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Quand je me mettais à la place d’une femme (ou d’un homme) battue, harcelée et maltraitée par celui (ou celle) qui partage sa vie, je ne parvenais pas à m’enlever cette question de la tête : « Pourquoi n’est-elle (il) pas partie au premier coup ? ». Il m’était inconcevable que l’on puisse rester avec un tel monstre pour des raisons qui me semblaient tellement absurdes.
- OUI, MAIS JE L’AIME.
- IL VA CHANGER.
- QUE VA-T-IL DEVENIR SANS MOI ?
- J’AI PEUR DES REPRÉSAILLES.
Virginie Vanos, en utilisant un humour très déstabilisant, parvient à faire voler en éclats toutes mes certitudes en quelques chapitres seulement. Ce que les « spectateurs » ne comprennent pas, c’est qu’il n’est pas aussi simple de mettre un terme à de telles relations et qu’il est nécessaire que ces victimes osent prendre la parole, pas uniquement pour se libérer d’un point, mais aussi pour nous ouvrir les yeux.
Alors que l’on se plonge dans un récit terrifiant – bien plus qu’un Stephen King – Virginie Vanos nous surprend à user d’un humour noir qui ferait pâlir les spécialistes du genre où je me suis même surpris à rire à gorge déployée.
- UNE DEMI-HEURE PLUS TARD, PAPA, MAMAN, DIMITRI, TOUT LE MONDE ÉTAIT DANS MA CHAMBRE. […] MAMAN ÉTAIT VERTE, PAPA, TOUT BLANC ET DIMITRI, ROUGE COMME UNE PIVOINE. MIS LES UNS À CÔTÉ DES AUTRES, ILS RESSEMBLAIENT À UNE TRANCHE NAPOLITAINE.
Je n’ai tout de même pas réussi à ne pas m’agacer devant cette jeune fille (l’auteure elle-même) incapable d’ouvrir les yeux et de prendre les bonnes décisions. J’étais également en colère contre ses parents qui acceptent le retour du monstre après certaines révélations. Pourquoi ? Pourquoi souffrir inutilement ? Virginie Vanos m’a permis de découvrir des émotions que je n’ai pas l’habitude d’accueillir pour finalement m’amener dans une certaine béatitude inexplicable pour un homme aussi cartésien que moi.
Je n’ai pas l’impression d’avoir lu un livre, mais plutôt d’avoir accompagné une jeune fille dans une partie très sombre de sa vie. A l’aide de son humour, sa volonté de vivre (ou presque) et l’absurdité des propos tenus par le monstre, je me suis « amusé » à vivre ce témoignage, à m’imaginer à la place de cette femme en quête d’une vengeance atypique.
Une véritable leçon de vie. Une leçon de survie.
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