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“Podium” fait partie de mes films préférés. Je lui trouve un charme unique, sans doute dû à la décomplexion de son humour, et sa mise en scène hyper vivante, bien pensée, qui offre un univers très coloré. J’ai toujours pensé que le roman dont il est tiré serait juste une version écrite moins flamboyante, moins intéressante, car les qualités que j’ai citées sont très difficiles à transmettre quand on n’a que le papier et pas d’image ou de son.
Il n’en est rien. Il s’agit d’un roman très riche, débordant d’humour caricatural, parfois noir ou trash, qui raconte beaucoup de choses. Au-delà d’un hommage retentissant à l'œuvre et à la vie de Claude François, j’y vois surtout une caricature des obsessions, au départ triviales, mais qui font petit à petit oublier tout sens des réalités et poussent à vivre par procuration plutôt que d’enrichir sa propre personnalité.
L’histoire est racontée du point de vue de Couscous, fidèle acolyte de Bernard Frédéric. Il se révèle bien plus perspicace dans sa version papier. Bernard est encore plus détestable que dans le film, traitant chaque personne qu’il rencontre dans sa journée avec toujours plus de mépris et de grossièreté. J’ai trouvé ça sincèrement très drôle, et certains moments m’ont bien fait rire - pas sourire, vraiment rire.
Dans toutes les bonnes comédies, il y a une part de tragédie, et le livre retranscrit très bien le côté pathétique de toutes ces personnes dont la vie se résume à imiter une autre personne morte depuis des décennies. C’est assez triste, en fin de compte, et j’ai trouvé intéressant d’exploiter ce sujet pour parler de la recherche d’identité et le désir de reconnaissance que l'on retrouve dans chaque être humain.
Ce roman m'a offert de très bons moments de lecture, mais je pense qu’il ne plaira pas à tout le monde en raison des personnages caricaturaux et du sens de l’humour particulier, qui ne fera pas l’unanimité.
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