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Extrait ajouté par la-voyageuse 2020-01-07T09:52:34+01:00

Alessia ?

Jamais je n’ai réussi à faire chanter mon piano ainsi. Retirant mes chaussures, je parcours le couloir sans un bruit et regarde dans le salon par la porte entrebâillée.

Assise au piano avec sa blouse et son fichu, elle oscille doucement, les yeux fermés. Ses mains courent avec grâce et dextérité sur le clavier. Habitée par la musique, elle joue sans la moindre fausse note. Je l’observe, muet d’admiration.

Elle est incroyable.

Sur tous les plans.

Et je suis complètement envoûté.

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Extrait ajouté par sapho 2019-09-08T09:46:42+02:00

Elle aime être sur le ventre durant l’amour, elle jouit en silence, et elle a une bouche très douée qui sait parfaitement comment s’y prendre pour ressusciter un homme épuisé. Ce souvenir commence à me faire bander, et j’envisage de la réveiller pour remettre le couvert. Sa chevelure sombre est étalée sur l’oreiller, et son expression est sereine lorsqu’elle dort. J’ignore le pincement d’envie que sa sérénité m’inspire et je me demande : si j’apprenais à mieux la connaître, trouverais-je la paix, moi aussi ?

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Extrait ajouté par moviesandbooksquote 2020-06-11T00:11:58+02:00

« Elle a une conception complètement dépassée des relations hommes-femmes. Coucher avec moi est visiblement honteux à ses yeux. Mais on est en 2019 pas en 1819 ! Et que viens faire son père là dedans ?

Et moi je désire quoi ?

J’ai déjà son corps splendide. Mais ça ne me suffit pas. Soudain ça me tombe dessus. Comme une évidence. »

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Extrait ajouté par magaliB 2020-04-26T08:29:05+02:00

Alessia enfonce les mains dans les poches du vieil anorak de Michal, tentant vainement de réchauffer ses doigts. Emmitouflée dans son écharpe, elle avance péniblement sur Chelsea Embankment sous une bruine glaciale. Aujourd’hui, mercredi, elle retourne pour la deuxième fois sans Krystyna dans le grand appartement avec le piano.

Malgré le temps pourri, elle est fière d’avoir survécu au trajet en train à l’heure de pointe sans son anxiété habituelle. Elle commence à comprendre que Londres, c’est comme ça. Trop de monde, trop de bruit, et trop de circulation. Mais le pire, c’est que personne ne se parle, sauf pour dire « Pardon » si on vous bouscule, ou « Reculez dans la rame s’il vous plaît ». Tout le monde se cache derrière son journal gratuit, écoute de la musique, fixe l’écran de son portable ou de sa tablette, en évitant de croiser les regards.

Ce matin-là, Alessia a eu la chance de trouver un siège, mais la femme assise à côté d’elle a passé une bonne partie du trajet à hurler dans son téléphone pour raconter son rendez-vous raté de la veille. Alessia l’a ignorée et s’est plongée dans son journal pour améliorer son anglais, regrettant de ne pas écouter de la musique dans des écouteurs plutôt que de subir les vociférations de cette femme. Une fois finie sa lecture, elle a fermé les yeux et rêvé de montagnes majestueuses couvertes de neige et de pâturages, où l’air sent le thym et vibre du bourdonnement des abeilles. Elle a le mal du pays. La paix et la tranquillité lui manquent. Sa mère lui manque, et son piano aussi.

Elle remue les doigts dans ses poches tandis qu’elle se remémore son morceau d’échauffement : elle entend clairement les notes, elle les voit en couleurs flamboyantes. Depuis combien de temps n’a-t-elle pas joué ? Lorsqu’elle songe au piano qui l’attend dans l’appartement, elle est de plus en plus excitée.

Elle franchit l’entrée du vieil immeuble et, peinant à contenir son enthousiasme, se dirige vers l’ascenseur pour monter au dernier étage.

