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Ils étaient au demeurant bien armés. Les deux hommes avaient chacun à la main un pistolet automatique BERETTA 9 mm et, au pied de son siège, un fusil à pompe, canon court et crosse revolver, chargé avec des balles brennecke. Ils étaient bien la depuis deux heures, à faire le guet, quand une voiture de police, s'arrêta à leur hauteur. Contrôle d'identité, fouille du véhicules, garde à vue et direction la case prioson pur charly, Mickey et Pat.
Afficher en entier"Vous êtes un miraculé, monsieur. Il est vrai que vous avez une sacré constitution. Vous étiez si tendu que la dose de curare qu'on vous a infectée pour vous endormir n'a pas suffi. On a dû en rajouter. C'est extrêmement rare, vous savez. Vous ne vous en souvenez sûrement pas mais on a même commencé à vous opérer à vif. Vous perdiez tellement de sang, vous comprenez. On n'avait pas le temps d'attendre. On a ligaturé les artères qui étaient touchées alors que vous vous étiez conscient...".
Afficher en entierIl avait toujours prévu de se retirer un jour dans une ferme du côté de Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Des pots-de-vin aux élus de tous bords ont permis aux grandes surfaces de proliférer partout ou presque en Provence. Un cancer qui détruit les commerces des centres-ville, distillant ainsi, dans les rues vides, une peur sourde qui profite à l'extrême droite. Sisteron restait l'une des rares exceptions, dans la région. Charly comptait finir sa vie par là-bas, au milieu des bêtes. Des ânes et des chèvres, surtout. Il y pensait de plus en plus, ces temps-ci. C'était sa patantare, ce rêve d'un ailleurs qui nous fait tous vivre. Tous les jours, ou presque, il passait en revue les petites annonces immobilières du quotidien la Provence.
Afficher en entierMartin s'essuya le front où perlaient de grosses gouttes de sueur avant de souffler, les yeux baissés : "ça, c'était la bonne nouvelle. Y a aussi les mauvaises."
Afficher en entierIl tiré de sa poche un gros billet qu'il laissa sur la table, pour l'addition, et continua sur un ton subitement adouci :
Afficher en entierRien ne passa sur le visage émacié de Franck Rabou. Juste un froncement de narines pour neutraliser le picotement perpétuel qu’il éprouvait dans la cloison nasale, comme tous les cocaïnomanes. C’était un petit homme taillé dans des sarments, la peau sur les os : on voyait la Bonne Mère à travers. Froid et méthodique, il ne connaissait pas la peur. C’est pourquoi on l’avait surnommé « le Cobra », à Marseille. Quelques jours plus tôt, il avait même été assez culotté pour rompre les amarres avec le Rascous, c’était dire. Il ne le sentait plus et avait décidé de se reconvertir dans le proxénétisme à Paris où il comptait pas mal de relations. Il avait six filles qui faisaient le tapin pour lui dans le bois de Boulogne. Des grosses, des bombes, des vieilles, il y en avait pour tous les goûts et tous les prix. Un boulot tranquille, qui pouvait rapporter gros. Il fallait juste surveiller le cheptel et relever les compteurs
Afficher en entier« C’est quoi, ça ? cria Ange. Tu es fou ! » Son cœur battait des cymbales dans sa poitrine. Les coups retentissaient dans tout son corps. Dans les tempes, en particulier. Il ne s’entendait plus, avec tout ce bruit au-dedans de lui. Alors que le gondolier, conscient de la gravité de la situation, tentait une marche arrière, Ange, la vue brouillée par la sueur qui coulait dans ses yeux, essaya un dernier argument : « Il faut que je t’explique. Ça ne te prendra pas de temps. Trois minutes, pas plus. Donne-moi une chance ! — Ordure, est-ce que tu m’en as donné une, à moi ? » Le coup partit. Ange Papalardo reçut la balle en plein front et sa carcasse dingua au fond de la gondole où, après un soubresaut, elle retrouva la sérénité qu’apporte généralement l’au-delà
Afficher en entierL’idylle était née lors d’une fête de mariage, dans une somptueuse propriété, sur l’avenue du Prado. Tout le monde était là : la politique, la pègre, l’immobilier, le football, les affaires. Dès qu’il l’avait vue, Ange s’était avancé vers elle, la gorge sèche et les jambes flageolantes, avant de dire, les yeux baissés : « Mademoiselle, je suis désolé de vous importuner, mais voilà, je voudrais vivre le reste de ma vie avec vous, m’endormir avec vous et me réveiller avec vous. Je ne vous demande pas de me répondre maintenant mais simplement de me donner ma chance…
Afficher en entierElle avait alors laissé tomber : « Nous sommes comme Roméo et Juliette. Sauf que nous réussirons, nous. » Ange avait aimé la comparaison. C’était un grand romantique. Alors que le gondolier les observait avec l’autorité de l’habitude, il était revenu là-dessus : « Les obstacles sont si grands entre nous qu’on est condamnés, pour les vaincre, à un amour immense. — Éternel », avait-elle précisé, parce qu’à son âge, on n’a jamais peur de rien
Afficher en entierIl ne fallait pas se fier au front bas d’Ange Papalardo ni à son nez écrasé de boxeur. Malgré les apparences, ce n’était pas un truand à l’ancienne mais un homme plutôt fin qui lisait des romans, allait au théâtre et savait déchiffrer les comptes d’exploitation. Avec ça, fils et petit-fils de policiers. Il en avait gardé une passion effrénée de la vérité qu’il savait extorquer à la pince ou à la décharge électrique, avec une maestria incomparable, à tous les ennemis de son boss. Il ne l’aurait jamais avoué, fût-ce sous la torture, mais il pensait que le Rascous n’était pas à la hauteur. Trop cupide, trop inculte, trop premier degré. Souvent, on aurait dit qu’il avait perdu la tête, le patron. Quand il piquait ses crisettes, par exemple, et qu’il prétendait « fumer » tous ceux qui se mettaient en travers de son chemin. Les policiers, les juges et les truands concurrents
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