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"- (…) Mais parfois la vie est compliqué, et l'on prend pas toujours les bonnes décisions."
Afficher en entierAucun murmure de résignation des gens autour, tous agglutinés dans des abris de fortune, n’osant lever le nez de peur d’attirer, par un simple regard épuisé d’effroi et de mort, le terrible éclair.
Valérie soupira tandis qu’un sourire se dessinait sur ses lèvres. Elle rouvrit les yeux, aperçut la minuscule silhouette d’une île au large, blottie dans le brouillard marin, puis se retourna vers les bâtiments du front de mer. Son visage se fit plus sombre. Le voile des douleurs et des souvenirs stria son front de rides, mais promis – elle se l’était répété une heure plus tôt en enfilant sa veste –, elle ne pleurerait pas. Les stigmates de la guerre ne s’étaient pas tous enfuis à la Libération. Des vitres brisées, des façades éventrées, des toits mutilés… Il faudra du temps, beaucoup de temps pour réparer le néant, songea-t-elle face à aux ruines.
Afficher en entierValérie abandonna un court moment le labrador pour se poster face aux vagues qui s’échouaient tendrement à ses pieds.
Elle ferma les yeux et écouta.
Rien.
Rien de plus que le vrombissement des rouleaux et le cri des mouettes.
Aucun Stuka allemand hurlant à travers les nuages.
Aucun silence pesant comme celui qui accompagne la funeste descente d’une ogive carnassière.
Aucune sirène antiaérienne implorant les habitants de se terrer dans leurs caves.
Afficher en entier1
1949
Valérie lança le bâton avec détermination. Celui-ci suivit une courbe haute, défia les nuages gris avant de retomber sur le sable. Immédiatement, le labrador beige se rua à sa poursuite, le saisit dans sa gueule, remua la queue de plaisir puis retourna en direction de sa maîtresse qui avançait d’un pas nonchalant le long de la plage.
— Allez ! Rapporte !
Valérie se pencha, félicita son compagnon et jeta de nouveau le morceau de bois flotté. Le vent du début d’automne soufflait une brise fraîche et légère. L’odeur du sel et des algues marines battues par les flots enivrait le rivage tandis que la lumière blafarde d’un soleil à peine éveillé perçait avec difficulté la couverture de nuages bas.
Tous les matins, Valérie et Gus, son chien âgé de deux ans, se baladaient le long de l’océan. Un rituel immuable. Qu’il vente ou qu’il pleuve. Cette promenade quotidienne n’était pas seulement la promesse d’un instant complice. Elle permettait surtout à la jeune femme d’inspirer à pleins poumons la liberté dont elle avait dû se passer durant de trop nombreuses années.
Afficher en entier« Occupe-toi l’esprit…
Récite-toi ta poésie par exemple…
Ce sera plus facile…
Tu verras, demain lorsque ta maîtresse t’interrogera, tu me remercieras…
Viens…
Rapproche-toi…
Ce sera plus facile… »
Afficher en entierSeptembre 2019
François Villemin ouvrit la porte de la salle de cours mise à disposition par la faculté de Tours et invita les élèves à s’installer sur les bancs de l’amphithéâtre.
— Bienvenue à tous, débuta-t-il en déposant son ordinateur portable sur le bureau et en le connectant au tableau numérique.
Son costume en laine beige, sa silhouette effilée, son crâne dégarni et sa barbe blanche soignée lui donnaient l’allure d’un acteur écossais. Bien entendu, de par leur jeune âge, peu des personnes présentes dans la salle connaissaient Sean Connery. Mais il entretenait cette ressemblance avec une certaine malice, s’amusant de leur ignorance comme un érudit sourit face au manque de références d’un apprenti.
Il attendit que chacun se soit assis puis, une fois son public parfaitement attentif, baissa l’éclairage de la pièce avant d’entamer son cours.
— Pour cette deuxième séance, nous allons évoquer une affaire apparue dans les années quatre-vingt, que j’ai nommée « Le refuge Sandrine ». Comme la dernière fois, je vais tout d’abord relater les faits et ensuite nous passerons aux questions. Je vous avertis, il est inutile de chercher des références sur vos smartphones ou de fouiller votre jeune mémoire pour vous souvenir de cette affaire. Il n’y en a aucune trace, nulle part. Et à la fin du cours, vous comprendrez pourquoi…
Afficher en entier— Nous utilisons tous ces refuges, débuta le professeur, jugeant qu’il était temps de dévoiler une partie du mystère, généralement sans nous en rendre compte. Un simple sourire peut en être un. [...]
Lire un livre en est un autre. S’évader de son quotidien pour vivre des aventures par procuration…
Afficher en entierLa nuit s'annonçait lentement sur l'horizon, telle une bête affamée s'approchant prudemment d'une proie blessée.
Afficher en entierCela faisait de lui un policier toujours prêt à aider ses collègues, sans arrière-pensée ni guerre d’ego. Un élément rare, surtout dans un commissariat où chacun s’évertuait à impressionner le chef pour obtenir la meilleure mutation possible.
Afficher en entierLa confiance, c’est comme l’amour, se dit-elle, nul ne peut vivre sans indéfiniment.
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