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"Oh ! si j'avais encor cette armée immortelle,
Je voudrais conquérir des mondes avec elle ;
Je la ferais régner sur les rois ennemis ;
Elle serait ma sœur , ma dame et mon épouse.
Mais que fera la mort inféconde et jalouse,
De tant de braves endormis ?"
[Extrait] - XVI - La Bataille Perdue (Mai 1828)
Afficher en entier"Que m'importe, juive adorée,
Un sein d'ébène, un front vermeil ?
Tu n'es point blanche ni cuivrée :
Mais il semble qu'on t'a dorée
Avec un rayon de soleil".
[Extrait] - XII - La Sultane Favorite (Octobre 1828)
Afficher en entier"La bataille enfin s'allume :
Tout à la fois tonne et fume.
La mort vole où nous frappons.
Là, tout brûle pêle-mêle.
Ici, court le brûlot frêle,
Qui jette aux mâts ses crampons,
Et, comme un chacal dévore
L'éléphant qui lutte encore,
Ronge un navire à trois ponts".
[Extrait] - V - Navarin (Novembre 1827)
Afficher en entierOh ! si j’étais capitane,
Ou sultane,
Je prendrais des bains ambrés,
Dans un bain de marbre jaune,
Près d’un trône,
Entre deux griffons dorés !
J’aurais le hamac de soie
Qui se ploie
Sous le corps prêt à pâmer ;
J’aurais la molle ottomane
Dont émane
Un parfum qui fait aimer.
Je pourrais folâtrer nue,
Sous la nue,
Dans le ruisseau du jardin,
Sans craindre de voir dans l’ombre
Du bois sombre
Deux yeux s’allumer soudain.
Il faudrait risquer sa tète
Inquiète,
Et tout braver pour me voir,
Le sabre nu de l’heiduque,
Et l’eunuque
Aux dents blanches, au front noir !
Puis, je pourrais, sans qu’on presse
Ma paresse,
Laissez avec mes habits
Traîner sur les larges dalles
Mes sandales
De drap brodé de rubis.
Extrait de :Sara la baigneuse
Afficher en entierLe Voile (extrait)
Qu'avez vous, qu'avez vous, mes frères ?
Vous baissez des fronts soucieux.
Comme des lampes funéraires,
Vos regards brillent dans vos yeux.
Vos ceintures sont déchirées.
Déjà trois fois, hors de l'étui,
Sous vos doigts, à demi tirés,
Les lames des poignards ont lui.
Afficher en entierC'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant,
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.
Afficher en entierElle bat d’un pied timide
L’onde humide
Qui ride son clair tableau ;
Du beau pied rougit l’albâtre ;
La folâtre
Rit de la fraîcheur de l’eau.
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