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Les extraits appréciés par OgDal

L’homme solide et fier que je connais se craquelle sous mes yeux, s’effondre en un tas de désillusions et de fatalité. Il ne me laisse qu’une enveloppe dépouillée, les chairs mises à vif par un couteau venu remuer les souffrances et le mal-être d’un gamin né sous une mauvaise étoile.

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—  Je ne veux plus jamais que tu doutes de toi comme tu l’as fait. Je ne veux plus que tu te dénigres ou que tu penses que tu n’es pas assez bien pour moi.

Il se penche et embrasse la courbe de ma mâchoire jusqu’à mon oreille. Un frisson se propage dans tout mon corps.

— Je suis le moins méritant de nous deux, crois-moi.

Je prends son visage en coupe et lui lance un regard peu amène. Il semble surpris, mais ne se dégage pas.

— Ne me tends pas des perches que tu ne  veux pas que je saisisse, Noah.

Contre toute attente, un sourire mutin fleurit sur sa bouche gourmande lorsqu’il appuie son bassin contre mon ventre.

— Très bien, mais peut-être que tu voudras saisir cette perche-ci.

C’est plus fort que moi : j’éclate d’un rire disgracieux au possible.

— Oh mon Dieu ! C’était vraiment la tentative de séduction la plus nulle que l’on m’ait faite ! 

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- J’ai besoin de soulager mes nerfs, Victoria, mais je ne sais pas si je dois courir après ce mec et lui coller mon poing dans la gueule ou si je dois te prendre contre ce mur.

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— Je m’en fous, riposté-je, ma voix montant dans les aigus. Je reste là, il faut… Je ne te laisse pas, c’est tout.

— Je n’ai pas besoin de toi, Victoria. Pas maintenant, pas après…

Noah me tourne si brusquement le dos que j’en sursaute, la gorgée nouée. Ses doigts agrippent ses mèches dorées dans un geste compulsif, tandis que ses épaules se meuvent au rythme de sa respiration erratique.

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- Ce soir, je serai la plus belle pour aller danser, danseeeer !

Victoria explose de rire devant le spectacle d’Alex, qui tournoie sur lui-même dans son costume avec un sourire idiot. Il massacre tellement la chanson de Sylvie Vartan que quelqu’un pourrait lui coller un procès, mais il s’en fiche complètement, bien décidé à détendre l’atmosphère. 

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Myrina Holmes, dans quel pétrin t’es-tu mise !

Je ne sais pas où est la chambre de Kel. Je renifle toutes les portes comme un clébard en m’évertuant à sentir son sillage olfactif récent, mais…

Bordel, voilà encore un Griffon à une intersection ! Vite, j’éteins mon portable et le range dans ma poche. Des mouches à merde, ces sales types. Ils sont partout ! Je n’ai pas le temps de faire demi-tour, en prime…

Oh non, ils murmurent, ils sont deux !

Je m’accroupis contre le mur en espérant qu’ils ne se retourneront pas et passeront leur route sans me voir. Les poings serrés sur mon couteau et mon revolver, prête à les dégainer en même temps, je bande les muscles au cas où je devrais me détendre comme un ressort pour les attaquer s’ils venaient à détecter ma présence. Les lourds pas des deux gardes se rapprochent de l’intersection. L’un d’eux rigole en sourdine à une blague de son camarade. Ils balayent les couloirs avec de puissantes lampes torches, comme les autres avant eux. Je retiens mon souffle et...

... un bras puissant crochète ma taille par-derrière tandis qu’une paume me bâillonne.

J’expédie aussitôt mon bras en arrière. Cependant, mon assaillant a les abdominaux si contractés qu’il ne sent rien. Comme s’il avait anticipé mon réflexe de défense ! Je balance la tête en arrière afin de lui éjecter un bon coup de boule pour lui péter le nez, mais là encore, il esquive en se tordant le cou. Au moment où je tente d’empoigner mon flingue et mon couteau, je sens qu’il me relève avant de me tirer violemment sur le côté. Une rafale qui m’emporte ! Mes pieds décollent du sol à mon insu et je suis entraînée de force dans une pièce minuscule. Je me débats en battant des jambes, griffant ses bras et mordant sa main aplatie contre ma bouche, mais mon adversaire resserre sa prise sur moi sans perdre sa maîtrise de lui-même. Il m’écrase contre un mur avec un léger grognement lorsque je plante mes crocs dans sa peau avec sauvagerie, dans le but de le faire saigner, voire de lui arracher un morceau de chair, puisqu’il est sous sa forme humaine et…

J’écarquille les yeux de stupeur.