Pendant quelques heures les lundis, mercredis et vendredis, ce lieu merveilleux est tout à elle, avec ses grandes pièces aérées, ses parquets en bois sombre et son quart de queue. Elle déverrouille la porte et s’apprête à désactiver le système d’alarme mais, à son grand étonnement, aucun signal ne résonne. Le système est peut-être en panne, ou alors il n’a pas été activé. Ou alors… Non. Quelle horreur ! Le propriétaire est chez lui. Figée dans le grand couloir décoré de photos de paysages en noir et blanc, elle tend l’oreille pour déceler un signe de vie. Rien.

E mirë.

Non. Tant mieux. Pense en anglais, se dit-elle. La personne qui habite ici a dû partir au travail en oubliant de mettre l’alarme. Elle n’a jamais rencontré ce monsieur, mais elle devine qu’il occupe un poste important, parce que l’appartement est immense. Comment en aurait-il les moyens, autrement ? Elle soupire. Il a beau être riche, c’est un porc. Elle est déjà venue trois fois, dont deux avec Krystyna, et chaque fois l’appartement était dans un tel désordre qu’elles avaient mis des heures à tout ranger et nettoyer.

Un jour gris se déverse par le velux du fond du couloir. Alessia actionne l’interrupteur et le lustre en cristal au-dessus de sa tête illumine l’entrée. Elle retire son écharpe en laine et l’accroche avec son anorak dans le placard à côté de la porte. D’un cabas en plastique, elle sort les vieilles baskets que Magda lui a offertes. Elle les enfile après avoir ôté ses bottes et ses chaussettes détrempées, heureuse de trouver des chaussures sèches – ça permettra à ses pieds gelés de se réchauffer. Son petit pull et son tee-shirt ne la protègent guère du froid. Elle se frotte vigoureusement les bras pour les ranimer tout en traversant la cuisine jusqu’à la buanderie. Là, elle pose son cabas sur le comptoir. Elle en extrait la blouse en nylon informe que Krystyna lui a léguée, la passe, et noue un fichu bleu clair sur sa tête pour contenir sa lourde chevelure tressée. Du placard de l’évier, elle sort son matériel de ménage, saisit le panier à linge placé sur la machine à laver, et va aussitôt dans « sa » chambre. Si elle se dépêche, elle aura le temps de terminer l’appartement avant qu’il soit l’heure de repartir et le piano sera un petit moment à elle.

Il est là.

Le monsieur !

Il dort profondément, allongé sur le ventre, nu, en travers de son grand lit. Elle reste figée, à la fois choquée et fascinée, les pieds plantés dans le parquet. Il est entortillé entre les draps, mais nu… Très nu. Son visage est tourné dans sa direction mais il est caché par des cheveux châtains en bataille. Un bras soutient sa tête sous l’oreiller, l’autre est étalé vers elle. Il a des épaules larges et bien dessinées, et son biceps porte un tatouage compliqué en partie dissimulé par l’oreiller. Son dos est bronzé, plus clair là où ses hanches s’affinent et se creusent de fossettes ; ses fesses fermes sont pâles.

Ses fesses !

Lakuriq ! Zot !

Ses longues jambes musclées disparaissent sous un nœud de draps gris et de couvre-lit en soie argent ; seul un pied dépasse du bord du matelas. Lorsqu’il remue, les muscles de son dos ondulent ; ses paupières frémissent et s’ouvrent. Ses yeux, encore dans le vague, sont d’un vert étincelant. Alessia retient son souffle, convaincue qu’il sera furieux d’avoir été réveillé. Leurs regards se croisent, mais il détourne la tête, se détend et se rendort. Soulagée, elle pousse un long soupir.

Shyqyr Zoti !

Rouge de honte, elle se retire sur la pointe des pieds et se précipite dans le couloir pour rejoindre le salon. Elle pose ses produits d’entretien par terre et se met à ramasser les vêtements éparpillés.

