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Les patriotes diront que mourir au combat pour défendre son pays est un acte de courage, qui fait de vous un héros.
Les plus croyants diront que c’est l’œuvre de Dieu, et qu’il n’y a pas à chercher la raison du pourquoi.
Les plus virulents diront qu’on récolte seulement ce que l’on sème en allant tuer des gens sous couverture d’une Guerre.
Les hommes du métier diront que c’est les risques de la profession et que notre mort n’aura pas servi à rien.
Et les frères d’armes diront simplement, « tu nous manques mon frère » et promettront de lever leurs verres en notre mémoire lors de leur prochaine victoire.
Afficher en entier- Bordel, pourquoi tu fais ça maintenant ? On ne pourra jamais aller jusqu’au bout, gémit Gray de sa voix rauque.
Il a raison, nous ne pouvons pas aller jusqu’au bout comme la dernière fois. Revivre cette explosion et ce partage.
Nous ne devrions même pas en être là.
Pourtant nous y sommes et je compte bien aller jusqu’au bout. Je veux le sentir jouir au creux de ma main, provoquer un putain d’orgasme chez lui qui hanterait ses prochaines branlettes en solitaire dans sa douche.
- Eh bien, eh bien, qu’avons-nous là, lance une voix dans la nuit.
Grayson se fige. Son regard vert rempli de surprise transperce le mien. En une fraction de seconde, je retire ma main de sa queue, et nous nous retournons pour faire face à celui qui nous a démasqués. Mon cœur bat à cent à l’heure, je sens la peur nouer mon estomac comme lorsque nous sortons à l’extérieur.
Bordel, dans quelle merde nous nous sommes mis !
- Oh putain, vous devriez voir vos gueules les mecs !
Chandler éclate de rire en levant les mains en signe de défense. Il prend son air innocent avec un sourire un peu trop satisfait. Nous soupirons à l’unisson, soulagés de constater que ce n’est que cet enfoiré de Brody.
Grayson s’écarte de moi en remontant sa braguette, il semble en rogne et je me doute de ce qu’il pense à cet instant.
- Ne vous gênez pas les mecs, faites comme si je n’étais pas là, renchérit notre ami commun.
Je déglutis avec difficulté, je me demande pourquoi je me sens si… mal. Je n’ai pas honte de qui je suis et de ce qui vient de se produire. Même si ce n’était pas très malin, je le reconnais.
Est-ce le contrecoup ? Sans doute. Chandler est comme moi, il se moque des stéréotypes. Il est au courant de notre différent par Grayson. Brody est le confident de la bande, celui qui sait toujours tout.
- Écoute, mon pote… commence Grayson.
Chandler nous montre tous les deux du doigt.
- Non, vous deux vous allez m’écouter. On se connait depuis vingt ans maintenant…
Brody pointe du doigt Gray en particulier.
- J’avais déjà dit à ce connard que je me foutais qu’il aime des bites, et encore moins s’il voulait la tienne, Pacey, mais… je veux trois choses :
Il lève un premier doigt en prenant son air sérieux qui ne lui correspond pas du tout. Mais qui est pour le moins divertissant.
- De un : ne ruinez plus jamais votre amitié, ça nous bousille tous. De deux : s’il doit se passer quelque chose, protégez-vous.
Et je sais qu’il ne parle pas seulement de sexe. À mon avis, il ne pense pas du tout à ça.
- Et pour finir, si un jour vous vous mariez, je veux être le témoin de ce cauchemar.
Grayson me jette un regard complice en essuyant sa bouche enflée par nos roulages de pelles intensifs. Il fourre ses mains dans ses poches comme pour les occuper ou bien pour cacher son malaise de s’être fait surprendre la braguette ouverte.
C’est clair, sa réputation d’iceberg en prend un léger coup.
- Brody ? lance Gray.
Chandler ne peut jamais rester statique très longtemps lorsqu’il n’est pas obligé de l’être, je le regarde sautiller, faire quelques pas, avec toujours ce sourire de mec plus que ravi. Il est amusé de nous mettre mal à l’aise.
