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Je ne me lasserai jamais de la regarder et de l’aimer. Il y a toujours eu en elle ce mélange fascinant de force et d’abandon. Comme un oiseau, à la fois libre, indépendant, gracile, léger, coloré, volontaire, capable de traverser les océans mais malgré tout, vulnérable. Je l’admire pour sa résistance, pour cette incroyable façon de se battre et de dépasser ce qui lui fait peur.
Respirant le doux parfum de la femme que j’aime, je ferme les paupières en la berçant tendrement, comme pour l’entourer d’un nuage de protection et d’amour.
Afficher en entierWalligan hausse un sourcil, visiblement surpris de nous voir plaisanter : même pour un policier formé à la psychologie des victimes et des criminels, les réactions humaines restent mystérieuses.
Mais plus je regarde Jesse me sourire avec tendresse, plus je mesure combien notre complicité est ancrée en nous. Elle a traversé des épreuves, elle a survécu à un accident, à une amnésie et à nos peurs respectives. Elle nous rend forts.
Plus forts qu’un obsessionnel érotomane atypique.
Afficher en entierMes deux amis me regardent avec des yeux pétillants et un sourire en coin. À demi-nue, ayant effectué une cavalcade dans les couloirs de notre hôtel de Vegas, il y a de quoi sourire. Pour eux !
– Alors, Willow ? m’interroge Emma. Nuit torride ? Ou câline ? Les deux, j’imagine… Tu sais que tu nous as impressionnés !
De quoi parle-t-elle ?
– Imagine, dit Nathan rêveusement, notre Willow a fini la soirée à danser sur les tables avec tous les bad boys de Vegas avant de faire exploser la banque d’un casino privé !
– Ou alors, tu viens nous annoncer que tu as gagné une fortune au poker ?
– J’aimerais bien, réussis-je à prononcer d’une voix peu assurée en me laissant tomber dans un fauteuil.
Tendue comme un arc, je rassemble mes vêtements en boule contre mon ventre, poings fermés, chaussures sur les genoux, talons pointés comme une herse face à moi.
Manquent plus que les baquets d’huile bouillante à déverser sur tout ce qui bouge et je serai vraiment parée à toute éventualité.
Les yeux noisette de Nathan aperçoivent mon geste. Avalant ma salive, j’essaie de lui sourire.
En réalité, je tente surtout de ne pas paniquer. Parce que cette nuit supposée formidable par mes amis n’existe pas pour moi. J’ai beau me forcer à convoquer des images, des sons ou des visages qui pourraient rentrer dans le cadre, mais rien.
– Faudra que tu me donnes ton truc pour séduire en moins de deux, ça a l’air dingue. Hop, un tour de piste et emballé ! continue Emma en s’étirant.
– En tout cas, après des débuts prometteurs, la fin de ta nuit a l’air de t’avoir mis la tête à l’envers, sourit gentiment Nathan.
C’est là que je comprends qu’il y a vraiment un gros problème : la présence du tatoué dans mon lit est manifestement pour mes amis l’aboutissement d’un processus logique, quasi chronométré, avec un début, un milieu et une fin plus ou moins prévisible.
Sauf qu’avant d’arriver à la fin, c’est-à-dire maintenant… il me manque toutes les étapes. Entre hier soir et mon réveil ce matin, rien, c’est le trou noir.
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