Pourquoi est-il encore au lit ? À cette heure-ci ? Il va arriver en retard au travail.

Elle jette un coup d’œil au piano, frustrée. Aujourd’hui, elle espérait en jouer. Lundi, elle n’avait pas osé, et maintenant elle en meurt d’envie. Aujourd’hui, ce devait être la première fois ! Dans sa tête, elle entend le Prélude en do mineur de Bach. Ses doigts pianotent furieusement les notes, et la mélodie résonne dans sa tête en rouge, jaune et orange éclatants, accompagnant à la perfection sa colère. Le morceau atteint son apothéose puis s’apaise tandis qu’elle ramasse un tee-shirt abandonné pour le jeter dans le panier à linge.

Pourquoi faut-il qu’il soit là ? Elle sait que sa déception est irrationnelle. Monsieur est chez lui. Mais quand elle pense à sa déception, elle ne pense pas à lui. C’est la première fois qu’elle voit un homme nu, un homme nu aux yeux vert vif – de la couleur des eaux calmes et profondes du Drin, un jour d’été. Elle fronce les sourcils ; elle ne veut pas se rappeler son pays natal. Il l’a regardée droit dans les yeux. Dieu merci, il ne s’est pas réveillé. Elle prend la corbeille à linge et s’approche sur la pointe des pieds de la porte entrebâillée de sa chambre, en s’arrêtant pour voir s’il dort encore. Elle entend le bruit de la douche dans la salle de bains.

Il est réveillé !

Elle songe un instant à quitter l’appartement mais se ravise. Elle a besoin de ce travail, et si elle part, il pourrait la renvoyer. Prudemment, elle ouvre la porte et écoute le fredonnement peu harmonieux qui filtre de la salle de bains. Le cœur battant, elle fonce dans la chambre pour récupérer les vêtements éparpillés sur le sol avant de retrouver la sécurité de la buanderie, en se demandant pourquoi son cœur s’est emballé.

Elle inspire profondément pour se calmer. Elle a été prise de court en le découvrant dans son lit. Oui. Voilà. C’est tout. Rien à voir avec le fait 2

Alessia enfonce les mains dans les poches du vieil anorak de Michal, tentant vainement de réchauffer ses doigts. Emmitouflée dans son écharpe, elle avance péniblement sur Chelsea Embankment sous une bruine glaciale. Aujourd’hui, mercredi, elle retourne pour la deuxième fois sans Krystyna dans le grand appartement avec le piano.

Malgré le temps pourri, elle est fière d’avoir survécu au trajet en train à l’heure de pointe sans son anxiété habituelle. Elle commence à comprendre que Londres, c’est comme ça. Trop de monde, trop de bruit, et trop de circulation. Mais le pire, c’est que personne ne se parle, sauf pour dire « Pardon » si on vous bouscule, ou « Reculez dans la rame s’il vous plaît ». Tout le monde se cache derrière son journal gratuit, écoute de la musique, fixe l’écran de son portable ou de sa tablette, en évitant de croiser les regards.

Ce matin-là, Alessia a eu la chance de trouver un siège, mais la femme assise à côté d’elle a passé une bonne partie du trajet à hurler dans son téléphone pour raconter son rendez-vous raté de la veille. Alessia l’a ignorée et s’est plongée dans son journal pour améliorer son anglais, regrettant de ne pas écouter de la musique dans des écouteurs plutôt que de subir les vociférations de cette femme. Une fois finie sa lecture, elle a fermé les yeux et rêvé de montagnes majestueuses couvertes de neige et de pâturages, où l’air sent le thym et vibre du bourdonnement des abeilles. Elle a le mal du pays. La paix et la tranquillité lui manquent. Sa mère lui manque, et son piano aussi.

