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Les extraits ajoutés par Brumedularge

« On reste là encore un moment, à refaire le monde, à planifier comment je vais me lancer, comment gérer mon stress, comment éviter de vomir sur mes pompes au moment crucial. Les jumeaux proposent même de me préparer un discours. Tommy veut m’apprendre une chorégraphie de victoire. Ajax menace de me jeter dans le lac si je fais une déclaration publique.

Bref, une soirée normale. »

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Vous avez une dynamique de vieux couple en plein divorce… sauf que vous n’avez jamais été ensemble.

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— C’est bon. T’as vomi sur mes chaussures l’autre soir et j’ai dormi dans ton lit, je crois qu’on peut dire qu’on a dépassé le stade de la pudeur.

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La discussion dérive, comme toujours, autour de ce qui est ou non le meilleur film de tous les temps. Un débat qui finit en guerre ouverte, avec les jumeaux hurlant le nom de Tarantino, Ajax défendant Christopher Nolan comme si c’était son oncle, Tommy citant des blockbusters douteux et moi jouant les arbitres de mauvaise foi.

Au milieu des rires, des vannes, des frites trop salées et de nos éclats de voix, je me rends compte d’un truc. Ce genre de moment, ce genre de bordel, c’est ce qui me fait tenir ici. Elysium c’est cruel, impitoyable, parfois froid jusqu’à l’os. Mais à cette table, je ne suis pas Paris le prétentieux, ni Paris le rival, ni Paris le fils-de. Je suis juste Paris, entouré de quatre énergumènes bruyants, mais terriblement à leur place. Et je ne voudrais être nulle part ailleurs

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« Pygmalion n’aimait pas les femmes. Ou plutôt, il n’aimait pas qu’elles existent sans sa permission. Il les trouvait imparfaites, inconstantes, bruyantes. Alors il fit ce que font tous les idéalistes déçus par le réel : il se replia dans l’art, là où tout obéit, même l’amour. Il sculpta une femme. Pas une femme de chair. Une femme d’ivoire, pure, lisse, muette, et surtout immobile. Une femme qui ne le contredirait pas, qui ne partirait pas, qui n’existerait que par ses mains et sous ses yeux. Galatée. Il la nomma plus tard, mais dans sa tête, elle avait toujours existé. Et il tomba amoureux. D’une idée. D’une illusion. »

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« Asphodèle me regarde. Enfin, essaie de me regarder, ses yeux papillonnent.

— T’es aussi… chiant. Mais gentil. Mais chiant, s’empresse-t-elle de répéter pour pas que je rebondisse sur ce compliment donné du bout des lèvres. Tu as un bon torse sur lequel s’appuyer pour danser.

— C’est la chose la plus romantique qu’on ne m’ait jamais dite. »

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— Chuuut. J’ordonne un slow. Maintenant. Ou je meurs. Là. Tout de suite. Et tu devras expliquer à la police que tu m’as refusé une danse à 3 heures du mat’.

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Sur l’écran, Tommy, dans toute sa splendeur virile, trône torse nu sur un canapé aussi douteux que la musique en fond sonore. Il a une fille campée sur chaque jambe et il les embrasse l’une après l’autre.

Un chef-d’œuvre.

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J’ai l’impression d’être passée au rouleau compresseur : trois heures de tragédie antique, un cours de bio sur la décomposition, et deux heures d’aviron avec un coach persuadé que le cri fait le champion. La rentrée m’a giflée. Je veux juste une douche. Et mon chat. Mon niveau d’exigence est désormais à ras le sol.

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Le problème dans cette société, c’est que faire le bien ne suffit pas, même si c’est pour empêcher le mal.

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