Livres
388 118
Comms
1 360 788
Membres
276 468

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

« – Savez-vous que le commissaire Farroux a eu le culot de me reprocher d’avoir tiré les vers du nez à cette crapule de Brochard ? Il appelle ça des aveux extorqués sous la contrainte !

– Et vous, comment appelez-vous ça ?

– Des questions bien posées. » [p.143]

Afficher en entier

« L’un d’eux, un jeune homme maigre de vingt-six ans, s’attira un succès particulier avec un pamphlet plein d’humour et d’intelligence dont le Régent et son goût ridicule pour l’ésotérisme faisaient les frais.

– Qui est-ce ? demanda discrètement Griffont à son voisin.

– Un nommé Voltaire, je crois.

Ce nom ne lui disait rien. » [p.70]

Afficher en entier

Située rue de Richelieu, en face de la Bibliothèque nationale et jouxtant le square Louvois, la Société de Bibliophilie Merveilleuse et Secrète avait pour but de recenser, collectionner, étudier et au besoin restaurer tous les documents français consacrés à la magie, à l'alchimie et à l'OutreMonde. En 1909, elle avait trente ans d'existence. Créée par voie de dons et de legs privés qui continuaient d'assurer son fonctionnement et d'augmenter son fonds, la S.B.M.S. accomplissait un excellent travail unanimement reconnu. Elle finançait des programmes de recherche, distribuait des bourses, subventionnait l'ouverture de départements "Merveilles" dans les bibliothèques municipales, s'enorgueillissait d'avoir établi une chaire d'Histoire outremondiale à la Sorbonne, ne comptait pas s'arrêter là et publiait, chaque trimestre, un bulletin faisant état de ses activités.

Afficher en entier

- Je viens, décréta la baronne.

- Pardon ?

- Je vais où va Louis. C'est à prendre ou à laisser.

- C'est très irrégulier. Cela pourrait poser de problèmes de procédure que...

- Prenez, conseilla Griffont. Prenez...

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le commissaire prit.

Afficher en entier

Après avoir rencontré Falissière au Premier, Griffont prit le métro à la station Saint-Paul. Mollement bercé, il traversa Paris d'est en ouest sur la ligne numéro 1 et descendit au terminus de la porte Maillot. Par un couloir de correspondance, il gagna un quai souterrain dont l'accès était gardé, dans une guérite, par un ogre en uniforme de contrôleur. Louis lui montra en passant sa chevalière du Cercle Cyan. Portant deux doigts énormes à sa casquette, l'ogre le salua d'un sourire qui se voulait chaleureux mais restait intimidant. Quel que soit l'air de bonhomie affichée, deux mètres cinquante de muscles compacts, un sourcil telle une épaisse chenille noire velue et une double rangée de dents pointues propices à déchirer la chair produisent immanquablement un sentiment mitigé.

Afficher en entier

Cécile de Brescieux habitait depuis peu un hôtel particulier qui, en réalité, appartenait au Cercle Incarnat. Superbe et élégamment vêtue de rouge, comme à son habitude, elle reçut Farroux, Griffont et la baronne dans un charmant salon.

— Bonjour, Isabel. Quelle surprise de vous revoir !

— Bonne, la surprise ?

— Bien sûr !

— Jolie robe. Vous sortiez ?

— Mais non.

— Ah.

Et l'enchanteresse gratifia Louis d'un regard qui disait en substance : Et pour qui ces efforts de toilette, à ton avis ?

Arrête avec ça, répondit Griffont sur le même mode en fronçant le sourcil.

La magicienne fit servir du thé et des petits gâteaux, puis elle livra un premier témoignage qui couvrait l'essentiel de ce que Farroux savait déjà.

— Ainsi, dit-il, Paul Tixier a été enlevé devant chez vous...

— C'était vers dix heures. J'attendais mon coiffeur en buvant une tasse de chocolat à ma fenêtre quand...

— Vers dix heures ? souligna Isabel sans égard pour le regard courroucé que lui adressa Griffont. Vos journées commencent tard...

— Libre à vous de ne pas consacrer le temps nécessaire à votre toilette, répliqua Cécile avec un sourire crispé.

— Tout dépend de l'ampleur du chantier.

Afficher en entier

Il était une fois le Paris des Merveilles...

Où l'on plante, pour la seconde fois, le décor d'un Paris qui n'exista jamais tout à fait.

Les contes d'autrefois, ainsi que les fabuleuses créatures qui les inspirèrent, ont une patrie. Cette patrie se nomme l'OutreMonde. Ne la cherchez pas sur une carte, même millénaire. L'OutreMonde n'est ni un pays, ni une île, ni un continent. L'OutreMonde est... un monde, ma foi. Là vivent les fées et les licornes, les ogres et les dragons. Là prospèrent des cités et des royaumes que nous croyons légendaires, au fil d'un temps qui s'écoule autrement.

