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Le premier cas dont j’ai été témoin s’est produit dans un village isolé dépourvu de tout nom officiel.
Ses habitants l’appelaient « Nouveau-Dachang », sans doute plus par nostalgie qu’autre chose. Le « VieuxDachang », leur ancien village, existait depuis l’époque des Trois Royaumes, avec des fermes, des maisons et même des arbres qu’on disait centenaires.
Quand on a achevé la construction du barrage des
Trois-Gorges et que le niveau des eaux a commencé à monter, la quasi-totalité de Dachang avait déjà été reconstruite pierre par pierre un peu plus haut. Mais ce
Nouveau-Dachang-là n’avait plus grand-chose à voir avec un village normal… On en avait fait un « monument historique national ». Triste ironie pour ces pauvres paysans qui ont d’abord vu leur ville sauvée des eaux avant de s’en faire ensuite interdire l’accès
– sauf pour y faire du tourisme. C’est sans doute pour
ça que certains d’entre eux ont choisi de baptiser leur refuge flambant neuf Nouveau-Dachang. Une façon comme une autre de garder un lien avec le passé.
Personnellement, j’ignorais qu’un autre NouveauDachang pouvait bien exister quelque part, alors imaginez ma surprise lorsqu’on m’a appelé.
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