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"Sans réfléchir, Keleana le prit dans ses bras et le serra contre elle.

Sam se figea mais, une seconde plus tard, referma ses bras sur elle. Elle le huma – odeur de sa sueur, âpreté de la pierre et de la poussière, parfum métallique de son sang – et Sam posa la joue sur sa tête. Elle ne put se souvenir – ne put honnêtement se rappeler – de la dernière fois que quelqu’un l’avait serrée dans ses bras. Non, une minute… Il y avait des années. Ben, le jour où elle était rentrée d’une mission avec deux heures de retard, une cheville foulée. Il était inquiet ; la garde royale avait failli la capturer et elle était très secouée.

Mais, bizarrement, l’étreinte de Sam était différente. Comme si elle avait envie de profiter de sa chaleur, comme si, pendant un instant, elle pouvait ne se soucier de rien ni de personne.

— Sam, murmura-t-elle, le front contre sa poitrine.

— Hum ?

Elle s’éloigna de lui, échappa à son étreinte.

— Si tu racontes à quelqu’un que je t’ai serré dans mes bras… je t’étripe.

Sam ouvrit la bouche, ébahi, puis rejeta la tête en arrière et éclata de rire."

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Rolfe tendit la main et Keleana regarda les tatouages de sa paume et de ses doigts quand le pirate serra la main robuste de Sam. La carte...La carte mythique tatouée sur ses mains au prix de son âme. La carte des océans du monde...La carte qui se transformait selon les déplacements des tempêtes, des ennemis et...des trésors.

- Bien entendu, tu n'as pas besoin de te présenter, dit Rolfe en se tournant vers Keleana.

- Non répondit-elle en se carrant plus confortablement dans le fauteuil, ce n'est pas la peine.

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Chapitre un

Dans la salle du conseil de la Forteresse des assassins, Keleana Sardothien s’appuya contre le dossier de son fauteuil.

— Il est plus de quatre heures du matin, dit-elle, ajustant les plis de son peignoir en soie rouge et croisant ses jambes nues sous la table. Il vaudrait mieux que ce soit important.

— Si tu n’avais pas lu toute la nuit, tu ne serais peut-être pas aussi épuisée, fit sèchement remarquer le jeune homme assis face à elle.

Elle ne releva pas et regarda les quatre autres personnes présentes dans la salle souterraine.

Rien que des hommes, beaucoup plus âgés qu’elle et refusant de croiser son regard. Un frisson sans lien avec les courants d’air de la pièce lui parcourut l’échine. Frottant ses ongles manucurés, Keleana força son visage à rester inexpressif. Les cinq assassins réunis autour de la longue table – elle comprise – comptaient au nombre des sept compagnons les plus proches d’Arobyn Hamel.

La réunion était incontestablement importante. Keleana l’avait compris à l’instant où la servante avait tambouriné à sa porte, affirmant qu’elle devait descendre sans prendre le temps de s’habiller. Quand on était convoqué par Arobyn, on ne tardait pas. Heureusement, ses vêtements de nuit étaient aussi élégants que ceux qu’elle portait pendant la journée… et presque aussi coûteux. Cependant, seule jeune fille de seize ans dans une pièce pleine d’hommes, elle garda un œil sur l’encolure de son peignoir. Sa beauté était une arme – dont elle prenait grand soin – mais pouvait aussi se révéler une fragilité.

Arobyn Hamel, Roi des assassins, occupait le bout de la table, sa chevelure auburn luisant dans la lumière du lustre en verre. Son regard gris croisa celui de Keleana et il fronça les sourcils. C’était peut-être à cause de l’heure matinale, mais la jeune fille aurait juré que le visage de son mentor était plus pâle que de coutume. Son estomac se noua.

— Gregori a été capturé, annonça finalement Arobyn.

Cela expliquait pourquoi il manquait une personne.

— Sa mission était un piège, poursuivit-il. Il est détenu dans les cachots du palais royal.

Keleana soupira. C’était pour ça qu’on l’avait réveillée ? Elle tapota le sol en marbre du bout de sa pantoufle.

— Tue-le, dit-elle.

