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Génération Z. Ils ont fait le ménage derrière eux.
Afficher en entierUne armée humaine a besoin de ravitaillement et d'équipement. Pas les zombies. Ni eau, ni nourriture, ni munitions, ni carburant, ni même d'air a respirer ! Pas de base arrière à bombarder, pas de dépôt de munitions... Et impossible de les assiéger et de les laisser crever de faim, comme ça. Enfermez-en trois cents dans une pièce, ouvrez la porte trois ans plus tard et ils sont toujours aussi dangereux.
Afficher en entierPour la première fois dans l'histoire de l'humanité, nous affrontions un ennemi qui nous avait déclaré la guerre totale. La vraie. Il n'avait aucune limite. Il ne négocierait jamais. Il ne se rendrait jamais. Il combattrait jusqu'au dernier, et vous savez pourquoi ? Parce que contrairement à nous chacun d'entre eux n'avait qu'un seul but dans l' existence : dévorer toute vie sur terre. Et ce genre d'ennemi nous attendait juste au-delà des Rocheuses. Voilà ce que nous devions combattre.
Afficher en entierSi l'enfer existe...[Il glousse à nouveau.] Je préfère ne pas trop penser à tous les braves cons qui m'y attendent...
Afficher en entierMalgré le nombre toujours croissant d’accidents de la route dus à l’alcool dans la région, la nuit était calme et l’hôpital silencieux. Les motos avaient de plus en plus de succès. À l’époque, on disait même que vos
Harley-Davidson tuaient plus de jeunes Chinois que la totalité des GI’s pendant la guerre de Corée. Vous imaginez donc mon soulagement après cette garde sans histoire. J’étais fatigué, j’avais mal au dos, aux pieds, et je comptais bien m’offrir une cigarette pour saluer le lever du soleil quand on m’a bipé. Le réceptionniste de service était nouveau et il n’avait pas entièrement saisi le dialecte de son correspondant. Il y avait eu un genre d’accident, ou quelqu’un était malade. Seule certitude, c’était-urgent-et-pouvait-on-envoyer-quelqu’un-auplus-vite-merci ?
Que pouvais-je faire ? Les jeunes docteurs sont encore des gamins ; pour eux la médecine est un moyen comme un autre de se remplir les poches, ils n’allaient certainement pas se déranger pour aider un nongmin. Je dois être resté révolutionnaire de cœur, je suppose. « Notre devoir est de nous sentir responsable
16 World War Z envers le peuple 1
. » Ces mots conservent tout leur sens
à mes yeux, vous savez… Et je me suis efforcé de ne pas les oublier alors que ma Deer 2 cahotait et crachotait sur ces routes épouvantables que le gouvernement promettait toujours de carrosser convenablement sans jamais les terminer.
J’ai eu toutes les peines du monde à trouver l’endroit. Le village n’avait aucune existence officielle, aucune carte ne le mentionnait. Je me suis égaré
à plusieurs reprises et j’ai dû demander mon chemin à des paysans qui persistaient à vouloir m’indiquer la ville-musée. Hors de moi, j’ai quand même fini par atteindre un petit rassemblement de maisons en haut d’une colline. Ils avaient vraiment intérêt à avoir une bonne raison de me déranger. Une pensée que j’ai aussitôt regrettée quand j’ai vu leur visage.
Afficher en entierLe premier cas dont j’ai été témoin s’est produit dans un village isolé dépourvu de tout nom officiel.
Ses habitants l’appelaient « Nouveau-Dachang », sans doute plus par nostalgie qu’autre chose. Le « VieuxDachang », leur ancien village, existait depuis l’époque des Trois Royaumes, avec des fermes, des maisons et même des arbres qu’on disait centenaires.
Quand on a achevé la construction du barrage des
Trois-Gorges et que le niveau des eaux a commencé à monter, la quasi-totalité de Dachang avait déjà été reconstruite pierre par pierre un peu plus haut. Mais ce
Nouveau-Dachang-là n’avait plus grand-chose à voir avec un village normal… On en avait fait un « monument historique national ». Triste ironie pour ces pauvres paysans qui ont d’abord vu leur ville sauvée des eaux avant de s’en faire ensuite interdire l’accès
– sauf pour y faire du tourisme. C’est sans doute pour
ça que certains d’entre eux ont choisi de baptiser leur refuge flambant neuf Nouveau-Dachang. Une façon comme une autre de garder un lien avec le passé.