- Quoi ?
- Tu te fais des films, on n’est pas…
- Pas encore, le coupe Chandler, pas encore, mais c’était en bonne voie. Juste un truc…
Le regard qu’il nous jette me file les frissons. On dirait celui de mon père lorsqu’il s’apprête à me confier une information importante.
- Si moi je m’en contrefous de ce qui arrive à vos culs, ce n’est pas le cas de tout le monde ici, et River, tu le sais, nous en avons déjà parlé. Alors, faites gaffe, j’espère bien compter sur vous durant ses prochaines années pour surveiller mes fesses.
Chandler se fige en écarquillant les yeux, comme s’il comprenait enfin le sens de ses mots. Même dans la nuit sombre, je suis persuadé que ses joues bronzées et rasées de près prennent des couleurs.
— Euh, je veux dire, surveiller mes arrières hein… pas… enfin vous voyez.
Afficher en entierNous marchons tranquillement lorsqu’Otis décide de se montrer aussi curieux que d’ordinaire. Son ton taquin ne m’avait presque pas manqué.
— Alors, presque deux mois après notre retour, comment ça se passe pour vous ?
— Pacey et River ont pris un appart, annonce Chandler en coinçant son fusil sur son épaule.
— Oh et ils prévoient de se marier quand ? renchérit Lake en faisant comme si je n’étais pas à côté.
Je jette un coup d’œil à Grayson qui marche devant, en pleine conversation tactique avec Wes et Malone.
— River ? je l’appelle.
— Quoi ? me répond-il en tournant légèrement la tête.
— Tu m’épouses quand, que je puisse profiter du cul d’Otis encore un peu ? je plaisante.
Grayson se contente de lever son majeur en jurant. Nous éclatons de rire, j’aime le voir aussi grognon. Cela ne fait qu’accentuer le désir que j’ai pour lui.
Afficher en entier« Certaines bribes de notre passé demeureront à nos côtés jusqu'à la fin. Ce sont des blessures qui ne saignent plus, mais qui ont laissé place à des cicatrices qui restent bien visibles. »
Afficher en entier« Ne fais pas de tes frères d'armes de simples amis, fais-en tes meilleurs amis parce que lorsque vous vous retrouvez au cœur de l'enfer, ces liens fraternels vous sortiront de ce merdier en vie et c'est tout ce qui compte. »
Afficher en entierLa chambre s’emplit d’une atmosphère lourde, synonyme d’un désir brut entre deux personnes qui se cherchent et se veulent depuis trop longtemps.
Je commence à sentir mon cœur s’emballer, ma respiration s’accélérer, des frissons naissent au creux de mon ventre, je n’ai jamais été aussi fébrile.
Sa main vient se glisser dans mes cheveux bruns, comme si avoir une prise sûre, lui assurait que je n’allais pas décamper dans la minute. Ça ne risque pas. Je le désire tellement qu’il faudrait qu’on m’extirpe de force de ce lit pour m’empêcher d’aller jusqu’au bout. Draps Stars Wars ou pas.
— Gray…
— Deac…
Un dernier regard, et la seconde d’après, ma bouche écrasent la sienne avec voracité. C’en est fini de la retenue que nous nous étions imposés, maintenant place au laisser-aller.
Nos lèvres se cherchent et se dévorent. Je savoure ce contact brusque, rempli d’impatience. Sa langue vient s’insinuer dans ma bouche, des frissons me parcourent la peau, je laisse vagabonder mes mains sur lui. Sa nuque, mon dos, ses fesses que je presse contre moi. Je sens la dureté de son excitation à travers son jean ce qui réveille en moi un puissant désir d’en avoir plus. Je le fais basculer sous moi, Deacon écarte ses jambes pour me laisser la place de m’y installer, je fais peser tout mon poids sur lui et ses mains sont partout sur moi.
Je frotte mes hanches contre les siennes pour lui montrer à quel point, j’ai envie de lui. À quel point, sa proximité ne me laisse pas indifférent, à quel point ça m’a rendu dingue cette attente.