Minute !!!

Je le reconnais, ce grognement !

Et le goût de son sang ne m’est pas inconnu !

Mon cœur loupe un battement avant de piquer une accélération brutale tandis que la porte d’un cagibi – il me semble – se referme furtivement sur nous. Nous sommes désormais immergés dans l’obscurité la plus totale.

— Putain. De. Traqueuse, siffle-t-il à mon oreille.

Il aurait pu m’insulter de bien pire, ça n’aurait rien changé au fait que je suis folle de joie d’entendre sa voix rauque vibrer au creux de mon tympan. Je tremble même d’émotion de le sentir de nouveau contre moi. Ses lignes dures épousant toutes mes courbes, sa chaleur incendiaire réchauffant ma peau sous mes fringues et… son odeur, que je n’avais pas pris le temps de flairer et d’identifier jusque-là. Si je n’étais pas autant bourrée d’adrénaline, j’en pleurerais. J’inspire par les narines, gorgeant mes poumons de son parfum. Mes griffes et mes crocs se rétractent.

Kel est là.

Ce n’est pas un rêve, cette fois.

C’est même la réalité la plus tangible qui existe.

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un sourire éthéré et sans joie traverse ses lèvres.

-je ne sais pas pourquoi tu ne me vois jamais comme tout le monde.

je réponds a son sourire et chasse une mèche de mes cheveux qui colle mon visage.

-parce que les autres ne savent pas regarder.

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En douceur, ils découvrent le tatouage qui représente le plus gros tournant de ma vie. Je ferme les yeux et laisse le silence nous envelopper. Mentalement, je visualise où passe son index.

Là, le long d’une aile orangée. Ici, sur les plumes majestueuses qui cavalcadent jusqu’au milieu de mon dos. Il effleure les courbes et les arrondis sans mot dire et avec un respect silencieux qui me serre la gorge.

— La renaissance n’est-elle pas plus douloureuse que la mort elle-même, mon petit phénix ?

— Si, avoué-je dans un murmure. Mais il existe pire que la mort : la perte de l’espoir.

C’est sans doute pour cette raison que je n’ai plus aussi peur de voler trop près du soleil. L’angoisse est tenace, mais elle ne me cloue plus au sol. C’est le principal, j’imagine

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L’une de ses mains s’empare tout à coup de ma tresse pour rompre notre échange langoureux avec autorité. Le Noah doux et patient s’est volatilisé, ne me laissant qu’un homme affamé et assoiffé de désir, le regard flamboyant et le souffle court.

— La chambre, formule-t-il d’un ton sans appel.

Toujours à la merci de l’intensité de ses prunelles, ma bouche se retrousse dans un sourire provocateur. Il approche son visage du mien et attrape ma lèvre entre ses dents sans me quitter des yeux. Il la relâche, avant d’ajouter d’une voix menaçante et suave :

— Je te jure, Victoria, que si tu comptes me faire mariner alors que j’ai passé deux jours à ressasser ce qu’aurait pu être la soirée de samedi, à t’imaginer nue et étendue sous moi, je vais définitivement perdre mon calme.

Je me demande où s’est carapaté mon tempérament pudique et réservé quand je me dégage de son emprise et que je susurre à son oreille d’une voix aguicheuse méconnaissable :

— Alors, montre-moi ce que tu as dans le ventre. 

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— Pas un mot. À moins que tu tiennes à me dire à quel point je suis une amie formidable, je ne veux pas t’entendre.

Raph lève ses mains en l’air en signe de reddition, même si son sourire moqueur en dit long sur ce qu’il pense. Je file derrière le bureau en comptant à rebours mentalement et dépose mes sacs dans un coin.

— Franchement, je suis quand même surpris que tu puisses encore marcher aujourd’hui, Tori.

Je pousse un cri excédé et attrape le stylo qui traîne près de l’ordinateur pour le lui balancer à la figure. Avec une hilarité diabolique, Raph esquive mon attaque et c’est Alex, qui pénètre tout juste dans la boutique, qui reçoit le projectile au milieu du front.

Après un court moment de flottement et d’immobilité, Raph éclate d’un rire sonore et irrépressible, tandis qu’Alex plaque sa main sur son visage avec un air complètement perdu. Je mords mon sourire et me précipite vers lui pour le serrer dans mes bras, alors que le fou rire larmoyant de mon meilleur ami s’éloigne au fond de la boutique.

— Je n’ai pas tout saisi, là, marmonne le pierceur.

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