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Toute sa vie durant ou presque, Kaye avait cru qu'il lui suffirait de comprendre la biologie, les oeuvres de la vie pour se comprendre elle-même, pour parvenir à l'illumination. Tout lui serait alors expliqué : les origine, les conclusion et le reste. Mais plus elle progressait, plus elle comprenait, et moins elle était satisfaite par ces petits mécanismes si élaborés ; la biologie recelait certes des merveilles en quantité suffisante pour l'occuper durant un millier d'existence, mais ce n'était en fin de compte qu'une coquille infiniment trompeuse.
Cette coquille était la cause de la naissance et de l'éveil de la conscience, mais le prix à payer n'était autre que le conflit entre la coopération et la compétition, le partenariat et la trahison, le succès qui cause la souffrance d’autrui et l’échec qui amène la sienne propre, suivi de la mort, la vie se nourrissant de la vie, terrassant une victime après l'autre. Une litanie de massacres conduisant à une meilleure adaptation, à une plus grande complexité, a de nouveaux avantages temporaires; un processus éternellement inachevé.
Les virus contribuaient à la naissance et à la maladie : des gènes vagabonds dialoguant les uns avec les autres, s'échangeant des souvenir et planifiant les changement à venir, toutes les merveilles et tous les désastres, sans pouvoir échapper au conflit fondamental. Mère Nature est une fieffée salope.
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