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Tout ce à quoi j'avais songé ces derniers mois - à savoir le fait que Sangris m'avait donné, non une raison de vivre (cela sonne trop dramatique) mais une vie digne de ce nom, qu'il était l'air que je respirais, que son visage reflétait toute la magie d'un territoire inexploré, et que mes nuits en sa compagnie (et nos conversations tout autant que nos vOls) avaient permis à mon sang rendu apathique par l'assommant soleil du désert de se remettre à circuler normalement dans mes veines -, il m'était impossible de le lui dire. Ne pouvant franchir le cap de mes lèvres, les mots y mouraient, telle une ampoule qui crépite sans réussir à s'allumer.
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