Elle remue les doigts dans ses poches tandis qu’elle se remémore son morceau d’échauffement : elle entend clairement les notes, elle les voit en couleurs flamboyantes. Depuis combien de temps n’a-t-elle pas joué ? Lorsqu’elle songe au piano qui l’attend dans l’appartement, elle est de plus en plus excitée.

Elle franchit l’entrée du vieil immeuble et, peinant à contenir son enthousiasme, se dirige vers l’ascenseur pour monter au dernier étage. Pendant quelques heures les lundis, mercredis et vendredis, ce lieu merveilleux est tout à elle, avec ses grandes pièces aérées, ses parquets en bois sombre et son quart de queue. Elle déverrouille la porte et s’apprête à désactiver le système d’alarme mais, à son grand étonnement, aucun signal ne résonne. Le système est peut-être en panne, ou alors il n’a pas été activé. Ou alors… Non. Quelle horreur ! Le propriétaire est chez lui. Figée dans le grand couloir décoré de photos de paysages en noir et blanc, elle tend l’oreille pour déceler un signe de vie. Rien.

E mirë.

Non. Tant mieux. Pense en anglais, se dit-elle. La personne qui habite ici a dû partir au travail en oubliant de mettre l’alarme. Elle n’a jamais rencontré ce monsieur, mais elle devine qu’il occupe un poste important, parce que l’appartement est immense. Comment en aurait-il les moyens, autrement ? Elle soupire. Il a beau être riche, c’est un porc. Elle est déjà venue trois fois, dont deux avec Krystyna, et chaque fois l’appartement était dans un tel désordre qu’elles avaient mis des heures à tout ranger et nettoyer.

Un jour gris se déverse par le velux du fond du couloir. Alessia actionne l’interrupteur et le lustre en cristal au-dessus de sa tête illumine l’entrée. Elle retire son écharpe en laine et l’accroche avec son anorak dans le placard à côté de la porte. D’un cabas en plastique, elle sort les vieilles baskets que Magda lui a offertes. Elle les enfile après avoir ôté ses bottes et ses chaussettes détrempées, heureuse de trouver des chaussures sèches – ça permettra à ses pieds gelés de se réchauffer. Son petit pull et son tee-shirt ne la protègent guère du froid. Elle se frotte vigoureusement les bras pour les ranimer tout en traversant la cuisine jusqu’à la buanderie. Là, elle pose son cabas sur le comptoir. Elle en extrait la blouse en nylon informe que Krystyna lui a léguée, la passe, et noue un fichu bleu clair sur sa tête pour contenir sa lourde chevelure tressée. Du placard de l’évier, elle sort son matériel de ménage, saisit le panier à linge placé sur la machine à laver, et va aussitôt dans « sa » chambre. Si elle se dépêche, elle aura le temps de terminer l’appartement avant qu’il soit l’heure de repartir et le piano sera un petit moment à elle.

Il est là.

Le monsieur !

Il dort profondément, allongé sur le ventre, nu, en travers de son grand lit. Elle reste figée, à la fois choquée et fascinée, les pieds plantés dans le parquet. Il est entortillé entre les draps, mais nu… Très nu. Son visage est tourné dans sa direction mais il est caché par des cheveux châtains en bataille. Un bras soutient sa tête sous l’oreiller, l’autre est étalé vers elle. Il a des épaules larges et bien dessinées, et son biceps porte un tatouage compliqué en partie dissimulé par l’oreiller. Son dos est bronzé, plus clair là où ses hanches s’affinent et se creusent de fossettes ; ses fesses fermes sont pâles.

Ses fesses !

Lakuriq ! Zot !

Ses longues jambes musclées disparaissent sous un nœud de draps gris et de couvre-lit en soie argent ; seul un pied dépasse du bord du matelas. Lorsqu’il remue, les muscles de son dos ondulent ; ses paupières frémissent et s’ouvrent. Ses yeux, encore dans le vague, sont d’un vert étincelant. Alessia retient son souffle, convaincue qu’il sera furieux d’avoir été réveillé. Leurs regards se croisent, mais il détourne la tête, se détend et se rendort. Soulagée, elle pousse un long soupir.