Cet univers voisine avec le nôtre. Jadis, ils étaient si proches qu'ils se frôlaient parfois. Alors naissaient des passages fugitifs, des chemins de traverse déguisés, des ponts incertains jetés sur l'abîme ordinairement infranchissable qui sépare les mondes. Tel promeneur pouvait ainsi rencontrer, au détour d'un sentier perdu, une reine attristée caressant un grand cerf blanc dont une flèche perçait le flanc ; tel berger explorait une ravine et découvrait au-delà une vallée que la vengeance d'un sorcier condamnait à un hiver éternel ; tel chevalier solitaire passait, en quête de gloire, le rideau étincelant d'une cascade vers des régions inconnues où l'attendait l'aventure. Combien firent de semblables expériences ? Combien de poètes et ménestrels contèrent ces voyages ? Assez pour être entendus, sans doute. Trop peu pour être crus. A l'époque, déjà, les esprits sages niaient l'existence de l'OutreMonde et de ses prodiges. Et les mêmes, aujourd'hui, continuent doctement à vouloir peindre nos rêves en gris... Mais oublions les fâcheux et revenons à l'OutreMonde. Il existe bel et bien, et manqua de peu changer l'Histoire. Car que serait-il advenu si, au lieu de s'éloigner à jamais, ce monde et sa magie s'étaient au contraire approchés ? Que se serait-il passé si l'OutreMonde, à la faveur d'une conjonction astrale propice ou d'un caprice du destin, avait librement étendu son influence sur Terre pour l'imprégner de merveilles que le temps écoulé nous aurait bientôt rendues familières ?

Avec votre permission, admettons qu'il en fut ainsi et transportons-nous au début du XXe siècle, en France. Plus précisément, considérons notre capitale. Que voyons-nous ? Nous reconnaissons d'abord un Paris pittoresque et vieillot, celui de la Belle Époque. C'est donc le Paris des Grands Boulevards et des immeubles haussmanniens, des rues pavées et des réverbères à gaz, des quartiers populaires où rien ne semble avoir changé depuis Vidocq. Mais c'est aussi le Paris des premières automobiles, de l'Art nouveau triomphant, de la fée Électricité qui pointe le bout de son nez. Sur les murs s'étalent des réclames peintes : elles vantent en lettres immenses les biscuits LefèvreUtile, les pneumatiques Michelin et le cachou Lajaunie. Les messieurs ont de fières moustaches, des chapeaux melon, des canotiers ; les dames ont des corsets, des jupes et des jupons, des bottines à boutons. Déjà, de rutilants tacots pétaradent parmi les fiacres, les omnibus à impériale, les tramways attelés, les charrettes à bras, les cyclistes et les piétons intrépides. Dans les gares crachent, toussent et ronflent d'énormes locomotives à vapeur dont les sifflets, avant le départ, résonnent sous les toitures immenses. Du haut de ses vingt ans, la tour de M. Eiffel regarde une basilique pâtissière pousser au sommet de Montmartre. Çà et là fleurissent des marquises en verre et fonte verte protégeant les accès d'un chemin de fer métropolitain qui continue de s'étendre sous terre depuis que l'Exposition universelle a inauguré à la fois le siècle et une nouvelle ère.

Voilà pour Paris, en deux mots, tel qu'il fut. A présent, imaginez...

Imaginez des nuées d'oiseaux multicolores nichés parmi les gargouilles de Notre-Dame ; imaginez que, sur les Champs-Élysées, le feuillage des arbres diffuse à la nuit une douce lumière mordorée ; imaginez des sirènes dans la Seine ; imaginez une ondine pour chaque fontaine, une dryade pour chaque square ; imaginez des saules rieurs qui s'esclaffent ; imaginez des chats ailés, un rien pédants, discutant philosophie ; imaginez le Bois de Vincennes peuplé de farfadets cachés sous les dolmens ; imaginez, au comptoir des bistrots, des gnomes en bras de chemise, la casquette de guingois et le mégot sur l'oreille ; imaginez la tour Eiffel bâtie dans un bois blanc qui chante à la lune ; imaginez de minuscules dragons bigarrés chassant les insectes au ras des pelouses du Luxembourg et happant au vol les cristaux de soufre que leur jettent les enfants ; imaginez des chênes centenaires, sages et bavards ; imaginez une licorne dans le parc des Buttes Chaumont ; imaginez la Reine des Fées se rendant à l'Opéra dans une Rolle-Royce Silver Ghost ; imaginez encore de sombres complots, quelques savants-fous, deux ou trois sorciers maléfiques et des clubs privés de gentlemen magiciens.

Imaginez tout cela, et vous commencerez à vous faire une petite idée du Paris des Merveilles...

Pierre PEVEL

Afficher en entier

« La Spyker traversa parapet, partit dans le vide…

– QU’EST-CE QUE TU FAIS ? hurla Louis.

– DE LA PHYSIQUE APPLIQUEE !

… et se reçut sur le toit du dernier wagon de marchandise. » [p.174]

Afficher en entier

Les contes d'autrefois, ainsi que les fabuleuses créatures qui les inspirèrent ont une patrie. Cette patrie se nomme l'OutreMonde. Ne la cherchez pas sur une carte, même millénaire. L'OutreMonde n'est ni un pays, ni une île, ni un continent. L'OutreMonde est ... un monde, ma foi. Là vivent les fées et les licornes, les orgres et les dragons. Là prospèrent des cités et des royaumes que nous croyons légendaire, au fil d'un temps qui s'écoule autrement.

Afficher en entier