Les extraits appréciés par kelloggs
Il ne répond pas, jette son manteau sur mes épaules et me serre dans ses bras. Il m'embrasse sur le front. Une larme coule sur ma joue, puis une autre. Je ne peux plus les retenir, c'est le trop-plein des émotions contraires qui bouillonnaient en moi qui s'épanche sans que je puisse rien faire. Trop vécu trop jeune, et trop seule. Je ne mérite pas qu'on s'occupe de moi. Je ne comprends pas. Je n'ai besoin de personne.
On cherche l'amour, on croit le trouver. Puis on retombe. De haut. Mieux vaut tomber que ne jamais s'élever ? Tu fais de ta vie un calvaire. Des visages implorants, la solitude, des mains sales, un bébé qui pleure, la nuit, le néant... Le néant est une question de point de vue... Des bras m'enserrent et annihilent ma détresse, je sens une caresse dans mes cheveux, sur mes yeux qui me brûlent, sur mes joues inondées, sur mes lèvres avides. Je ne sais plus pourquoi je pleurais. Je ne pleure plus. Plus vraiment ? Ça coule toujours mais c'est parce que je ne peux pas l'arrêter. Je suis si bien. L'espoir renaît du fond du gouffre. Ré-illusionnée. Peut-être que ce sont des larmes de joie... Je ne sais pas.
Afficher en entierLe hall, la réception, la porte, je suis dehors. Personne. Je cherche un taxi. Pas de taxi. L'aube est glacée. Mon portable sonne. J'ai un message. Que peut bien me vouloir Gabrielle à cette heure-ci ? Une angoisse sourde m'étreint la gorge. Mes doigts engourdis par le froid ne parviennent pas à appuyer sur cette putain de touche. Le message défile enfin. Une phrase. Une seule. Je la lis. Je la relis. J'ai trop pleuré, je ne peux plus.
Je m'effondre.
Place Vendôme à sept heures du matin. Une fille à genoux qui mord sa main ensanglantée. Et qui hurle. Qui hurle une plainte incohérente. Comme si le désespoir avait pris forme. La forme d'un cri. Je crie la fin d'un rêve, je cris la fin du monde. Je crie la fin de l'homme que j'aime et qui s'est planté comme un con, en sortant de boîte, dans sa caisse à cinq mille balles qui n'a même pas été foutue de le préserver. Mort sur le coup. Mort. Je crie l'atroce réalité de cette vie de merde qui donne, et qui reprend. Je crie ce qu'on a vécu, ce qu'on aurait pu vivre encore. Je crie ce qu'il est. Etait. Ce qu'il aurait pu devenir. Je crie ma détresse, ma douleur, mon amour, mon amour, mon amour...
Afficher en entier- Est-ce que nous nous sommes embrassés, hier soir ?
- Oui.
- Eh bien, ça n'avait rien de mémorable ; je ne m'en rappelle absolument pas.
Alex éclate de rire.
- Je rigole. Non, on ne s'est pas embrassés. Quand on le fera, tu t'en rappelleras. Toujours.
Afficher en entier-Tu ne t'es jamais trompée auparavant ? dit Alex.
Il me dit ça comme si j'étais une blonde écervellée qu'est ce qu'il m'énerve !
-Bien sûr que si, par exemple la semaine dernière, j'ai acheté le gloss Bobbi Brown "fleur du désert" alors que la couleur "bouton de rose" aurait tellement mieux convenu à mon teint. Bref un vrai désastre ! lui dis-je sarcastiquement.
Me prend t-il au sérieux ou comprend t-il à ma voix que je me fiches de lui ?
-J'imagine bien.
-Et toi tu ne t'es jamais trompé ?
-Plus d'une fois. La semaine dernière, alors que je braquais la banque sur Walgreen, j'ai dit au caissier de me donner tous les biftons de 50 qu'il avait. En fait, j'aurais dû lui demander ceux de 20, parce qu'il y en avait bcp plus.
D'accord il a compris et m'a rendue la monnaie de ma pièce avec sa propre histoire ridicule.
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