Shyqyr Zoti !

Rouge de honte, elle se retire sur la pointe des pieds et se précipite dans le couloir pour rejoindre le salon. Elle pose ses produits d’entretien par terre et se met à ramasser les vêtements éparpillés.

Pourquoi est-il encore au lit ? À cette heure-ci ? Il va arriver en retard au travail.

Elle jette un coup d’œil au piano, frustrée. Aujourd’hui, elle espérait en jouer. Lundi, elle n’avait pas osé, et maintenant elle en meurt d’envie. Aujourd’hui, ce devait être la première fois ! Dans sa tête, elle entend le Prélude en do mineur de Bach. Ses doigts pianotent furieusement les notes, et la mélodie résonne dans sa tête en rouge, jaune et orange éclatants, accompagnant à la perfection sa colère. Le morceau atteint son apothéose puis s’apaise tandis qu’elle ramasse un tee-shirt abandonné pour le jeter dans le panier à linge.

Pourquoi faut-il qu’il soit là ? Elle sait que sa déception est irrationnelle. Monsieur est chez lui. Mais quand elle pense à sa déception, elle ne pense pas à lui. C’est la première fois qu’elle voit un homme nu, un homme nu aux yeux vert vif – de la couleur des eaux calmes et profondes du Drin, un jour d’été. Elle fronce les sourcils ; elle ne veut pas se rappeler son pays natal. Il l’a regardée droit dans les yeux. Dieu merci, il ne s’est pas réveillé. Elle prend la corbeille à linge et s’approche sur la pointe des pieds de la porte entrebâillée de sa chambre, en s’arrêtant pour voir s’il dort encore. Elle entend le bruit de la douche dans la salle de bains.

Il est réveillé !

Elle songe un instant à quitter l’appartement mais se ravise. Elle a besoin de ce travail, et si elle part, il pourrait la renvoyer. Prudemment, elle ouvre la porte et écoute le fredonnement peu harmonieux qui filtre de la salle de bains. Le cœur battant, elle fonce dans la chambre pour récupérer les vêtements éparpillés sur le sol avant de retrouver la sécurité de la buanderie, en se demandant pourquoi son cœur s’est emballé.

Elle inspire profondément pour se calmer. Elle a été prise de court en le découvrant dans son lit. Oui. Voilà. C’est tout. Rien à voir avec le fait qu’elle l’ait vu nu. Rien à voir avec son visage fin, son nez droit, ses lèvres pleines, ses épaules larges… ses bras musclés. Rien. Elle a eu un choc. Elle ne s’attendait pas à tomber sur le propriétaire de l’appartement, et elle a été déconcertée de le trouver au lit.

Oui. Il est beau. Beau de la tête aux pieds. Ses cheveux, ses mains, ses jambes, ses fesses… Vraiment beau. Et il l’a regardée droit dans les yeux de son regard si vert.

Un souvenir plus sombre affleure à son esprit. Un souvenir du pays : des yeux d’un bleu glacé, durcis par la colère, la fureur tombant sur elle. Non. Ne pense pas à lui ! Elle prend sa tête entre ses mains et se frotte le front. Non. Non. Non. Elle s’est enfuie. Elle est ici. Elle est à Londres. Elle est en sécurité. Elle ne le reverra jamais.

Elle s’agenouille pour placer le linge sale dans la machine à laver. Comme Krystyna le lui a recommandé, elle fouille les poches du jean noir et en retire des pièces de monnaie ainsi que le préservatif qu’il semble glisser dans tous ses pantalons. Dans la poche arrière, elle déniche un bout de papier avec un numéro de téléphone et « Heather » inscrits dessus. Elle le glisse dans la poche de sa blouse avec la monnaie et le préservatif, jette une capsule de lessive dans la machine et la met en marche.

