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Extrait ajouté par Audrey81 2014-10-28T14:07:58+01:00

– La séance d’hier ne t’a pas suffi, sorcière ?

– Comment osez-vous même en parler ? Vous êtes responsable de la mort de cette innocente, s’entendit répondre Eva.

– C’est toi qui l’as fait mourir, stryge ! vociféra l’Amtmann. Elle était dans ta geôle quand elle est morte. Tu as volontairement soustrait une coupable à nos poursuites. Cela vient s’ajouter à tes autres méfaits. Tu auras à en répondre !

– Vous avez détruit cette enfant, vous en répondrez devant Dieu.

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Extrait ajouté par Audrey81 2014-10-28T14:07:24+01:00

– Deux nouveaux cas de peste, dont un avancé. Je suis heureuse qu’ils soient traités par Faust. Malgré sa réputation, il m’inspire confiance.

– Sa réputation !

– On le dit mécréant. Il a un savoir immense, acquis on ne sait où ni comment. Certains disent de lui qu’il pratique la magie, au besoin noire. Il prétend même ressusciter les morts.

– Foutaises, dit Margarete. C’est un savant, un homme qui essaie de comprendre, qui refuse d’appliquer les vieilles recettes.

– Sois quand même prudente… dit Freia.

– « Prudente » ! Pourquoi, prudente ?

– C’est un homme séduisant…

– Et alors ?

– Je n’ai rien dit ! se ravisa Freia avec un sourire.

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Extrait ajouté par Audrey81 2014-10-28T14:06:33+01:00

- Il reste un dernier conseil, le seul véritablement efficace, mais je sais que vous ne le suivrez pas.

- Et c'est ?

- Il est d'Hippocrate, et il tient en trois mots latins : « Cito, longe, tarde ». En d'autres termes : « Pars vite, va loin et reviens tard. » Les ordres religieux suivent ce conseil avec un empressement peu banal. Il faut voir les portes des couvents se fermer quand la peste approche. Et il n'est pas jusqu'à certains de mes confrères qui n'appliquent l'adage ! Je dois à la vérité de dire que Martin Luther, vivement invité à quitter Wittenberg, a refusé de le faire. Et mon collègue Helgenberger n'hésite pas à rendre visite à ses patients.

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Extrait ajouté par Audrey81 2014-10-28T14:05:48+01:00

- Hexe ! Hexe ! *

Ce seul mot la terrorisa. Il réveilla en elle des images grimaçantes de vieilles édentées traversant les airs sur un balai, d'accouplements frénétiques sous la lune avec des animaux difformes aux membres inouïs, d'interrogatoires et de tortures poursuivis des journées entières dans des in-pace suintant la souffrance, et de bûchers où se tordaient des victimes qu'insultaient des foules hystériques.

* sorcière

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Extrait ajouté par Audrey81 2014-10-28T14:05:25+01:00

- Vous savez très bien que je suis innocente.

- Je le sais, parfaitement, eux aussi, tous les magistrats, là-bas, le savent. Mais tu déranges leur ordre. Celui des seigneurs et des puissants, de ceux qui leur commandent.

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Extrait ajouté par Audrey81 2014-10-28T14:05:08+01:00

Comme toute bonne proposition, celle-ci ne satisfaisait personne et fut acceptée par tout le monde.

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Extrait ajouté par Audrey81 2014-10-28T14:04:54+01:00

Elle s'arrêta surtout sur l'assesseur de droite, celui qui la convoitait. Il fit couler vers elle, par-dessous ses paupières, un regard étrange. L'espace d'un moment elle entrevit dans ce regard une lueur, puis la graisse reprit ses droits, le porc reprenait le pas sur l'homme.

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Extrait ajouté par Audrey81 2014-10-28T14:04:12+01:00

- Qu'allez-vous faire ? Une saignée ?

- Si je voulais mettre fin aux jours de ton frère, c'est ce que je ferais...

- C'est ce que font les autres.

- Des charlatans ! La médecine est envahie de charlatans. En saignant et en purgeant leurs malades, ils les affaiblissent et les achèvent. Ils prétendent les vider de leur sang contaminé, et ils les vident de leur vie !

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Extrait ajouté par Audrey81 2014-10-28T14:03:47+01:00

La sage-femme s'était emparée des deux mains de l'enfant et les tenait dans les siennes, comme pour infuser en lui une partie de son énergie. Elle n'en avait plus que faire des consignes de prudence, des mesures d'hygiène, face à ce petit être aussi désarmé qu'un fétu ! Elle n'avait plus d'espoir en rien, elle le sentait venir à elle, se vider, elle espérait simplement qu'il allait le faire doucement, sans autre soubresaut, par épuisement, lui à qui l'on avait enlevé tant de sang.

Mais la pitié n'est pas de ce bas-monde. Il y eut à l'extérieur un choc soudain. Le vent avait-il tourné ? Une bourrasque se leva en un hurlement, secoua la maison jusqu'en ses fondements, éteignit le feu dans l'âtre et, dans l'obscurité soudaine, l'on vit l'enfant rouvrir les yeux puis, comme dressé par une convulsion, s'asseoir sur le lit. Il avait compris. Ce n'était plus à la maison que s'en prenait le vent, c'était à lui.

Un long cri monta de ce corps émacié, comme l'expression même d'une douleur immémoriale, répondant au vacarme de la tempête. Le garçon commença à se tordre. Ses membres furent saisis de mouvements convulsifs, il se secouait sur le lit, la bouche ouverte, à bout de souffle, comme s'il voulait faire comprendre, à la force qui maintenant entrait en lui, qu'elle ne l'aurait plus vivant. Les parents, le prêtre et la sage-femme étaient cloués sur place. Le hurlement prit fin, cédant à un silence traversé de rafales. Sigismond s'était rejeté vers l'arrière, la tête et les épaules au fond du lit, les genoux pliés, le corps cambré, tendu, soulevé, montant des épaules vers les genoux, en une étrange position, qui était tout à la fois un refus et une offrande à la mort. Il avait les yeux et la bouche ouverts mais il ne vivait plus. Freia posa une main sur son bras et sentit son corps tordu comme un nœud. Alors elle se tourna vers les parents et leur dit doucement :

- Il ne souffrira plus.

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