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Le manque se faisait de plus en plus douloureux.Ce n'était plus du vol ou du voyage que je me languissait. Mais de Sangris lui même. Son absence pesait en moi comme une lourde pierre.
Afficher en entier-Frimeur, grommela Sangris.
-Suivons-le!
-Non
-Tu n'as pas envie de le saluer?
-Pourquoi je le ferais?
-Vous êtes de la même espèce
- Les autres libres créatures et moi ne sommes pas de la même espèce.....
Afficher en entierEt là, à l'endroit même où mon père m'avait planifiée dans les moindres détails, tandis que le rugissement du vent dans les arbres tous les autres sons et que les fleurs aux lourds pétales formaient un second ciel au-dessus de nos têtes, je dis à Sangris que je ....
Afficher en entierMon nom est Frenenquer Paje. Je sais que c'est un nom bizarre. Ca ne me va pas. Ca ne va à personne.
Afficher en entier-Tout d'abord que tu arrêtes de sourire comme ça.
-Ce n'est pas pour me moquer! Rétorqua-t-il. Je suis flatté, c'est tout.
Ça ne fait que m'horrifier davantage.
- Il n'y a pas de quoi!
- Très bien. Je ne suis pas flatté.
Afficher en entier- Il y a beaucoup de gens sur cette terre, repris-je. Et la vie, c'est... c'est plus compliqué que ça. Une personne ne peut pas débouler et nous définir à elle seule.
Afficher en entier- Mais je t'en prie, poursuivit-il. Laisse-moi rester près de toi. Je serai ton chauffeur. Ou tout ce que tu voudras. Mais pas rien.
Afficher en entierJe n'en éprouvais pas moins une excitation un peu coupable à être assise là, consciente que je ne serais jamais la fille dont il rêvait, quand bien même il était déterminé à croire le contraire. Le seul fait d'exister constituait pour moi une forme de révolte.
- Il faut que tu aides ta mère. Ce soir, tu devrais faire la vaisselle, me dit mon père le cinquième jour.
- Pourquoi tu ne la fais jamais, toi ?
Il me fixa un long moment, le visage impassible.
- Parce que je suis le père. Et que tu es la fille.
- Mais si maman a besoin d'aide...
- Va faire la vaisselle ! rétorqua-t-il.
Afficher en entierJe voulais avoir ma propre liberté, et mon air et ma lumière à moi. De quel genre de liberté s'agit-il, si quelqu'un d'autre doit nous la donner ?
Afficher en entierTout ce à quoi j'avais songé ces derniers mois - à savoir le fait que Sangris m'avait donné, non une raison de vivre (cela sonne trop dramatique) mais une vie digne de ce nom, qu'il était l'air que je respirais, que son visage reflétait toute la magie d'un territoire inexploré, et que mes nuits en sa compagnie (et nos conversations tout autant que nos vOls) avaient permis à mon sang rendu apathique par l'assommant soleil du désert de se remettre à circuler normalement dans mes veines -, il m'était impossible de le lui dire. Ne pouvant franchir le cap de mes lèvres, les mots y mouraient, telle une ampoule qui crépite sans réussir à s'allumer.
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