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Il ressemble trait pour trait à celui à qui j’aurais manqué, celui qui ne serait jamais parti. Le pire, c’est que cette personne, je n’ai jamais cessé de l’aimer. J’ai seulement cessé de croire à son existence.
Afficher en entierAprès une enfance à gambader tout nu dans la campagne française puis des années de formation à reproduire des nus ou à vivre à Paris, le moins que l'on puisse dire s que la nudité ne me choque pas. Mais dès qu'il s'agit de Theo - et seulement de Theo -, je me sens saisi d'une pudeur digne d'un gentleman edouardien.
Afficher en entierKit avale une bouchée de fromage.
— C'est l'histoire d'une jeune Anglaise, Lucy, qui tombe amoureuse d'un homme qu'elle rencontre pendant un voyage à Florence. Mais évidemment, comme on est à l'époque édouardienne, tout le monde se comporte en conséquence, si bien qu'elle se retrouve fiancée à un autre boume certes meilleur parti mais tellement plus chiant.
— Ah, je déteste quand les filles se la jouent édouar-diennes, soupiré-je, arrachant un rire à Kit. Et c'est bien ?
Afficher en entierKit a le don de pousser accidentellement les gens à tomber amoureux de lui. C'est presque pathologique chez lui. Il n'en a jamais eu conscience lui-même. Il se trouve juste qu'il est né avec une gueule d'ange et la manie d'aborder chaque être humain avec un intérêt aussi sincère que total. Tenter de flirter avec Kit revient à discuter de la pluie et du beau temps avec le soleil.
Afficher en entier« Lorsque je lui ai serré la main, sur cette falaise, à Douvres, je me suis demandé comment lui donner un prétexte de me garder, cette fois. Cette nouvelle Theo, aux mains calleuses comme celle d’un charpentier, qui voyage léger et traverse l’océan en solo, cette version plus forte, plus affirmée qui s’est coupé les cheveux… Que verrait-elle en moi ?
Elle y a vu de l’amitié, ce dont je pouvais m’estimer heureux. Je n’aurais pas dû espérer plus .
À bord du train qui nous emporte le long de la côte vers les quatre autres villages composant les Cinque Terre, Theo prend place face à moi, une petite table grise nous séparant. Sans prononcer un mot, elle met ses écouteurs. Lorsqu’elle croise les bras, j’ai un rapide aperçu du couteau qui y est tatoué, tout à coup menaçant. Je l’observe et je me rends compte qu’elle me manque à deux titres : comme amante et comme l’amie que j’avais encore hier. »
Afficher en entier« Et c’est le vrai Kit que je vois. Pas un souvenir malléable, qu’on peut tordre, raboter ou réduire en confettis, mais une personne entière, vivante. Je vois des lumières étinceler sur un visage auprès duquel je me réveillais tous les matins et des épaules au creux desquelles je somnolais pour me remettre de la fatigue des poussées de croissance. Ici et maintenant, sous cette pluie d’étincelles, il ressemble trait pour trait à celui à qui j’aurais manqué, celui qui ne serait jamais parti.
Le pire, c’est que cette personne, je n’ai jamais cessé de l’aimer. J’ai seulement cessé de croire à son existence. »
Afficher en entierCe n'était pas à moi de la protéger de mon cœur. Tout ce que j'avais à faire, c'était de lui montrer ce qu'il renfermait et de la laisser décider si elle en voulait.
Afficher en entierTu es... l'exubérance même. Tu es une force de la nature. Tu forces le monde à être plus vaste afin qu'il puisse te contenir entièrement. Alors, non, je ne suis pas surpris d'apprendre que tu n'entres pas dans une case.
Afficher en entierQuand tout le reste s’effondre - les pires moments, les faits dans leur version la plus vicieuse, les mensonges que je me suis racontés -, voilà ce qu’il reste : Kit, et seulement lui. Rien que la plus grande histoire d’amour inachevée - celle qui me hantera toute ma vie.
Afficher en entierIel est un cataclysme, que dis-je, un tremblement de terre, une intervention divine. Iel est l’effondrement d’un empire, mais aussi le verre qu’on jette au sol pour se porter chance. Iel est tout. Iel est Théo. Théo au singulier, Théo pour l’éternité, Théo la super-floraison.
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