Les extraits appréciés par Queencleo
_ Je ne te reconnais plus! Tu faisais plein de chichis avec tes cousins et maintenant qu'on te colle un barbare au fond du lit, te voilà toute résignée!
Ophélie se figea, l'éponge dans une main, une tasse dans l'autre, et ferma les yeux. Plongée dans l'obscurité de ses paupières, elle regarda tout au fond d'elle-même.
Résignée? Pour être résignée, il faut accepter une situation, et pour accepter une situation, il faut comprendre le pourquoi du comment. Ophélie, elle, ne comprenait rien à rien. Quelques heures auparavant, elle ne se savait pas encore fiancée. Elle avait l'impression d'aller au-devant d'un précipice, de ne plus s'appartenir du tout. Quand elle risquait une pensée vers l'avenir, c'était l'inconnu à perte de vue. Abasourdie, incrédule, prise de vertiges, ça oui, elle l'était, comme un patient à qui l'on vient de diagnostiquer une maladie incurable. Mais elle n'était pas résignée.
Afficher en entierIl n’avait pas le droit.
– Je fermerai la penderie à clef quand je recevrai, enchaîna Thorn. Si la porte est ouverte, c’est que vous pouvez entrer ici en toute sécurité, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.
[...]
– J’avais prédit que vous ne tiendriez pas l’hiver et vous m’avez détrompé. Vous me jugez inapte à vous offrir un jour une vie décente : me permettrez-vous de faire à mon tour mes preuves ?
Il parlait haché menu, les dents serrées, à croire que cette question exigeait de lui un effort prodigieux. Ophélie, elle, ne se sentait pas bien du tout. Elle n’avait aucune envie de lui répondre.
Il n’avait pas le droit.
[...]
Il n’avait pas le droit de tomber amoureux d’elle.
Afficher en entier« C’est ce que je suis avant d’être une paire de mains, conclut Ophélie en sortant ses doigts de la glace. Je suis la Passe-miroir. »
Afficher en entier"Les yeux limpides de Berenilde se perdirent à travers la fenêtre, dans les nuages gorgés d'orage qui pesaient sur le parc.
- Que ressentez-vous pour lui ? murmura-t-elle. Je me faltte de savoir percer les émotions de n'importe que visage, mais le vôtre demeure un mystère pour moi.
- Rien de particulier, répondit Ophélie en haussant les épaules. Je connais trop peu cet homme pour avoir la moindre opinion sur la question.
- Sottises !
D'un mouvement de poignet, Berenilde déploya son éventail comme si elle se consumait de l'intérieur.
- Sottises, reprit-elle plus posément. On peut aimer d'un seul regard. D'ailleurs, on ne s'aime jamais si bien que quand on se connaît fort mal.
Des paroles bien amères, mais Ophélie n'était pas suffisamment sentimentale pour se sentir concernée.
- Je ne suis pas plus éprise de votre neveu qu'il ne l'est de moi."
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