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Cupide, brutal, le laird Erik McQuade passe son temps à guerroyer. Il méprise les femmes et refuse de doter sa fille unique Bronwyn. Pour être sur qu'elle ne se mariera pas, il n'hésite pas à compromettre sa réputation, proclamant devant la cour du roi d'Ecosse qu'elle a été déshonorée par leur voisin, Cullen McJames. Outré, ce dernier saisit vite l'intérêt qu'il peut trouver à une union entre les deux clans ennemis. Avec l'appui du roi, il enlève Bronwyn et lui met le marché en main: soit elle l'épouse soit elle portera bientôt leur bâtard. Mais Bronwyn McQuade n'est pas du genre à se laisser imposer quoi que ce soit.

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Elle avait instantanément reconnu ce timbre riche et profond. C'était la voix de Cullen McJames. La peur céda aussitôt le pas à la colère. Les yeux écarquillés, tétanisée par la frayeur, la servante observait le poignard qui vibrait encore. Bronwyn rua de plus belle pour se libérer. La rage qui l'animait la rendait plus forte. Surpris par sa résistance, son agresseur perdit brièvement prise. Elle en profita pour mordre la paume qui l'a bâillonnait.

Cullen grogna sourdement. Sa main ne quitta les lèvres de Bronwyn que pour empoigner ses cheveux. Lui tirant la tête en arrière, il fit taire le cri qu'elle s’apprêtait à pousser en lui fourrant un mouchoir dans la bouche. Plus grand et plus fort qu'elle, il l'a poussa sans ménagement vers la table contre laquelle il l'a plaqua, s'allongeant de tout son poids sur son dos.

-Imaginez ma surprise de vous trouvez dans la cuisine, lass, lâcha-t-il à peine essoufflé. Et moi qui pensait devoir vous chercher dans toute la maison !

Bronwyn ne parvint à cracher le mouchoir que pour sentir un épais lien de cuir s'insinuer entre ses dents entrouvertes. Cullen eut vite fait de le nouer derrière sa nuque et de vérifier qu'il empêcherait effectivement de se servie de sa langue. Sentir son souffle contre son oreille la rendait plus folle de rage encore. Elle ne supportait pas d'avoir été si facilement réduite à l'impuissance.

-Doucement, lass, protesta-t-il en la sentant se cabrer sous lui. Je ne voudrait pas vous faire de mal.

Des ombres s'agitaient autour d'eux. En tournant la tête sur le côté, Bronwyn vit des hommes ligoter les deux servantes trop terrifiées pour réagir ou pousser le moindre cri. Leur intrépidité et leur assurance achevèrent de la mettre hors d'elle. Tout en s’efforçant de crier malgré son bâillon, elle rua follement entre la table et son ravisseur.

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L’hiver était bien sur le point de s’abattre sur eux. De rares flocons tombaient déjà du ciel. Ils fondaient en touchant terre et leur danse dans l’air immobile avait quelque chose de magique qui lui fit battre le cœur tandis qu’elle quittait Red Stone. Dans les collines du pays environnant, Bronwyn n’était plus la fille indésirable d’un laird tout-puissant. Ici, pour peu qu’elle ne renonce pas à rêver, l’espoir que la vie puisse un jour lui sourire lui était permis. Peut-être, après tout, la magie des elfes et des fées n’était-elle pas que rêves de songe-creux ?

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Rejoindre l’écurie était facile. Bronwyn portait les mêmes vêtements que tout le monde, taillés dans un tissu de chaude et solide laine produite, cardée, filée et tissée sur le domaine. Les luxueux effets n’étaient pas pour elle. Les seules robes en soie qu’il était possible de trouver dans le château de son père étaient stockées dans les malles closes de ses défuntes épouses. Elle n’avait pas même une monture à elle, mais les lads ne l’empêcheraient pas d’en emprunter une. Personne ne se montrait désagréable avec elle. Chacun faisait simplement son possible pour ne pas déplaire au laird.