Puis elle vide le sèche-linge et sort le fer à repasser. Aujourd’hui, elle va commencer par le repassage et rester cachée dans la buanderie jusqu’à ce qu’il s’en aille.

Et s’il ne s’en allait pas ?

Mais pourquoi se cache-t-elle ? C’est son employeur. Elle devrait peut-être se présenter. Elle a rencontré tous ses autres employeurs, et ils ne l’embêtent jamais, sauf Mme Kingsbury, qui la suit partout pour critiquer sa façon de faire le ménage. Elle soupire. En fait, elle ne travaille que pour des femmes – sauf lui. Et elle se méfie des hommes.

— Au revoir, Krystyna ! lance une voix masculine qui la tire de ses pensées et de son repassage.

La porte d’entrée se referme avec un claquement assourdi et tout redevient calme. Il est parti. Elle est seule. Soulagée, elle s’affaisse contre la planche à repasser.

Krystyna ? Ne sait-il pas qu’elle a remplacé Krystyna ? C’est l’amie de Magda, Agatha, qui lui a trouvé ce job. Personne ne l’a averti du changement de personnel ? Alessia décide de vérifier ce soir si le propriétaire de l’appartement en a été informé. Elle termine une autre chemise, la suspend sur un cintre, puis va jeter un coup d’œil à la console du hall d’entrée et constate qu’il lui a laissé de l’argent. Par conséquent, il ne reviendra pas.

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Extrait ajouté par magaliB 2020-04-26T08:20:36+02:00

Prologue

Non. Non. Non, pas le noir ! J’étouffe dans le noir. Pas le sac plastique ! La panique la submerge, lui coupe le souffle. Je ne peux plus respirer. Je suffoque. Le goût métallique de la peur lui monte à la gorge. Il le faut. C’est la seule façon. Ne bouge pas. Reste calme. Inspire lentement, par petites bouffées, comme il t’a appris à faire. Ce sera bientôt fini. Bientôt, et tu seras libre. Libre. Libre !

Vas-y ! Maintenant ! Cours, cours, cours ! Plus vite ! Elle s’élance à toutes jambes sans se retourner, poussée par la peur, en évitant les rares clients de cette fin de soirée. Elle a de la chance : les portes automatiques sont ouvertes. Elle file sous les décorations de Noël clinquantes et déboule dans le parking. Elle court à perdre haleine. Entre les voitures garées, vers la forêt. Elle court pour ne pas mourir, sur un petit sentier en terre battue, à travers les ronces, les branchages lui fouettant le visage. Elle court jusqu’à ce que ses poumons soient sur le point d’éclater. Allez. Allez. Allez ! Ne t’arrête pas.

Il fait froid. Trop froid. Elle a l’esprit embrumé par l’épuisement. Et ce froid… Le vent qui hurle entre les branches la traverse jusqu’aux os. Elle se blottit sous un buisson et, de ses mains ankylosées, elle ramasse des feuilles mortes pour s’en faire un nid. Dormir. Elle doit dormir. Elle s’allonge sur le sol dur et gelé, trop fatiguée pour avoir peur, trop fatiguée pour pleurer. Les autres, ont-elles pu s’échapper ? Elle ferme les yeux. Est-ce qu’elles ont réussi à fuir ? Pourvu qu’elles soient libres. Pourvu qu’elles soient au chaud… Comment en suis-je arrivée là ?

Quand elle s’éveille, elle est allongée entre des poubelles, sous un amas de journaux et de cartons. Elle frissonne. Elle a tellement froid. Mais elle doit partir. Elle a une adresse. Elle remercie le dieu de Nana pour ça. De ses doigts tremblants, elle déroule le bout de papier. C’est là qu’elle doit se rendre. Allez. Allez. Avance !

