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Les extraits ajoutés par DYANE

Sétanta ne manquait pas d'humour et m'encourageait continuellement pour améliorer mes capacités. Ses manières étaient démodées. Il me traitait comme une lady et ne s'autorisait même pas à me tutoyer. Était-ce pour empêcher un quelconque rapprochement ou parce que son éducation était ainsi faite ? Ressentait-il cette tension, quand nous nous frôlions ? Songeait-il autant que moi à un duel plus torride et plus sensuel ?

Parfois, nos regards se croisaient et le temps s'arrêtait dans ce lieu sans passé ni présent. Je retenais mon souffle, escomptant un geste de sa part : j'espérais qu'il m'étreigne brusquement, qu'il enfouisse son visage dans mon cou, qu'il effleure mes lèvres de sa bouche. Je brûlais de désir, me consumais jour après jour, mais il se ressaisissait très vite et nous reprenions le combat.

D'autres fois, lorsqu'il m'aidait à me relever, je voyais sa mâchoire se contracter et je souhaitais secrètement que l'attraction qui me portait vers lui fût réciproque. Malheureusement, il se refermait aussitôt, coupant court à mes attentes. Je m'attachai de plus en plus à lui. Et je rêvais de me blottir contre lui, au lieu de batailler ainsi.

Le jour où Sétanta planta sa lourde lame dans la terre, je compris que son enseignement venait de s'achever.

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Subitement, un frisson glacé me secoue le corps. Je suis projetée violemment contre le carrelage. Le choc est rude. Au ralenti, je m'affaisse contre les parois de ma baignoire. Une odeur âcre me soulève le coeur. Un liquide chaud et poisseux coule le long de ma joue, puis de mon cou. Je tourne la tête et aperçois la traînée de sang. Dans un dernier hoquet, je perds connaissance.

La douleur disparaît, je me relève rapidement. Et là, je découvre horrifiée, mon corps sans vie. Suis-je morte ? Non, ce n'est pas possible. Je refuse cette éventualité. Quand soudain une voix douce me susurre dans mon oreille :

— Non, Luna, tu ne l'es pas. J'ai encore besoin de toi.

Je me tourne brusquement pour tomber nez à nez avec un fantôme :

— Qui êtes-vous ?

— Mon nom est Abigail.

— C'est vous qui m'avez poussée ?

— Oui. C'est également moi au cinéma. Mais ton corps refusait ma présence. Désormais, il est libre et je vais m'emparer de lui !

Je la regarde, ébahie :

— Vous allez prendre possession de mon être ?

— Oui, il le faut.

Dans un hurlement, je m'écris :

— Non !

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Extrait ajouté par DYANE 2013-04-05T10:27:59+02:00

Au moment même où j’atteins l’autre extrémité, j’entends un bruit de cailloux qui roulent. Je me retourne et je constate horrifié la situation. Malicia a dérapé et s’agrippe en criant.

- Dylan ! Aide-moi !

Je me couche sur le rebord et attrape son avant-bras. Quand vous voyez les films, ils rattrapent l’autre et hop le remette sur pied. Moi, au contraire, je glisse doucement, mais surement la rejoindre vers une issue fatale.

- Tu vas tomber, je suis en train de t’emporter ! Trouve où te raccrocher !

Facile à dire, il n’y a rien, nous sommes sur une plateforme totalement vide !

Je tends mon autre bras et la saisie à deux mains. Mon corps continue de glisser. Je suis irrésistiblement attiré par le grand vide.

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Ce matin, quand je suis réveillée, j'avais la main du petit garçon posée sur ma joue, alors je n'ai pas bougé pendant un long moment. J'ai profité de ce privilège, de cette plénitude. Ce geste c'était comme une bénédiction, un encouragement. Il me disait qu'on était sur le bon chemin.

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Extrait ajouté par DYANE 2011-11-05T11:42:56+01:00

Une fois chez Ether, nous entrons dans le salon. Il nous demande de nous asseoir à ses côtés sur des coussins et s’empare du précieux ouvrage. Il nous fixe intensément, comme ému.

— Ceci n’est pas un livre ordinaire, il raconte la vie et la mort d’un peuple merveilleux.

