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Les extraits appréciés par Angieblueyes

« – Vous rappelez-vous ce que je vous ai dit l’autre soir, devant l’entrée du Mémorial ? Que je ne voulais pas de vos bons sentiments ?

Ophélie hocha le menton.

– J’étais sincère, poursuivit-il d’une voix implacable. Je n’en veux pas.

Il se renfrogna, comme s’il avait un goût désagréable en bouche. Ses doigts firent valser son verre d’une main à l’autre avant qu’il se décide à le poser.

– Du moins, pas seulement.

Ophélie s’humecta les lèvres. Thorn n’avait pas son pareil pour la faire se sentir tour à tour glacée et brûlante.

– Vous ne…

– Pas de demi-mesure, la coupa-t-il. Je ne suis pas et je ne veux pas être votre ami.

[...]

– Je refuse de vivre avec l’impression continuelle de vous mettre mal à l’aise, enchaîna Thorn d’un ton abrupt. Si ce sont mes griffes qui vous rebutent… je suis conscient d’être peu attractif… cette jambe ne m’empêchera pas de…

Il balaya son front d’une main excédée, comme s’il endurait un véritable calvaire grammatical.

Toute la nervosité d’Ophélie disparut aussitôt. Elle se débarrassa de ses gants comme d’une ancienne mue. Les coups durs avaient abîmé Thorn et les dégâts étaient plus considérables au-dedans qu’au-dehors. Elle se fit la promesse de le protéger de tous ceux qui pourraient l’écorcher davantage, à commencer par elle.

Elle s’approcha de manière à bien se tenir dans son champ de vision. C’était une bonne chose qu’il fût assis, ça les mettait à égalité. Il tressaillit quand elle appuya ses mains nues de part et d’autre de son visage. "

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Elle embrassa ses cicatrices, d'abord celle qui fendait le sourcil, ensuite celle qui lui crevait la joue, enfin celle qui lui traversait la tempe. À chaque constat, Thorn écarquilla davantage les yeux. Ses muscles, à l'inverse, se contractèrent.

— Cinquante six.

Il désenroua sa voix d'un raclement de gorge. Jamais Ophélie ne l'avait vu aussi intimidé, en dépit des efforts qu'il déployait pour ne rien en montrer.

— C'est le nombre de mes cicatrices.

Elle ferma, puis rouvrit les yeux. Elle le sentit à nouveau, en plus violent encore, cet appel impératif qui lui venait du fin fond du corps.

— Montre-les-moi.

Le monde cessa aussitôt d'être mot pour se faire peau. L'ombre blême des moustiquaires, le clapotis de la pluie, les lointaines rumeurs des jardin et de la ville, rien de tout cela n'existait plus pour Ophélie. La seule chose dont elle avait une perception aiguë, c'était Thorn et elle, leurs mains défaisant l'une après l'autre chaque retenue, chaque appréhension, chaque timidité.

Ophélie avait passé ses trois dernières années à se sentir creuse. Elle était enfin complète.

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« Le froncement perpétuel des sourcils de Thorn se relâcha d’un coup ; pas assez, toutefois, pour effacer la crevasse en travers de son front.

– Vous croyez que c’est pour le monde que je fais ça ?

La tension qui lui électrifiait le corps s’amplifia aussitôt, contractant ses mâchoires et durcissant ses yeux. Ophélie réalisa alors que ce qu’elle avait toujours pris pour de la détermination était en réalité une véritable rage.

– Dieu a dit qu’il vous gardera à l’œil, murmura-t-il d’une voix suffoquée. Juste devant moi. Je fais un mari exécrable mais je n’autorise personne, et surtout pas lui, à harceler ma femme. »

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Elle se mordit la langue quand Thorn pressa sa bouche contre la sienne. Sur le moment, elle ne comprit plus rien. Elle sentit sa barbe lui piquer le menton, son odeur de désinfectant lui monter à la tête, mais la seule pensée qui la traversa, stupide et évidente, fut qu'elle avait une botte plantée dans son tibia. Elle voulut se reculer; Thorn l'en empêcha. Il referma ses mains de part et d'autre de son visage, les doigts dans ses cheveux, prenant appui sur sa nuque avec une urgence qui les déséquilibra tous les deux. Quand Thorn s'écarta finalement, le souffle court, ce fut pour clouer un regard de fer dans ses lunettes.

- Je vous préviens. Les mots que vous m'avez dits, je ne vous laisserai pas revenir dessus.

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Avant ton arrivée, j'étais comme un bateau, Amy..je dérivais n'importe comment. Et puis... soudain... tu étais là. Comme une île perdue au milieu de nulle part. Et quand j'ai compris que c'est là que je voulais être, eh bien..je me suis mis à jeter l'ancre tu vois?

En fait, je n’arrête pas de jeter des ancres, parce que je ne sais jamais si ça s'accroche quelque part où c'est stable. Un endroit bien solide. Alors j'envoie et j'envoie..parce que j'ai besoin d'avoir tous ces liens avec toi.

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