Un pied devant l’autre. Marcher. C’est tout ce qu’elle sait faire. Marcher. Marcher. Dormir sur le pas d’une porte. Marcher, marcher encore. Elle boit de l’eau au robinet d’un McDonald’s. L’odeur de la nourriture la torture.

Elle a froid. La faim la tenaille. Elle marche, marche encore, en s’orientant grâce au plan qu’elle a volé dans un magasin aux décorations scintillantes où résonnaient des chants de Noël. Avec le peu de forces qu’il lui reste, elle attrape un bout de papier froissé, à moitié déchiré d’avoir passé tant de temps dans sa botte. Fatiguée. Tellement fatiguée. Sale. Elle est sale, elle a froid, elle a peur. Cette adresse est son unique espoir. Elle lève une main tremblante et sonne.

Magda l’attendait. Sa mère lui a écrit pour l’avertir de son arrivée. Elle l’accueille à bras ouverts. Et recule aussitôt.

- Seigneur, ma petite, où étais-tu passée ? Tu devais arriver la semaine dernière !

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Extrait ajouté par Inneess 2020-04-10T12:38:17+02:00

— Tu es vierge ?

J’écarquille les yeux pour mieux étudier son expression.

— Oui.

Cette simple affirmation me fait l’effet d’une douche froide. Je n’ai couché qu’avec une vierge, Caroline. C’était ma première fois, à moi aussi, et ça s’est soldé par un désastre qui a failli nous faire renvoyer de l’école. Après ça, mon père m’a emmené dans un bordel de luxe de Bloomsbury.

Si tu dois baiser, Maxim, autant que tu apprennes.

J’avais quinze ans, et Caroline est allée de l’avant…

Jusqu’à la mort de Kit.

Nom de Dieu.

Alessia est vierge à vingt-trois ans ? Ça ne m’étonne pas, au fond. Elle ne ressemble à aucune autre femme que j’aie connue.

Elle me dévisage de ses grands yeux. Elle attend. Je me demande à nouveau si ce n’était pas une folie de l’amener ici.

Alessia fronce les sourcils. L’anxiété se lit sur ses traits. Je tends la main et caresse du pouce sa lèvre inférieure boudeuse. Elle inspire brusquement.

— J’ai envie de toi, Alessia. Très envie. Mais je veux que tu aies envie de moi, toi aussi. Je pense qu’il faut que nous apprenions à mieux nous connaître avant d’aller plus loin.

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Extrait ajouté par EOLY 2020-04-04T23:56:36+02:00

J’ai envie d’elle.

Je suis fou d’elle.

Je brûle de désir pour elle.

Voilà. C’est dit. Dès l’instant où j’ai posé les yeux sur elle, Alessia a envahi mes pensées et mes rêves.

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Extrait ajouté par Cassandra45 2020-03-29T17:57:03+02:00

- Bienvenue à la maison !

Ces paroles l'emplissent de joie. Elle se hisse sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Leurs lèvres se cherchent, ne se lâchent plus. Ils s'embrassent si longtemps qu'elle oublie tout, jusqu'à l'endroit où elle se trouve.

Quand les portes se rouvrent, ils sont hors d'haleine.

Une vieille dame est plantée devant l'ascenseur. Elle porte de grandes lunettes de soleil et un chapeau rose bonbon, avec des boucles d'oreilles et un manteau de la même couleur.

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Extrait ajouté par manon01 2019-12-22T12:35:01+01:00

Je suis à la fois fou de désir et ému, mais je veux la mettre à l'aise.

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Extrait ajouté par sapho 2019-09-08T09:46:51+02:00

Notre mère est toujours aussi mince et belle qu’à l’époque où elle était la « It Girl » de sa génération, surtout en photo. Elle a été la muse des plus grands photographes, notamment de mon père, le onzième comte de Trevethick. Il était fou d’elle. Elle l’a épousé pour son titre et sa fortune. Quand elle l’a quitté, il ne s’en est jamais remis. Il est mort le cœur brisé, quatre ans après leur divorce.

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