Les extraits appréciés par manazeppeli
Il tenait dans le creux de sa main un pouvoir plus fort que les pouvoirs de l'argent, ou que le pouvoir de la terreur, ou que le pouvoir de la mort : le pouvoir invincible d'inspirer l'amour aux hommes.
Afficher en entierIls sont à peu près persuadés que le monde est fait pour eux ; que c’est une poire qu’ils gardent pour la soif ; qu’il n’y a qu’eux de spirituels, que tous les autres sont des sots, que le monde est comme une orange dont ils expriment le jus, quand ils en ont besoin ; qu’ils sont les maîtres de tout, et que si l’état actuel des affaires est digne d’éloges, ce n’est que grâce à eux, gens d’esprit et de caractère. Aveuglés par l’orgueil, ils ne se connaissent point de défauts. Semblables à ces fripons mondains, nés Tartufes et Falstaffs, si fourbes qu’à la fin ils arrivent à se persuader qu’il doit en être ainsi, ils vont répétant si souvent qu’ils sont honnêtes, qu’ils finissent par croire que leur friponnerie est de l’honnêteté. In-capables d’un jugement quelque peu consciencieux ou d’une appréciation noble, trop épais pour saisir certaines nuances, ils mettent toujours au premier plan et avant tout leur précieuse personne, leur Moloch et Baal, leur cher moi. La nature, l’univers n’est pour eux qu’un beau miroir qui leur permet d’admirer sans cesse leur propre idole et de n’y rien regarder d’autre ; ce pourquoi il n’y a lieu de s’étonner s’ils voient laid. Ils ont toujours une phrase toute prête, et, comble du savoir-faire, cette phrase est toujours à la mode. Leurs efforts tendent à ce seul but, et quand ils y ont réussi, ils la répètent partout. Pour découvrir de telles phrases, ils ont le flair qui convient et s’empressent de se les approprier, pour les présenter comme si elles étaient d’eux. La vérité étant souvent cachée, ils sont trop grossiers pour la discerner, et ils la rejettent comme un fruit qui n’est pas encore mûr. De tels personnages passent gaiement leur vie, ne se souciant de rien, ignorant combien le travail est difficile ; aussi gardez-vous de heurter maladroitement leurs épais sentiments : cela ne vous serait jamais pardonné ; ces gens-là se souviennent de la moindre attaque et s’en vengent avec délices. En résumé, je ne peux mieux comparer notre individu qu’à un énorme sac tout rempli, pour mieux dire bondé de sentences, de phrases à la mode et de toutes sortes de fadaises.
Afficher en entierIl est 1h30 quand j'arrive précipitamment à la maison. Mahtob m'attend dehors , la porte est fermée. De grosses larmes coulent de ses yeux.
- J'ai cru que tu étais partie en Amérique sans moi !
Comme il me tarde de lui dire ce qui nous arrive ! Mais maintenant plus que jamais, je dois lui cacher la nouvelle. L'heure est si proche...Il faut faire attention à trop de choses.Elle trouverait aussi difficile que moi de cacher son bonheur.
-Je n'irais jamais en Amérique sans toi
Afficher en entierDans chaque classe, même celle des plus âgés, les maîtres chantent une question et les élèves chantent la réponse en utilisant les mêmes mots. Pas le moindre écart, pas le plus petit changement dans l'inflexion des voix, pas de place pour une pensée personnelle ou un interrogation quelconque. Ceci est l'éducation qu'à reçue Moody enfant. Et, en réfléchissant là dessus, je comprends mieux pourquoi tant d'Iraniens sont capables de supporter l'autoritarisme. Pourquoi ils ont tous l'air incapables de prendre une décision.
Afficher en entierMahtob écoute avec attention chaque mot et je vois bien, dans ses pauvres petits yeux pleins de larmes, qu'elle essaye de comprendre. Une nouvelle frayeur court le long de mon dos meurtri. Un doute affreux. Et si Moody allait me tuer réellement ? Que se passerait-il pour Mahtob ? Est-ce qu'il la tuerait aussi ? À moins qu'elle ne grandisse en se pliant à ses exigences folles. Alors elle deviendrait comme Nasserine, comme Essey, enfermant son intelligence et sa beauté, son âme, son esprit, derrière un tchador.
