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Je bourre Polnik dans l’Austin à côté de moi et reprends le chemin de la ville, prenant le temps en chemin de déjeuner dans une auberge et me demandant si Lavers sera d’accord pour reconnaître que je ne peux pas choisir un meilleur moment pour prendre mes vacances.
Afficher en entierJe suis de retour au motel peu après midi et trouve Polnik dans le bureau du propriétaire. Le propriétaire est un gars maigre et grisonnant qui, à en juger par sa mine, doit mystifier les croque-morts depuis une bonne dizaine d’années. Il porte une chemise bleue délavée et un pantalon gris tire-bouchonné. Il y a bien deux jours qu’il ne s’est pas rasé.
Afficher en entierAvec deux cent cinquante millions de dollars assis dans la même pièce que moi, je ne vais pas m’inquiéter des humeurs du shérif du comté. Je braque mon œil de lynx sur les trois visiteurs, pour voir si mes années d’expérience comme flic peuvent m’aider à repérer la grosse galette. Je réduis aussitôt à deux le nombre des candidats, le troisième visiteur étant un homme. Je n’ai encore jamais entendu parler d’un gars se faisant appeler « madame » Summers, encore que Greenwich Village soit un drôle d’endroit, à ce qu’on m’a dit.
Afficher en entierIl est onze heures et quelques quand j’arrive au bureau du shérif. Sa secrétaire, Annabelle Jackson – la blonde nantie de tous les avantages rêvés, mais qui s’en montre prodigieusement avare – pivote dans son fauteuil et lève vers moi un visage tout excité.
Afficher en entierJe retiens la réponse qui me paraît s’imposer, sachant qu’il préfère au travail n’importe quelle occupation. Je lui dis donc d’aller interroger le propriétaire qui a téléphoné pour signaler le meurtre, d’interroger ensuite les clients du motel et de vérifier si l’un d’eux est parti ce matin, avant la découverte du cadavre.
Afficher en entierJe fouille systématiquement toutes ses poches et en sors un mouchoir, des clés de voiture, une poignée de pièces et un portefeuille. Je vide le contenu du portefeuille sur la table de chevet, dont le plateau est constellé de brûlures de cigarettes. Cent dollars en coupures de cinq et de dix, une licence de détective privé de l’Etat de New York au nom de Albert H. Marvin, un permis de conduire et une note, acquittée, d’un motel de Santa Monica, remontant à trois jours.
Afficher en entierA mon tour de faire la grimace. Je retourne dans l’autre pièce. Les deux gars du labo que j’ai empruntés à la Criminelle ont fini leur boulot et s’en retournent en ville, emportant avec eux le marteau rouillé, soigneusement enveloppé dans un linge propre. Le marteau trouvé par terre à côté du lit, la tête encroûtée d’un amalgame de sang séché et de cheveux.
Afficher en entier— L’instrument contondant traditionnel, comme nous le savons déjà, Wheeler, déclare-t-il d’un ton rogue. Ils y sont pas allés de main morte, en tout cas, pas vrai ?
Cette question n’appelle aucune réponse. Je le suis dans la salle de bains et le regarde ouvrir le robinet d’eau froide pour se laver les mains avec une méticulosité toute professionnelle.
Afficher en entierIl gît à plat ventre sur un lit avachi, dans un des pavillons d’un motel miteux, que le propriétaire, doué d’un beau sens de l’humour noir, a baptisé Le Repos du voyageur. Un rai de lumière traverse les vitres voilées de poussière et éclaire un côté de sa figure.
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