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"Croyez-moi, quelque amour qui semble vous charmer,
On n'aime point, Seigneur, si l'on ne veut aimer."
Afficher en entier"Elle se hâte trop, Burrhus, de triompher.
J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer."
Afficher en entierNÉRON
Vous vous troublez, Madame, et changez de visage.
Lisez−vous dans mes yeux quelque triste présage ?
JUNIE
Seigneur, je ne vous puis déguiser mon erreur :
J'allais voir Octavie, et non pas l'empereur.
Afficher en entierALBINE
Quoi ? tandis que Néron s'abandonne au sommeil,
Faut−il que vous veniez attendre son réveil ?
Qu'errant dans le palais sans suite et sans escorte,
La mère de César veille seule à sa porte ?
Madame, retournez dans votre appartement.
AGRIPPINE
Albine, il ne faut pas s'éloigner un moment.
Je veux l'attendre ici. Les chagrins qu'il me cause
M'occuperont assez tout le temps qu'il repose.
Tout ce que j'ai prédit n'est que trop assuré :
Contre Britannicus Néron s'est déclaré.
L'impatient Néron cesse de se contraindre ;
Las de se faire aimer, il veut se faire craindre.
Britannicus le gêne, Albine, et chaque jour
Je sens que je deviens importune à mon tour.
ALBINE
Quoi ? vous à qui Néron doit le jour qu'il respire,
Qui l'avez appelé de si loin à l'empire ?
Vous qui, déshéritant le fils de Claudius,
Avez nommé César l'heureux Domitius ?
Tout lui parle, Madame, en faveur d'Agrippine :
Il vous doit son amour.
AGRIPPINE
Il me le doit, Albine ;
Tout, s'il est généreux, lui prescrit cette loi ;
Mais tout, s'il est ingrat, lui parle contre moi.
Afficher en entier"J'embrasse mon rival mais c'est pour L'étouffer."
Afficher en entierActe 4 ; scène 3
<<J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer.>>
Néron à Burrhus
Afficher en entierNéron
J'embrasse mon rival mais c'est pour mieux l'étouffer
Afficher en entierAgrippine
Je le craindrais bientôt s'il ne me craignait plus.
Afficher en entierBurrhus: Plût aux Dieux que ce fût le dernier de ses crimes! (v.1768)
Afficher en entierBRITANNICUS
Rome met-elle au nombre de vos droits
Tout ce qu'a de cruel l'injustice et la force,
Les emprisonnements, le rapt et le divorce?
NERON
Rome ne porte point ses regards curieux
Jusque dans des secrets que je cache à ses yeux.
Imitez son respect.
BRITANNICUS
On ne sait ce qu'elle pense.
NERON
Elle se tait du moins : imitez son silence.
BRITANNICUS
Ainsi Néron commence à ne plus se forcer.
NERON
Néron de vos discours commence à se lasser.
BRITANNICUS
Chacun devait bénir le bonheur de son règne.
NERON
Heureux ou malheureux, il suffit qu'on me craigne.
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