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Les extraits ajoutés par Diacys

"Si vous passez un jour à côté d'un SDF, ne vous arrêtez pas trop, vous pourriez vous reconnaître, car il suffit de peu de chose pour tomber dans le ruisseau du bitume. Mais n'ayez pas peur, ils n'ont jamais tué de journalistes, d'universitaires, de médecins ou de dessinateurs... Ils tuent leur propre temps."

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"La vie est une maladie chronique puisqu'on ne s'en sort pas, n'est-ce pas ?"

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L'empereur a pris Saragosse. Mille francs sont chargés de fouiller la ville, les synagogues et les mosquées. Avec des maillets de fer et des haches, ils fracassent les statues et toutes les idoles: il ne doit subsister ni sortilège, ni hérésie. Le roi croit en Dieu et veut le servir fidèlement. Les évêques bénissent les eaux et les païens sont conduits au baptistère. Si l'un d'eux fait mine de refuser, Charlemagne le fait pendre, bruler ou décapiter.

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Le bonnet renfoncé, le masque resserré, les lunettes calées sur l'arête du nez, la lampe frontale ajustée, c'est le cérémonial de la désinfection des mains et des avant-bras.

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Nous ne sommes pas un paquet de gens à soigner, nous sommes des êtres humains. Un médecin ne doit savoir compter que jusqu’à un, l’unicité de son malade, la valeur unique, singulière qui fait qu’aucun malade ne ressemble à un autre… et que tous doivent être aidés.

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Ce n’est pas vrai ; ce n’est pas possible ; il ne peut pas se passer ça. Le cerveau recherche des mécanismes de protection. C’est un cauchemar, c’est une très mauvaise plaisanterie, un film d’horreur.

Mais malheureusement, ce n’est ni une plaisanterie ni un cauchemar. C’est une tuerie. Des gens, des amis, plus que ça encore. Des gens de paix, des symboles de l’antimilitarisme, du refus des armements, des intellectuels, des gens de culture, une psychanalyste, des êtres merveilleux. Les mots étaient doux avant. Soudain, tous les mots du monde ont été assassinés. La douceur a disparu. Les mots deviennent sanglants.

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- Les gens pensent à tort que la vie est une longue ligne droite. La vie est un cercle, un maudit cercle qui tourne en rond. A la fin, tu te retrouves exactement à ton point de départ.

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Parfois il me semble que ce monde est déjà mort et que nous ne pouvons rien faire pour le sauver.

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" Au début, elle regarda les autres danser : les fantassins qui voltigeaient avec leur femme, les lavandières serrées dans les bras de quelque chevalier. Puis elle vit Ido venir vers elle, les joues rouges et les yeux brillants. Il lui fit une révérence et lui baisa la main :

- Si je me souviens bien, il y a quelques mois, quand nous nous connaissions à peine, tu m'avais accordé une danse. Je crois en avoir mérité une autre.

- Ce sera un honneur, chevalier. [...] "

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" - Tu pars demain, dit-elle.

- Eh oui... Il paraît que je suis guéri, murmura-t-il.

Ondine reste un long moment en silence, puis elle s'éclaircit la voix et prit une profonde inspiration :

- J'ai beaucoup réfléchi ces jours-ci, Sennar, déclara-t-elle, l'air déterminé. Je veux venir avec toi dans le Monde Émergé.

Sennar la regarda dans les yeux avant de répondre :

- Ondine, je...

Elle soutint son regard.

- Je vis dans un pays en guerre, tu le sais, poursuivit-il. Je dois commander l'armée de la Terre du Vent, c'est mon devoir. Je ne veux pas que tu voies ce qui se passe là-haut, je ne veux pas que...

- Arrête de dire des bêtises, l'interrompit la jeune fille d'une voix aiguë. Ne me prends pas pour une imbécile, Sennar !

" C'est elle qui a raison, songea le magicien. Elle m'a sauvé la vie, elle a toujours été à mes côtés. Elle mérite la vérité, pas ces mensonges pitoyables. "

Cependant il était comme paralysé. Il regardait le doux visage d'Ondine, et la voix mourait dans sa gorge.

Elle lui prit les mains :

- Veux-tu de moi, Sennar ? Je dois le savoir. Souhaites-tu que je vienne avec toi ?

L'eau coulait doucement dans la fontaine et le vent continuait à murmurer sa plainte.

Sennar ferma les yeux.

- Non, Ondine, dit-il dans un murmure. Demain, je partirai seul.

La jeune fille relâcha peu à peu son étreinte et ses bras retombèrent le long de son corps. Elle resta ainsi, sans dire un mot.

- Ondine, écoute-moi, je t'en prie. Je t'aime beaucoup, tu es une jeune fille merveilleuse. Tu m'as aidé, tu as été ma compagne dans cette aventure. J'ai très souvent pensé que ce serait beau de rester ensemble. Parce que je me sentais bien... parce que je me sens bien avec toi. Mais, au fond de moi, je sais que je ne peux pas.

- Tu te rappelles ce soir-là, dans ta cellule? dit-elle dans un filet de voix. Quand un homme embrasse une femme, cela veut dire qu'il l'aime. Pourquoi m'as-tu embrassée, Sennar ?

Le magicien sentit un noeud se former dans sa gorge :

- Parce que tu es belle comme peu de femmes le sont. Et spéciale. Et parce-que, après avoir vu tant de morts et de souffrance, j'avais besoin de...

Il s'interrompit avant de lâcher :

- Il y a quelqu'un dans le Monde Émergé auprès de qui je veux retourner, Ondine.

Elle se tint immobile, les yeux plantés dans ceux de Sennar.

- Je ne sais pas comment te l'expliquer, je ne peux même pas te dire si je suis amoureux de cette fille. Quand j'étais avec toi, je croyais l'avoir oubliée. Et puis j'ai compris que je ne voulais plus penser à elle parce que cela me faisait mal. J'ai compris que j'étais en train de me leurrer. Que je te leurrais, toi aussi.

La jeune fille serra les poings, et les larmes commencèrent à couler doucement sur ses joues sans qu'elle laisse échapper un sanglot.

Sennar tendit une main vers son visage, mais elle recula vers la sortie du jardin.

- Adieu, Sennar, dit-elle à mi-voix avant de s'éloigner sans se retourner. "

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