De toute façon, elle n’avait jamais aimé Gregori. Elle n’avait que dix ans le jour où il avait lancé une dague en direction de sa tête parce qu’elle donnait des morceaux de sucre à son cheval. Elle avait intercepté l’arme, évidemment, puis l’avait renvoyée et, depuis, Gregori avait une balafre sur la joue.

— Tuer Gregori ? s’écria Sam, jeune homme assis à la gauche d’Arobyn… place généralement réservée à Ben, second du Roi des assassins.

Keleana savait parfaitement ce que Sam Cortland pensait d’elle. Elle le savait depuis leur enfance, depuis le jour où Arobyn l’avait recueillie et avait annoncé qu’elle serait – pas Sam – sa protégée et son héritière. Cela n’avait pas empêché Sam de lui mettre sans cesse des bâtons dans les roues. À dix-sept ans, Sam avait un an de plus qu’elle et savait qu’il occuperait toujours la deuxième place.

La présence de Sam à la place de Ben l’irrita. Ben, à son arrivée, étranglerait sans doute le jeune homme. Ou bien elle pourrait lui épargner cette peine et le faire elle-même.

Keleana regarda Arobyn ; pourquoi n’avait-il pas interdit à Sam de prendre la place de Ben ? Le visage d’Arobyn, toujours beau même si sa chevelure commençait à grisonner, était de marbre. Elle détestait ce masque indéchiffrable, d’autant plus qu’elle avait elle-même du mal à contrôler son expression… et son humeur.

— Si Gregori a été capturé, dit Keleana d’une voix traînante, en repoussant derrière l’oreille une mèche de ses longs cheveux blonds, la règle est simple : charger un apprenti d’empoisonner sa nourriture. Pas un poison qui le fera souffrir, ajouta-t-elle quand les hommes se crispèrent. Il faut seulement l’empêcher de parler.

Ce qui risquait d’arriver si Gregori se trouvait dans les cachots du palais. Presque tous les criminels qui y entraient n’en ressortaient jamais. En tout cas pas en vie. Et, en plus, horriblement mutilés.

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Elle s’accroupit et le sable crissa sous ses pieds quand elle tenta de le faire basculer.

Mais Sam, qui avait prévu son attaque, esquiva puis la saisit par les épaules et la projeta sur le sol.

Elle comprit qu’elle avait perdu avant même d’avoir brutalement heurté le sable. Il immobilisa ses poignets, à genoux sur ses cuisses pour l’empêcher de se redresser.

— Assez !

Ses doigts s’enfonçaient douloureusement dans ses poignets.

Une vague plus grosse que les autres les atteignit et les trempa.

Keleana se débattit, fléchit les doigts dans l’espoir de griffer, mais les mains de Sam étaient hors d’atteinte. Le sable bougea, lui fournissant un appui qui lui permettrait peut-être de retourner son adversaire. Mais Sam la connaissait… ses prises et ses ruses n’avaient aucun secret pour lui.

— Suffit, dit-il, le souffle court. S’il te plaît.

Sous la lumière de la lune, son beau visage était crispé, ses yeux dilatés.

— S’il te plaît, répéta-t-il d’une voix rauque.

Son chagrin et son accablement la firent réfléchir. Un fin nuage passa devant la lune, accentuant les angles robustes de ses pommettes, la courbe de ses lèvres, la beauté exceptionnelle qui avait fait le succès de sa mère. Très loin, au-dessus de sa tête, les étoiles scintillaient faiblement, presque invisibles dans la lueur de la lune.

— Je ne te lâcherai pas tant que tu n’auras pas promis de ne pas m’attaquer, dit Sam.

Son visage était à quelques centimètres du sien et elle sentit son souffle sur sa bouche.

Elle inspira péniblement, puis recommença. Elle n’avait pas de raison d’agresser Sam. D’autant moins qu’il l’avait empêchée, dans l’entrepôt, d’attaquer le pirate. Et que la présence d’enfants réduits en esclavage l’avait mis en fureur, lui aussi. La douleur faisait trembler ses jambes.

— C’est promis, marmonna-t-elle.

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