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Les extraits ajoutés par cloclo81

Le sang afflue dans mes veines, déferle dans mon corps comme un torrent, tandis que des vagues de chaleur me lèchent les os. Je perçois son angoisse, je sens la puissance sourdre de son corps, j'entends son cœur battre ,et ma tête tourbillonne sous les poussées d'adrénaline qui fortifient mon être.

Je me sens pleine de vie.

J'aimerais en souffrir. J'aimerais en sortir mutilé. j'aimerais en avoir la nausée. J'aimerais détester la force puissante qui s'enroule autour de mon squelette.

Mais en vain.

La vie de quelqu'un d'autre palpite sous ma peau et je ne déteste pas ça.

Je m'en veux d'y prendre du plaisir.

Je savoure la sensation de déborder d'encore plus de vie, d'espoir et de force que je m'en croyais capable. Sa douleur me procure une délectation que je n'ai jamais sollicitée.

Et il ne me lâche pas.

Mais il ne me lâche pas car sa lui est impossible. Parce que c'est à moi de rompre le lien. Parce que la douleur l'immobilise. Parce qu'il est pris dans mon piège. Parce que je suis une plante carnivore.

Et que je suis fatale.

Je tombe sur le dos et lui donne des coups de pied dans la poitrine pour qu'il s'écarte, qu'il soulève son poids de ma frêle ossature, mais son corps inerte s'écrase sur le mien. Je me mets soudain à hurler et je bataille pour y voir à travers les larmes qui occultent ma vision. Je suis saisie par le hoquet, hystérique, épouvantée par le regard figé sur le visage de cet homme, ses lèvres paralysées, pantelantes.

Je me libère et trébuche en arrière. La mère de soldats s'écarte dans mon sillage. La stupéfaction et la peur la plus viscérale s'inscrivent sur chaque visage. Jenkins gît à terre et personne n'ose s'approcher de lui.

Je m'égosille :

-Quelqu'un doit l'aider ! Quelqu'un doit l'aider ! Il a besoin d'un médecin...Il doit être emmené...Il doit ...IL...Mon dieu ...Qu'est ce que j'ai fait...

-Juliette...

-NE ME TOUCHE PAS... NE T'AVISE PAS DE ME TOUCHER ...

Warner à renfilé ses gants et tente de me soutenir, de me ramener les cheveux en arrière ,de sécher mes larmes et je veux le tuer.

-Juliette, faut que tu te calme...

-AIDEZ-LE !

Je sanglote, tombe à genoux, les yeux rivés sur la silhouette étendue. Les autres soldats finissent par s'approcher, prudents comme si leur camarade risquait d'être contagieux.

-Je vous en prie...vous devez l'aider ! Je vous en prie...

-Kent, Curtis, Soledad...OCCUPEZ-VOUS-EN! Braille Warner à ses hommes avant de me soulever.

Je lance encore des coups de pied, quand tout devient noir.

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