fabricants de chars d’assaut et les laboratoires scientifiques, jusqu’aux couturières qui cousaient les lanières des casques. Sans parler des banques, les banques gagnent toujours, et au cours d’une guerre, elles gagnent sur tous les fronts parce qu’elles financent d’ordinaire l’ensemble des belligérants. Pour les États-Unis d’Amérique, aucun investissement n’a jamais été aussi rentable que la Seconde Guerre mondiale. Bien sûr, personne ne le crie sur les toits, il vaut mieux chanter les louanges des héros tombés sous les drapeaux, mais les mécanismes qui relient la guerre, l’économie et le monde des affaires ont été décrits des millions de fois.

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Extrait ajouté par PLM79 2025-08-15T19:45:07+02:00

Durant de longues années, il s’était étonné que, ni au temps de sa carrière militaire ni en tant que mercenaire, aucune cible religieuse ne lui ait été désignée. Il n’avait jamais eu à abattre un archevêque, un rabbin, un imam, un prophète autoproclamé ou un de ces innombrables prédicateurs saisonniers et autres fondateurs de nouvelles religions qui pullulaient de par le globe. Plus tard, il avait compris que ces gens ne constituaient pas une menace pour le monde de la grande politique et de la grande finance. Au contraire, les prêtres cyniques qui manipulaient les indigents étaient très utiles ; grâce à leur travail, les masses acceptaient mieux leur position subalterne et leur misère. Ces masses étaient moins enclines à poser des questions ou à exprimer leur mécontentement, sans parler de faire la révolution, lorsqu’elles croyaient que leur sort dépendait d’on ne sait quel dieu.

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Extrait ajouté par PLM79 2025-08-14T06:04:58+02:00

Boznański s’installa de manière encore plus confortable, croisa les bras sur son ventre, une montre Audemars Piguet de la série Royal Oak Offshore brillait à son poignet. Frey la reconnut et, en dépit de l’atmosphère qui s’épaississait, Karol remarqua de l’estime dans ses yeux.

— … que faisait votre père durant la guerre ?

— Il a eu la chance de ne pas avoir été envoyé au front, répondit le vieux marchand. Il a servi dans une compagnie de réserve de la Wehrmacht, près de Hanovre. En cuisine.

— Comme tout le monde, répliqua Boznański.

— C’était une cuisine particulièrement grande dans une compagnie particulièrement nombreuse.

— Oui. Cela fait tant d’années que je parcours l’Allemagne et je n’ai encore jamais rencontré de descendants de SS ayant servi à Varsovie, ceux-là mêmes qui ont commencé par massacrer deux cent mille personnes en quelques semaines, puis ont mis le feu à la ville, avant d’emporter en souvenir des portraits comme celui-ci afin que, plusieurs décennies plus tard, leurs petits-enfants puissent effacer la signature de l’auteur et profiter de l’aide d’un expert tel que vous pour arrondir leurs fins de mois et s’offrir des vacances en Thaïlande.

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Extrait ajouté par Dadoli 2021-05-11T22:46:22+02:00

Son mollet recommença à trembler mais, cette fois, les spasmes ne furent pas si faciles à maîtriser. Que dire : quand y’a du risque, y’a d’ la joie.

— Fastoche ! hurla Anatol en sautant les cinquante derniers centimètres pour planter ses deux mains dans la fissure qui, en effet, était aussi confortable qu’un barreau d’échelle. Il accrocha un mousqueton à un crochet laissé là par les pères de l’alpinisme et répondit à ce putain d’appel téléphonique.

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Extrait ajouté par Laurine-25 2021-04-20T15:50:40+02:00

Anatol Gmitruk était suspendu à quelques dizaines de mètres au-dessus du sol, le visage blotti contre les rochers chauds, tentant de maintenir son équilibre sur une saillie de granit large d’un centimètre. L’une de ses mains s’enfonçait dans une fissure, l’autre s’efforçait d’y introduire un coinceur mécanique pour s’assurer. Lorsqu’il estima que la saloperie tenait assez bien en place, il y accrocha une corde d’une couleur furieusement orange reliée à son partenaire posté huit mètres plus bas. Il soupira. Si son pied glissait maintenant, il s’arrêterait grâce au coinceur et non sur la tête de son ami

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Extrait ajouté par Jean-Bernard 2018-09-03T13:44:04+02:00

De la neige. Rien que de la neige. Mais pas des flocons charmants, virevoltant avec légèreté. Pas des pétales printaniers et humides qui chuteraient lourdement pour se dissoudre sur les pelouses tièdes. Non, rien que la pire neige des Tatras, des cristaux de glace microscopiques portés par les rafales de vent, arrivant de partout, qui s’engouffraient sous les habits, tranchaient chaque surface de peau découverte comme des lames de rasoir, s’inséraient dans la bouche et dans les narines et gênaient les inspirations. Cette neige-là ne tombait pas, elle était simplement partout, occupait chaque espace, ôtait l’impression de réalité, annihilait tout sens de l’orientation. Cette neige transformait une marche nocturne en noyade dans une substance glaciale, désagréable, consciente et enragée.

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