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Livre


Description ajoutée par Phil_33 2019-01-23T18:39:25+01:00

Résumé

Nommé au poste de Premier ministre à la veille d'une campagne présidentielle inédite, Bernard Cazeneuve verra se produire de multiples événements que l'on attendait pas. Ecrit avec élégance et finesse, ce livre est le récit de 150 jours trépidants, vécus au cœur de la machine Matignon.

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extrait

Extrait ajouté par Phil_33 2019-01-23T19:05:02+01:00

En politique, on ne peut utiliser les mots qu’en raison de ce qu’ils signifient et non pour séduire telle ou telle fraction du pays qu’on aspire à ramener à soi.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Phil_33 2019-01-23T18:54:19+01:00
Lu aussi

Pourquoi ai-je voulu lire cet ouvrage ? Je ne suis pas très porté sur les « Mémoires » ni sur les confidences des hommes politiques dont je me méfie instinctivement. La Politique ne m’intéresse que modérément, si ce n’est comme citoyen qui en subit les conséquences. Elle m’intéresse comme un spectateur, un ethnologue qui peut observer quels types d’actions ont tels types de répercussions sur un groupe humain, sur un pays ou des pays. J’ai conscience du genre de politique que je souhaite pour mon pays et des lois que je désire pour mes contemporains mais une fois que je me suis exprimé dans les urnes, je laisse à ceux dont c’est la tâche, la charge d’exercer leur métier… jusqu’à la consultation suivante. Alors pourquoi lire ce livre ? Parce qu’un de mes proches l’a lu et s’est enthousiasmé. J’ai souhaité comprendre cet enthousiasme.

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En introduction l’auteur précise :

« Ce livre a été écrit à partir des notes que j’ai prises, chaque jour, à Matignon. Dans cet exercice j’ai laissé le plus de place possible aux faits qui me paraissaient importants […]. Je me suis cependant interdit de jeter un regard rétrospectif sur cette chronique en corrigeant des sentiments exprimés sur le vif, pour en préserver l’authenticité. »

Ainsi se retrouve-t-on, fréquemment, devant une succession de notes laminaires, qui restent en suspens. Souvent on reste sur sa faim, sur une sensation de non fini, quelque chose commencé et laissé en suspension dont on attend, en vain, un aboutissement, un achèvement. Comme, par exemple, lors de la visite du Premier ministre albanais, Edi Rama :

« …il me parle avec émotion de sa jeunesse à Paris, de sa passion irrésistible pour la liberté, née de la fréquentation des universités françaises, et de son intérêt pour l’art. Tout en m’invitant à découvrir les prochaines expositions programmées de ses œuvres, il sort un carnet qui contient les plus récentes d’entre elles. Des dessins réalisés au feutre figurent des labyrinthes, à moins qu’il ne s’agisse de cartes de pays inconnus ou encore de représentations d’un monde imaginaire dont il aurait seul les clés et qui ne serait accessible que par lui. »

Je ne m’imagine pas une seconde que l’hôte de Matignon, par curiosité ou par diplomatie, n’ait pas demandé à l’artiste quelques explications ou commentaires sur ces dessins apparemment difficiles d’interprétations. En tout cas, on conserve un désagréable goût d’inachevé.

Ou encore, au sujet de la primaire de la gauche (appelée la Belle Alliance populaire, semble-t-il. Je n’ai pas souvenir de cette épithète) qu’il n’approuve pas, il notera :

« Lorsque le pire des dispositifs a été décidé, il est vain d’en espérer des résultats prometteurs. »

Et un peu plus loin, il parlera d’« exercice absurde ». On croit comprendre que ce Grand Déballage interne ne représente rien de bon pour la cohésion de la gauche, mais pour le béotien que je suis un approfondissement aurait été nécessaire. Quand j’ai déposé mon bulletin dans l’urne, je n’avais pas le sentiment de participer à un exercice absurde. Je trouve ce qualificatif limite insultant pour les votants. Tout juste évoqué, on passe à autre chose (une visite chez Arianespace).

En outre, on peut remarquer une constante manifestation d’autosatisfaction qui se double, inévitablement, d’un grand sentiment d’injustice quand les autres ne partagent pas votre contentement comme, par exemple, lors de la crise guyanaise :

« Les élus guyanais, au premier rang desquels Rodolphe Alexandre, le nouveau président de la collectivité territoriale de Guyane, demandent un « vaste plan Marshall » pour leur territoire et exigent l’envoi de ministres sur place. Dans leur communication ambiguë, ils ne rendent pas compte des engagements pris par le gouvernement en vue de la signature du Pacte d’Avenir pour la Guyane, constamment différée du seul fait de leurs atermoiements ».

Ou encore lorsque, décidément, ils jouent de malchance. Une dépêche de AFP confirme l’inversion de la courbe de chômage, promise par François Hollande, en 2016 « Mais dans l’esprit des commentateurs, une bonne nouvelle qui arrive trop tard est d’abord un train qui n’arrive pas à l’heur… » : ce n’est quand même pas de la faute du gouvernement si un quinquennat ne dure que cinq ans !

Il serait aisé de trouver des exemples de rejet de responsabilités sur les autres. A aucun moment je l’ai vu douter et se remettre en cause. Ce qui ne l’empêche pas de brocarder Ségolène Royale. Lors d’un déplacement à Grenoble, celle-ci dresse un bilan de son action à la tête de son ministère :

« Tout ce qui a fonctionné témoigne de sa détermination et tout ce qui se fait attendre résulte des lenteurs de l’administration ».

En d’autres termes, c’est souvent ce qu’il dénonce pour son propre gouvernement. Jamais une question du genre "Qu’est-ce qu’on a loupé ? Où s’est-on trompé ?" Non, c’est toujours le leitmotiv "Ils ne veulent pas reconnaître tout ce que l’on a fait. Pourquoi ? Pour mieux nous enfoncer ? C’est de la basse politique !"

Enfin, pour terminer sur un point positif, je noterai une sentence qui m’avait échappé et un commentaire que j’approuve : Emmanuel Macron déclare dans L’Obs qu’avec le mariage pour tous on a humilié une partie de la France. Il note qu’« En lisant ces propos, je comprends donc que les humiliés ne sont pas ceux qui ont vécu dans la honte de leur orientation sexuelle ou qui ont longtemps subi des discriminations […]. Non je me suis trompé, les humiliés sont ceux auxquels aucun droit n’a été retiré, à l’encontre desquels aucune insulte n’a été proférée, mais qui n’ont pas voulu d’une réforme qui donnait à d’autres, différents d’eux, les mêmes droits que ceux dont ils bénéficiaient depuis toujours. »

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Pour conclure, je dirais que cette succession de notes, froidement rapportées, sans effet de plume, ni trait d’humour, souvent inachevées dans leur développement et avec un trop fort parti-pris auto-satisfait ne présente qu’un intérêt très relatif sur la vie quotidienne d’un Premier Ministre et sur la multiplicité de ses tâches. Quant à ce qu’elles semblent laisser deviner de l’auteur, on construit volontiers une personne solide, calme, pondérée dans ses propos et ses actes. Je lui laisserai le dernier mot :

« En politique, on ne peut utiliser les mots qu’en raison de ce qu’ils signifient et non pour séduire telle ou telle fraction du pays qu’on aspire à ramener à soi ».

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Date de sortie

Chaque jour compte

  • France : 2017-10-18 (Français)

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