Personnellement, j’ignorais qu’un autre NouveauDachang pouvait bien exister quelque part, alors imaginez ma surprise lorsqu’on m’a appelé.
Afficher en entierRÉGION DU GRAND CHONGQING,
FÉDÉRATION CHINOISE UNIE
[Avant la guerre, cette région comptait plus de trente-cinq millions d’habitants. Aujourd’hui, il en reste à peine cinquante mille. Le gouvernement privilégie les zones côtières plus peuplées, aussi les fonds levés pour la reconstruction ont-ils mis beaucoup de temps à atteindre cette partie du pays. De ce côté du fleuve Yang zi, il n’y a ni centrale électrique, ni eau courante, mais les rues sont propres et le « Conseil de sécurité » local prévient toute reprise de l’épidémie. Le responsable du Conseil s’appelle
Kwang Jingshu, un médecin qui, malgré son grand
âge et ses blessures de guerre, effectue toujours ses visites à domicile.]
Afficher en entierCette somme historique consacrée à la plus grande guerre de tous les temps doit sa genèse à un autre genre de conflit – beaucoup moins important et bien plus personnel –, entre la responsable de la Commission posttraumatique des Nations unies (CPTNU) et moi-même.
Mes études préparatoires pour ladite Commission avaient pourtant démarré sous les meilleurs auspices :
salaire confortable, accréditations multiples, traducteurs nombreux et disponibles (électroniques ou humains), petit – mais inestimable – transcripteur à activation vocale (un cadeau essentiel pour le plus lent dactylo du monde), autant de signes qui montraient bien à quel point on estimait mon travail dans les hautes sphères. Inutile, donc, de vous décrire ma stupéfaction quand j’ai appris que le rapport final en sabrait près de la moitié.
« C’est beaucoup trop humain », m’a expliqué la responsable de la CPTNU lors d’une de nos nombreuses conversations « animées ». « Trop d’opinions personnelles, trop de sentimentalisme, tout ceci est hors sujet. Ce qu’il nous faut, ce sont des faits précis, des schémas clairs, débarrassés de tout pathos. » Et bien entendu, elle avait raison. Le document final devait compiler données brutes et explications détaillées, bref, un rapport officiel objectif qui permettrait aux générations futures d’étudier les événements de cette décennie apocalyptique sans s’encombrer de
« pathos ».
Afficher en entierIntroduction
On lui a donné toutes sortes de noms : la Crise, les
Années noires, le Fléau rampant ; et d’autres plus modernes ou plus branchés, comme la Ze Guerre mondiale, voire la Première Guerre Z. À titre personnel, je n’aime pas beaucoup cette dernière appellation, dans la mesure où elle implique une Seconde Guerre Z. Pour moi, cette tragédie reste avant tout la Guerre des
Zombies, et si certains s’avisent à critiquer la rigueur scientifique de l’expression, je les mets au défi de trouver mieux pour désigner les créatures qui ont bien failli nous exterminer. Zombie. Un mot terrible, à la puissance d’évocation sans pareille, un mot capable de faire resurgir nos souvenirs les plus intimes, nos angoisses les plus profondes… Souvenirs et angoisses qui forment l’ossature du livre que vous tenez entre vos mains.
Afficher en entierComment les alliés ont-ils fait pour gagner la Seconde Guerre mondiale ? Pour ceux qui ont un minimum d'éducation, c'est le nombre qui a fini par faire la différence, le nombre et nos généraux bien sûr. Les plus ignorants eux, vous parleront des merveilles technologiques, des radars ou de la bombe atomique. Quiconque possède ne serait-ce qu'un vague semblant de compréhension de ce conflit vous les donnera, les trois vraies raisons : primo, la capacité à produire plus de matériel. Plus de balles, d'obus et de bandages que l'ennemi. Secondo, l'abondance de ressources naturelles pour le produire ce matériel. Tertio, les moyens logistiques pour acheminer les matières premières vers les usines, mais également les produits fini vers le champ de bataille. Les Alliés disposaient des ressources, de l'industrie et de la logistique de toute une planète. L'Axe, lui dépendait entièrement de ce qu'il réussissait encore à gratter à l'intérieur de ses frontières.
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