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Un homme qui aime a-t-il meilleur goût qu’un qui n’aime pas ? Les pensées, dites-moi, les pensées ont-elles une saveur ?
Afficher en entierLes cadavres sont muets, même lorsqu’on les embrasse avec passion. Les baisers ne ressuscitent les amants que dans les contes.
Afficher en entierDans ces yeux-là, dans la bouche édentée ouverte sur un cri muet, toute l’innocence du monde. Toute la détresse. Et l’effarante démesure d’une question à laquelle nul ne peut répondre : pourquoi ?
Afficher en entierQue ces adieux sur les quais de gare sont donc éprouvants ! L’ambiance se prête aux épanchements outranciers et exacerbe les sensibleries. Mme Blum a insisté pour qu’on abrège. Elle a même omis d’embrasser Jonathan, le petit dernier de sa fille aînée…
J’aurais dû suivre ma première idée, se reproche, en y repensant, la volumineuse sexagénaire. Je voulais venir en taxi, afin de ne déranger personne et d’éviter les pleurs et les grincements de dents. Mais ma famille n’a rien voulu entendre. Cette sollicitude me touche, évidemment, mais rend la séparation tellement plus difficile…
Elle frissonne, relève, d’un geste machinal, le col de son manteau de zibeline.
Enfin, quand je vois comme ils m’ont gâtée, j’aurais mauvaise grâce à leur reprocher quoi que ce soit. Ce voyage leur a coûté un œil…
Afficher en entierLa cervelle apparaît, double hémisphère curieusement boursouflé, d’un blanc laiteux veiné de rouge. Elle pulse, au rythme des battements cardiaques. Au creux de ce magma visqueux, le contenu d’un être : présent, passé, avenir. La mémoire, le raisonnement, les facultés, les sentiments. Les sensations. Les pensées, les désirs, la connaissance. Le bien et le mal. L’amour.
Afficher en entierLa vie vous joue de ces tours, parfois ! En soulevant une fraction de seconde le rideau sur le destin qu’elle vous a refusé, elle se surpasse en cruauté.
Afficher en entierFace à l’atroce vertige de la réalité, les mots sont dérisoires.
Afficher en entierQuand la réalité s’avère trop insoutenable, fuir en soi est un acte de légitime défense. Les lagons de la schizophrénie sont le refuge ultime. Nul pouvoir, nulle oppression, aucune tyrannie – hormis la vôtre propre – ne peut vous y rejoindre, ni vous en expulser. C’est la patrie de la liberté suprême.
Afficher en entierL'anthropophagie – comme toute alimentation carnivore – n’est supportable qu’édulcorée. Ingérer de la mort, de la souffrance, de l’être, OK, à condition que cela ne se voie pas.
Afficher en entier— On bouffait des légumes, en ce temps-là, reprend le vieux Ben. Des fruits, des céréales, des racines. Pas des gens !
— Pas des gens…, murmure sir Henry.
Un tel paradis a donc existé ? Cela semble irréel…
— Pas des gens…, répète-t-il, comme en rêve.
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