Sa voix est envoûtante et nous attendons, hypnotisés et impatients, qu’il ouvre le livre. Il tourne enfin la couverture et nous regardons, ébahis, des images sortir du livre tandis qu’il reprend la parole :

— Rassurez-vous, vous ne craignez rien, cependant, ce que vous allez vivre aujourd’hui vous changera à tout jamais.

Je recule anxieux, ma sœur me touche aussitôt le bras et m'apaise. Elle a toujours eu cet effet sur moi. Ether s’exclame :

— Toi aussi tu as un don Tya. Tu temporises les émotions. Calmez-vous et regardez...

Nous avons envie de nous enfuir, pourtant, les dessins qui sortent du livre paraissent si réels que nous restons scotchés à notre coussin. Ether reprend :

— J’ai commandé les gardiens de Bakéa chargés de la sécurité rapprochée du Roi Jainkoari et de l'impératrice Ama. Mon rôle a été de la plus haute importance, puisque j’ai assuré la garde de la famille royale. Ce monde a vécu en paix, protégé dans l’enceinte d’un château magnifique.

Les images s’extirpent du livre et nous nous retrouvons à l’intérieur des salles du palais aux côtés d’Ether. Il n’a pas changé, toujours aussi jeune, mais habillé différemment. Sa tenue est d’un blanc maculé. Il porte deux longues épées fines et toutes ciselées qui s'entrecroisent derrière son dos. Des rideaux transparents flottent au vent et un merveilleux parfum de fleurs variées nous parvient. Un écrin de verdure entoure ce joyau qui brille de mille feux. Des cascades immenses chantent et les arbres se balancent doucement au gré d’une brise légère. Nous voyons la Reine Ama se blottir avec amour contre son mari et admirer l’étendue bleue qui miroite au soleil. Elle caresse son ventre arrondi et sourit au Roi...

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Dans la boîte se trouvait un moineau mort dont on avait coupé la tête et lié les pattes avec du bolduc rouge, le même qu’on utilise pour décorer les cadeaux de noël. Une lettre avec des mots découpés dans du papier journal accompagnait ce douteux paquet.

« Je te prendrai ce que tu as de plus précieux, ce petit oiseau de paradis au sourire angélique et je me délecterai devant ton regard figé par la terreur. Le temps ne soulage pas le chagrin, tu en feras l’expérience toi aussi. »

Il tomba lourdement sur sa chaise. Il avait déjà reçu des lettres assez spéciales quand il vivait à Nantes. Des propos menaçants ainsi que des appels anonymes comme celui qu’il avait eu ce matin. Mais cette fois, la menace était précise. Pris de panique, il courut dans la chambre de Candice qui leva les yeux sur lui sans comprendre pourquoi son père avait l’air inquiet.

— Papa ?

— Ma chérie, gémit-il en la prenant dans ses bras tout en regardant autour de lui comme si un cambrioleur venant de s’introduire dans la maison.

— Papa, qu’est-ce qu’il y a ?

— Rien ma puce, pardon je… j’ai fait un rêve tout éveillé mais ça va mieux maintenant.

Il desserra son étreinte et repartit doucement de la chambre de la fillette. Dans la cuisine, le paquet trônait toujours sur la table, entouré des enveloppes que Frédéric n’avait pas encore ouvertes. Il décida de ne pas emmener sa fille à l’école cet après-midi-là et referma la boîte en carton pour que Candice n’en voie pas le contenu. Il récupéra l’emballage qu’il avait déjà jeté dans la corbeille à papiers et plaça le tout dans un sac en plastique qu’il referma soigneusement.

Il composa ensuite le numéro de la police pour faire part de son lugubre cadeau et l’agent qui prit l’appel lui répondit de se présenter au commissariat avec l’objet en question afin de porter plainte et éventuellement, demander à faire ouvrir une enquête.

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Voici mon poème préféré :

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma sœur,

Songe à la douceur

D'aller là-bas

vivre ensemble!

Aimer à loisir,

Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble!

Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux

De tes traîtres yeux,

Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,

Polis par les ans,

Décoreraient notre chambre;

Les plus rares fleurs

Mêlant leurs odeurs

Aux vagues senteurs de l'ambre,

Les riches plafonds,

Les miroirs profonds,

La splendeur orientale

Tout y parlerait

A l'âme en secret

Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté

Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l'humeur est vagabonde;

C'est pour assouvir

Ton moindre désir

Qu'ils viennent du bout du monde.

Les soleils couchants

Revêtent les champs,

Les canaux, la ville entière,

D'hyacinthe et d'or;

Le monde s'endort

Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

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Prologue

Lundi 8 heures

Ma main se pose doucement sur la vitre froide du bus tout embuée par les dizaines de bouches qui parlent à présent. Nous sommes en début de semaine et c’est l’heure de pointe. Je regarde les passagers tenter de trouver une place à chaque halte et se serrer les uns contre les autres. Les parfums se mélangent, les regards s’évitent, je soupire. Je m’exclus volontairement de cette vie, eux sont contraints de subir cette corvée continuellement.

Le lundi je me rends dans mon cabinet d’architecte et repars ensuite pour la semaine travailler chez moi. Je suis dessinatrice et crée des plans de maisons individuelles et de petits appartements.

Le dessin a toujours été ma passion et c’est tout naturellement que je me suis tournée vers cette voie.

Après avoir déjeuné, j’allume mon ordinateur et m’apprête à lire mon courrier. Tout en fredonnant une chanson, je supprime en premier lieu les nombreux Spams qui encombrent ma boîte aux lettres. J’ouvre en souriant le mail envoyé par mon frère Paul et découvre en pièces jointes les merveilleuses frimousses de Marie et Léa, ses jumelles de cinq ans avec leur mère Lise. Paul réside à Paris avec sa femme et ses deux enfants, je les vois peu. J’imprime aussitôt ces photos qui iront rejoindre celles de ma sœur Élodie. Cette dernière, vit à Perpignan avec son mari Pierre et leur jolie Sarah âgée de tout juste un an. Puis je me replonge dans mon labeur.

Mercredi 9 heures

Ce matin, comme tous les mercredis je me rends à la piscine. Je me suis imposée ce jour pour y aller régulièrement et avoir une activité sportive. À cette heure, la piscine est déserte.

J’aligne les longueurs avec délectation. Mon père nous a appris à nager très tôt et j’excelle dans ce domaine. Je souris à une dame d’un certain âge, qui comme moi est une habituée des lieux et replonge aussitôt.

Deux heures plus tard, je regagne mon appartement en pleine forme. Un couple passe tendrement enlacé. Je baisse les yeux. À vingt-cinq ans, aucun homme ne partage mon existence.

J’investis toute mon énergie dans mon emploi. Mon travail est intéressant et de plus, bien rémunéré ce qui constitue de nos jours un exploit !

Vendredi 9 heures 30

Une fois de plus je me suis couchée très tard afin de terminer un projet urgent qu’un client réclame. Ma vie est entièrement consacrée à mon travail. Mon agenda m’indique la fin d’une nouvelle semaine. Les années s’égrènent toutes lentement.

Mon univers s’est écroulé l’année de mes dix-huit ans, après les deux accidents qui ont coûté la vie successivement à ma sœur (ma confidente, mon amie, la gardienne de mes secrets) et mon père peu de temps après (un homme merveilleux, tendre, intelligent). Je ne m’en suis jamais remise. Je ne comprends pas la mort.

Je ferme les yeux et revois nos fous rires, pas toujours justifiés et l’amour inconditionnel de mon père. Il passait un temps infini à nous compter de belles histoires sur des mondes imaginaires.

Ma sœur et moi buvions ses paroles lovées contre lui.

Après ces deux drames, je me suis construit une forteresse pour ne plus souffrir. Mon frère et ma sœur sont beaucoup plus âgés et très éloignés. J’ai dû gérer seule mon chagrin et celui de ma mère. Ma famille compte énormément. Nous sommes si différents et pourtant si complémentaires. Nos chemins se sont séparés et à contrecœur, nous nous sommes moins vus.

Je secoue la tête pour chasser ces souvenirs, allume mon portable et me plonge dans le travail. Suis-je si différente des autres pour ne pas trouver le bonheur ?…

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