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Bronwyn n’était pas ici la châtelaine et son père lui avait clairement fait comprendre qu’il n’en serait jamais ainsi. La plupart des servantes ne lui accordaient donc pas même un regard. Elles ne lui étaient pas pour autant hostiles. Elles ne voulaient simplement rien avoir à faire avec la fille du laird que celui-ci tenait en si piètre estime. Bronwyn n’aurait pu les en blâmer. Toute nouvelle épouse qu’il plairait à son père d’introduire dans leur foyer la détesterait au premier regard, uniquement à cause de la perte de revenu qu’elle représenterait s’il fallait un jour la marier.

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Sa lutte incessante pour lui plaire, bien qu’inutile, avait pourtant porté ses fruits. Le tissage de Bronwyn était si parfait que nul ne pouvait mettre en doute son habileté. Toute sa vie, elle avait cherché à se perfectionner, dans tous les domaines. Dans ce contexte, le fait de n’être pas courtisée par les hommes était davantage une bénédiction qu’un fardeau. Et si ses frères aînés pouvaient la faire passer pour une mégère, ils n’auraient pu lui bâtir une réputation de fille facile. Qu’elle tienne à sa chasteté pouvait paraître inutile aux yeux de beaucoup puisque son père n’avait nulle intention de la marier, cependant elle tirait une satisfaction personnelle de se savoir innocente et intouchée. En outre, son père pouvait finir par changer d’avis ; qui plus est, elle avait elle aussi sa fierté. Si elle devait un jour se présenter devant l’autel, elle tenait à ce qu’un drap taché de sang puisse pendre au balcon le lendemain de ses noces. Et si c’était ainsi céder au péché d’orgueil, peu lui importait.

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C’était de cette manière qu’il espérait prouver sa valeur à leur père, mais Bronwyn, elle, n’espérait pas voir reconnaître le rôle qu’elle-même jouait dans cette lucrative activité. Ses mains et ses pieds travaillaient en cadence tandis qu’elle remuait ces sombres pensées. À vingt-trois ans, elle aurait pourtant dû avoir renoncé depuis longtemps à se lamenter du manque d’affection paternelle. D’aussi loin qu’elle se souvenait, il lui avait maintes fois répété, de la manière la plus claire, qu’il n’avait que faire d’une fille, ce en quoi bien des hommes l’approuvaient. C’est pourtant sa pauvre mère, troisième femme du laird, qui avait été le plus à plaindre. Il lui avait fait payer jusqu’à sa mort le fait d’avoir enfanté une fille inutile.

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Pourtant, c’étaient ses capacités intellectuelles qui le rendaient indispensable. Keir ne manquait ni d’audace ni de clairvoyance quand il s’agissait d’investir. Dans son ambition d’amasser toujours plus de richesses, leur père s’était marié trois fois. Cependant, ce qui permettait désormais à la fortune familiale de s’accroître, c’était la gestion avisée de son troisième fils. Le frère de Bronwyn avait tout de suite vu le profit qu’ils pouvaient tirer du métier à tisser sur lequel elle travaillait. Leurs troupeaux de moutons leur fournissaient de la laine à volonté. Depuis, quatre autres métiers semblables au sien avaient été installés dans une longue pièce contiguë à la grande salle. Les femmes du clan qui les actionnaient avaient gagné le droit d’y travailler après avoir produit pendant des années des étoffes plus grossières sur des machines moins sophistiquées.

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Elle n’avait ni envie ni besoin qu’on la plaigne. Le menton fièrement dressé, elle appuya sur une pédale du grand métier à tisser sur lequel elle travaillait afin d’effectuer un autre passage de la navette. Une bonne longueur du plaid des McQuade était déjà enroulée à l’autre extrémité de l’engin. Cette machine, moderne et efficace, constituait une possession de prix, capable de produire un tissu aussi finement tissé que celui qu’on trouvait à Édimbourg.

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Bronwyn ne releva pas. Des années d’entraînement lui avaient appris à tenir sa langue. Erik McQuade ne tolérait chez sa fille unique aucune manifestation d’esprit. En fait, il ne supportait pas davantage de la voir. Une fille n’était d’aucune utilité à ses yeux. Combien de fois l’avait-elle entendu se lamenter qu’il lui faudrait un jour la doter ? Le risque était pourtant limité que cela puisse se produire.

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