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Un peu malgré lui, la vie l'avait entraîné dans le sillage de ceux qui étaient restés. Comme tous ceux qui perdent un être cher, il avait bien dû constater que le monde ne s'était pas arrêté de tourner. Il avait éclaté de rire et pleuré, souvent dans la même journée, tantôt emporté par l'oubli et la joie de l'instant présent tantôt tourné vers la perte irrémédiable et définitive.
Afficher en entierLa vie est telle qu'on veut bien la voir. La vie n'a que les couleurs qu'on lui donne.
Afficher en entierJ'ai l'impression que ma vie est aussi plate qu'une bouteille de Champomy qu'on aurait laissé trainer deux semaines.
Afficher en entierAu cœur d’une banalité affligeante, quelque chose de délicieusement surprenant venait de se produire.
Afficher en entierOn ne peut pas contrôler les événements. On ne peut que contrôler notre façon d'y réagir.
Afficher en entier** Extrait offert par Sofia Giovanditti **
Chapitre 1
"Dieu n’existe pas. Ou, s’il existe, c’est juste un c*nnard, voyeur et cruel qui m’en veut personnellement."
Voilà la pensée qui venait de traverser l’esprit de Lou à ce moment précis. Le fond de son sac de courses s’était déchiré, laissant se répandre son contenu sur le trottoir, dont cinq oranges qui gambadaient joyeusement vers une rigole. Le reste se contentait de s’étaler sur le sol mouillé par une pluie battante.
Quand Lou rentra enfin chez elle, vers 19 h 30, trempée, affamée, le dos douloureux après une journée de travail éreintante, sa décision était prise. Elle ne croirait plus en rien. Non, la vie n’était pas ce mélange extraordinaire de miracles quotidiens, de joies subtiles, de bonheurs discrets, qu’on était censé glaner çà et là tout en surfant sur des vagues plus éprouvantes, mais tellement enrichissantes et pleines d’enseignements. Non. "La vie, c’est de la m*rde." C’était sa conclusion lorsqu’elle s’installa sur le canapé devant une rediffusion de Koh-Lanta avec un plateau-repas. Finie l’attente d’un "mieux", finies les séances de coaching à cent balles par heure pour s’accepter, prendre un nouveau départ dans la vie, et trouver sa voie. Finies les méditations qui, une fois sur deux, se terminaient en sieste ou en mal de dos pour la journée.
Lou avait décidé d’en finir. Pas avec la vie. Elle se savait trop douillette pour se trancher les veines dans son bain – d’ailleurs elle ne possédait pas de baignoire. Elle finirait juste d’espérer quoi que ce soit. Ou de croire en quoi que ce soit. Non, l’amour ne viendrait pas frapper à sa porte ; non, elle ne trouverait pas un meilleur job qui lui plairait vraiment ; non, tout à coup, son compte en banque ne verrait pas une augmentation substantielle ; non, elle ne perdrait jamais les cinq kilos de trop qu’elle se coltinait depuis qu’elle avait dix-huit ans. Plus rien ne lui ferait espérer une vie meilleure. Elle se contenterait désormais de survivre, sans espoir et sans projets, jusqu’à ce qu’une mort douce l’emporte.
Évidemment, cela risquait de prendre encore quelques années, vu qu’elle n’avait que trente-neuf ans. À en croire les statistiques, il lui restait à peu près autant d’années à vivre que celles déjà vécues. À cette pensée, des larmes lui montèrent aux yeux. Mais Dieu merci, Jason de Koh-Lanta venait d’enlever son T-shirt et cela lui permit de penser à autre chose.
Pour corroborer son idée que la vie n’était qu’une vallée de larmes, un coup de fil inattendu la força à interrompre l’émission.
La voix enjouée d’Isa résonna dans le téléphone, souhaitant savoir comment elle allait. Lou mentit : qui n’a jamais répondu "ça va" par réflexe après une journée de m*rde ? Isa, elle, allait "super bien". Évidemment.
– J’ai un service à te demander, dit-elle.
Lou s’attendit au pire, tout en évaluant mentalement si Jason aurait remis son T-shirt avant la fin de la conversation.
Afficher en entier"Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé." Montesquieu - Page 105
Afficher en entierTout ce que nous voulons c'est apporter un peu de magie dans la vie de nos bénéficiaires. Dans le but de les sortir de leur mal être ou de leur stagnation. Leur montrer qu'ils ne sont pas seuls...
Afficher en entierUn stupide accident. Elle a glissé et loupé une marche, et voilà. Tu te rends compte? Elle vient jusqu'ici pour soigner son prétendu cancer du cerveau et elle se casse la pipe avant même d'avoir pu se baigner dans l'eau bénite. C'est un signe ! On ne se moque pas des vrais malades ! On ne vient pas à Lourdes réclamer une guérison quand on va bien !
Franck étouffa du mieux qu'il peut le rire qui montait en lui.
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