Afficher en entierJe me dis que je suis en train de commettre une erreur, que je voudrais pouvoir sauter de cet avion à la minute. Je m’enferme dans le cabinet de toilette et jette un œil dans le miroir, pour apercevoir une femme au dernier stade de la panique. Je viens tout juste d’avoir trente-neuf ans, et à cet âge une femme devrait avoir sa vie en main. Je me demande comment j’ai pu en perdre le contrôle…
Afficher en entierMahtob… Elle est née il y a quatre ans. C’est une enfant au tempérament heureux. Volubile, attachante, elle montre un appétit de vivre étonnant. Nos rapports mère-fille sont exceptionnellement tendres et étroits. Elle a les mêmes avec son père. Et les mêmes avec son lapin en peluche. C’est une enfant dont le regard danse de gaieté. En farsi, langue officielle de la République islamique d’Iran, Mahtob signifie « Lumière de lune ». Mais pour moi, Mahtob, c’est un rayon de soleil.
Afficher en entier" Absolument ! Je l'ai traité de menteur. Et tu en es un aussi. Tous les deux vous passez votre temps à raconter des histoires...
Mon éclat de colère est coupé net par le terrible coup de poing de Moody. Il m'a touchée en plein visage du côté droit. Je reste un moment sans réaction, trop sonnée pour ressentir la douleur. J'entrevois Mammal et Nasserine qui entrent dans la pièce, curieux de l'incident. J'entends les hurlements terrifiés de ma fille. Et les malédictions enragées de Moody. Et puis la pièce se met à tourner devant mes yeux. Je trébuche jusqu'à la chambre à coucher, le seul refuge, dans l'idée de m'y enfermer jusqu'à ce que la colère de Moody se calme. Mathob me suit en pleurant. J'atteins la chambre, la petite sur mes talons, mais Moody est déjà derrière moi. Ma fille essaie de se glisser entre nous pour nous séparer, il la repousse si violemment qu'elle va valdinguer contre le mur, en hurlant de douleur. Et comme je tente de me précipiter vers elle, Moody me flanque sur le lit d'une bourrade.
Je me mets à crier : "Au secours, Mammal, aide-moi !" La main droite de Moody attrape mes cheveux et de l'autre il me martèle le visage, Mathob court à nouveau à mon secours, et à nouveau, il l'envoie valdinguer. J'essaie de m'accrocher à lui, mais il est trop fort pour moi. Il me gifle à pleine main, fou de rage :
- Je vais te tuer... Je vais te tuer !
Je lui donne un coup de pied, j'arrive à me dégager un peu de son emprise pour ramper plus loin. Mais il s'acharne sur mpon dos à coups de pied vicieux. Une douleur fulgurante me paralyse la colonne vertébrale. [...] D'un poing, il me frappe sans discontinuer, de l'autre main il me tire par les cheveux. Une gifle après l'autre, et les injures pleuvent. Il ne cesse de répéter "Je vais te tuer ! Je vais te tuer !" J'ai beau appeler au secours, ni Mammal ni sa femme n'interviennent. Pas plus que Reza ou Essey, qui m'entendent forcément à l'étage au-dessous.
Je ne sais pas combien de temps ça a duré. Il frappe. Je suis tombée dans une inconscience proche de la mort qu'il me souhaitait."
Afficher en entierMoody attrape sa fille par le bras, la retourne vers lui et lui donne un coup de pied.
-Non! Ne fais pas ça... Moody, ne fais pas ça!
Ma fille a hurlé de douleur et moi de terreur. Maintenant elle se débat en pleurant, gigote à tel point qu'elle parvient à se dégager à moitié pour s'accrocher de nouveau à moi. Je me mets entre eux, du moins j'essaye car il est bien plus fort que nous, et il la gifle à tour de bras, cogne sur les bras, sur les épaules, aveuglément. Chaque coup fait pousser des hurlements à Mahtob.
Je fais tous les efforts du monde pour tirer ma fille hors de sa portée, mais d'une seule calotte il la précipite contre le mur. Khanum Shaheen et quelques institutrices s'empressent de l'entourer pour la protéger. La pauvre gosse, terrorisée, essaie de s'enfuir, d'échapper au bras qui l'encerclent, mais les femmes la retiennent.
Alors il se retourne vers moi. La première gifle m'atteint en plein visage, je perds l'équilibre et tombe en arrière.
Il me fixe comme un fou furieux en criant :
-Je vais te tuer!
Afficher en entierEt vous vous demandez vous-même : Où sont passés tes rêves? Et vous hochez la tête et vous vous dites : Comme les années s'envolent vite ! Et vous vous demandez encore : Qu'as-tu donc fait de tes années? Où as-tu enterré la meilleure part de toi? As-tu vécu ou non ? Attention vous vous dires, attention, tout sur terre s'éteint.
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