Les extraits ajoutés par Diaboliqua
Son visage se tendit et son regard se plongea dans le mien,pénétrant.
-La vie qui t'attend sera difficile,Gwenvael,déclara-t-il avec gravité.Il te faudra sans doute faire des choix qui te briseront le coeur.Des moments sombres planent au-dessus de Jawahar,et le temps où les hommes étaient sincères,honorables,et loyaux est révolu.Ne les laisse pas te corrompre.Ne laisse personne décider à ta place,ne laisse personne choisir la voie que tu dois emprunter.Tu es seul juge de ce qui est bon pour toi.Et si personne ne soutient tes choix,si tu as l'impression que le monde entier t'abandonne,ne change pas d'avis pour autant.Ecoute la voix de ton coeur;elle seule pourra te guider sur le bon chemin.Ne place ta confiance qu'en un comité très restreint.
Ma main se crispa sur mon sabre.Je ne sais pas si Joran le remarqua,mais il poursuivit:
-Je ne cherche pas à te faire peur,mais je veux juste te mettre en garde.Les hommes sont égoïstes et ils préféreront trahir les leurs plutôt que de risquer leur vie pour leurs amis.La guerre a déjà commencé,et à tout moment,Jawahar peut basculer dans les Ténèbres.
Il se tut et se leva.Je l'imitai,conscient que cette fois,j'allais le quitter pour de bon.
-N'oublie jamais où est ta place,Gwenvael, me murmura-t-il.La mienne était aux côtés de mes nomades pendant de longues saisons,mais aujourd'hui,je sais qu'elle était bien ici;et si le destin ne m'avait pas frappé comme il l'a fait,elle aurait été avec toi,jusqu'à ce que la Lumière revienne sur Jawahar,ou jusqu'à ce que je donne ma vie pour te sauver.
Je hochai la tête,l'estomac et la gorge noués.Joran me serra contre lui.
-Tu vas terriblement me manquer,chuchotai-je.
Il ne répondit pas immédiatement et désigna la chute d'eau.Je m'en approchai,et avant de la franchir,je me retournai une dernière fois.
-Puisse l'Aranck guider tes pas et mon esprit t'accompagner,Gwenvael,fils des Etoiles,déclara Joran.
Ce furent ces dernières paroles pour moi.Alors,je me forçai à lui rendre le sourire qu'il m'adressait,et son regard toujours braqué sur moi,je traversai la cascade.
(P270-271)
Afficher en entier«Et le Printemps lui-même, en séveillant à l'aube,
Ne remarquera pas notre éternelle absence...»
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