Pas une seule fois nous ne rompons le contact, nous continuons de nous embrasser avec un besoin irrépressible de posséder l’autre. Je mordille ses lèvres, trace leurs contours, je prends tout ce qu’il me donne, et en abuse.
Deacon tire fermement mes cheveux en gémissant alors que le frottement de nos deux entrejambes ne fait qu’aggraver la situation. La chaleur m’irradie totalement.
Nous finissons en travers du lit, Pacey au-dessus, assit sur mes jambes ; haletant. Il retire son pull et l’envoie quelque part dans la pièce. Le léger changement de température lui file des frissons sur sa peau bronzée par le soleil. Mes yeux dérivent vers ce torse que j’ai tant de fois aperçu au cours de ces longs mois. Il est finement dessiné, chaque contour de ses muscles est traçable du bout des doigts et je compte bien tester cette théorie avec ma langue dans quelques minutes.
Mon meilleur ami agrippe le bas de mon t-shirt et me l’enlève avec facilité. Deacon saisit mes plaques que je n’ai toujours pas retirées et m’attire à lui pour m’embrasser de nouveau. Nos deux torses se retrouvent plaqués l’un contre l’autre, mes mains remontent le long de son dos musclé puis descendent plus bas, vers ce qui se presse contre mon ventre et se frotte dangereusement contre mon sexe.
— Qu’est-ce que tu me fais, murmure-t-il contre ma bouche, essoufflé.
Afficher en entier— Au cas où si tu ne l’avais pas compris, le message subliminal est : je t’invite à passer la nuit chez-moi. Je crois que nous avons un tas de choses à nous dire pas vrai ?
Exact.
Mais nous avons également des choses à faire.
La tension entre nous s’accentue, et un sourire machiavélique se dessine sur mon visage ce qui ne manque pas d’amuser Deacon qui tente de ravaler un sourire satisfait à son tour.
— Je crois aussi, je réponds en le dévisageant.
Sans perdre une seconde de plus, je me lève du rocking-chair de dessous le porche de la maison des Pacey, attrape sa bière et pars la vider avec la mienne dans le rosier de sa mère.
— On file dire au revoir, je déclare devant l’air ébahi de mon meilleur ami.
— Je doute que ma mère apprécie de voir ses rosiers sous l’emprise de l’alcool.
— T’inquiète, ils ont le temps de cuver avant le lever du soleil.
Afficher en entierMême si j’ai hâte de me retrouver en tête à tête avec Deacon, être en famille reste une priorité. Nos proches nous ont manqué, je peux attendre une soirée de plus… voire même une journée. Mais pas davantage, ensuite, je risquerais d’être violent. Six mois à se contenir c’est une chose, six mois et deux jours, c’en est trop.
Afficher en entier— Deacon, on a fait une erreur, voilà tout, je soupire. On doit l’assumer et faire comme si rien ne s’était produit.
— Non, coucher avec toi n’était pas une erreur.
J’ai l’impression de me prendre une claque en entendant ses mots. C’est la première fois que nous l’évoquons à voix haute. Ça semblait moins concret lorsqu’il n’y avait que des non-dits et ces bribes de souvenirs intenses d’une seule et unique nuit.
C’était une putain d’erreur, voilà tout. Mais c’était tellement bon, tellement exceptionnel, une baise comme je n’en avais jamais eu auparavant. Le genre d’étreinte puissante qui nous prend aux tripes et nous emmène loin dans la jouissance.
Afficher en entierJe comprends que nos vies ne seront plus jamais les mêmes à nouveau. Que le malheur frappe toujours lorsqu'on s'y attend le moins. Je pensais avoir payé une sorte de tranquillité aux yeux de la vie Spoiler(cliquez pour révéler)lorsque j'ai perdu ma jambe, mais le destin n'en a jamais assez. Le destin et l'injustice se nourrissent de ce type de douleur, de celle qui vous met à genoux, vous serre la poitrine à vous en couper la respiration tant la souffrance est forte et vous fait succomber.
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