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Développée par Giono lui-même, la tradition veut que son manque d’argent l’ait amené à lire principalement les classiques de la collection Garnier, en particulier ceux de la littérature grecque et latine, qui marquèrent beaucoup sa culture, nourrie de surcroît aux sources d’une bonne connaissance biblique.
Préface de la collection "Les Cahiers Rouges"
Afficher en entierLe spectacle à la fois grandiose et désolé des montagnes de Haute Provence, que Giono jeune avait coutume de contempler pendant ses vacances, est la deuxième grande source d’inspiration de son œuvre. En effet, il a l’intuition qu’entre l’homme et le cosmos existe une unité profonde que les grandes mythologies ont déjà exaltée et que l’art – l’art du conteur en particulier, celui qui fondamentalement est le sien – se doit de célébrer à nouveau.
Préface de la collection "Les Cahiers Rouges"
Afficher en entierTout au long de « Jean le Bleu » (1932) courent une sensualité violente et une miséricorde sauvage. C’est le chant du peuple et des terres du Sud. Un critique de l’époque écrivait que Giono avait beaucoup lu Homère. On peut ajouter Virgile, Hésiode et la Bible.
Préface de la collection "Les Cahiers Rouges"
Afficher en entierJe me souviens de l'atelier de mon père. Je ne peux pas passer devant l’échoppe d'un cordonnier sans croire que mon père est encore vivant, quelque part dans l'au-delà du monde, assis devant une table de fermée, avec son tablier bleu, son tranchet, ses ligneuls, ses alènes, en train de faire des souliers en cuir d'ange pour quelque dieu à mille pieds.
Afficher en entierFils, s'il t'est donné de vivre, tu rencontreras sur ta route des hommes qui sont suivis par des troupeaux de montagnes. Des hommes qui arrivent dans des pays, nus et crus. On remarque à peine que leurs mains ouvertes éclairent l'ombre comme des veilleuses. Quand on le remarque. Et voilà que les montagnes se lèvent et marchent à leur suite. Et voilà que tous les mécaniciens de raison tapent du poing sur leurs tables. Voilà qu'ils crient : « Il y a dix ans que je cherche des formules, dix ans que je noircis du papier, dix ans que j'use des arithmétiques. Dix ans que je cherche le bouton secret ». Et celui-là est arrivé et il a dit tout simplement : « Montagne » et puis la montagne s'est dressée. Où est la justice ?
« Elle est là, fiston la justice.
L'espérance… »
Afficher en entierJe vivais dans un monde amer et exalté. On avait, paraît-il, sauvé toutes les princesses sans m'attendre. C'était mon temps de floraison. J'avais besoin d'héroïsme, d'amour et de meurtrissures. A chacun de mes gestes, le don de moi-même coulait le long de mes membres comme de la sueur.
Afficher en entierIl y a dans la sensualité une sorte d’allégresse cosmique.
Afficher en entierL'indulgence, mon ami, est une vertu de riche.
Afficher en entierL’ange ! Il est l’enfant de notre chair. Il est fait des mains de Dieu ; oui, des nôtres. Toutes ces petites mains à peau fine avec lesquelles notre sang touche le monde comme un enfant touche une orange, ces petites mains embrasées de nos lèvres, la main noire de notre rate, la main violette de notre foie, la large main de nos poumons, la main musicienne de notre cœur, la gâcheuse de mortier qui travaille dans notre ventre et la faiseuse d’ailes qui bat doucement comme un poisson entre nos cuisses ou y palpite comme une petit grenouille chaude : les voilà les mains.
Et l’ange est là, doucement assis au sommet de notre cou, entre nos deux oreilles.
Afficher en entierOn s’approchait de plus en plus du soleil.
Les jours recevaient de grands coups de feu qui éclaboussaient de la poussière jusqu’aux hauteurs du ciel.
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