Les extraits ajoutés par Pougal7
Je n’hésiterai pas à rentrer chez moi si tu refuses de respecter mes limites.
— Avec quelle voiture, exactement ?
— En Uber, s’il le faut. Ne me pousse pas, Chase. Je ne suis pas ta prisonnière.
— Pas plus que je n’étais le tien, murmurai-je.
— Je te demande pardon ? fit-elle en relevant vivement la tête.
— C’est marrant, je ne savais pas que c’était ton truc.
— Quel truc ?
— Le respect des limites.
— Quand est-ce que je n’ai pas respecté tes limites ?
Elle avait les yeux si grands ouverts que je pouvais y voir mon reflet tout entier.
Quand tu as fait de moi ton petit ami sans mon consentement.
Afficher en entierJ’avais fait un calcul grossier : si je la trompais, elle s’en irait, puis elle finirait par revenir (elles le faisaient toutes), et cette fois-ci, on se fréquenterait de manière plus occasionnelle sans le moindre attachement. Je n’étais pas un porc non plus. Je l’aurais installée dans un endroit plus sympa, je lui aurais acheté des choses chouettes. Ce que je ne voulais pas, c’était me poser. Se poser, c’était se contenter de quelque chose. Ce simple terme me dérangeait. On se contentait d’une voiture moche parce qu’elle suffisait à assurer la sécurité de sa famille. On se contentait d’un rencard barbant, histoire de pouvoir se taper la fille à la fin de la soirée. Mais quand il s’agissait de son existence tout entière, on ne pouvait pas se contenter de quelque chose.
Le problème, c’était que Mad n’était jamais revenue. Elle avait fait une scène, elle avait rompu avec moi et était partie pour de bon. Elle avait bien fini par m’envoyer un cadeau d’anniversaire, cela dit, sous la forme d’un sachet contenant les poils de Daisy et la dernière facture du véto (que j’avais été assez gentil, je tenais à ce que ça se sache, pour payer). Je me souvenais encore du mot qu’elle avait joint à la facture.
Chase,
J’ai fait stériliser Daisy. Je pense qu’on est tous les deux d’accord pour dire que rien de ce qui vient de toi ne devrait être en capacité de se reproduire. N’hésite pas à la régler le plus tôt qu’il te conviendra.
Madison
Afficher en entier— Pour de nombreuses raisons, répondit-elle, le souffle court, en claquant des doigts. L’abstinence. Faisons comme si je me préservais pour le mariage.
— Chérie, tu as fait des vocalises dans l’office, dans le jacuzzi, dans trois des chambres et dans la piscine quand on est venus à Noël dernier. Ta virginité ne pourrait pas retrouver le chemin de ton corps même avec une carte, une boussole et un GPS.
— Ils nous ont entendus ?
Elle écarquilla les yeux et rougit de plus belle. Il fallait reconnaître qu’elle était jolie quand elle rougissait. Elle avait des joues naturellement roses et une courbe douce de la mâchoire. Dommage qu’elle ait eu également la capacité à m’attirer dans une relation contre ma volonté.
— Oui, ma famille nous a entendus. Tout comme l’ensemble des habitants du Maine.
— Seigneur Jésus.
— Dis donc, on célébrait peut-être la naissance de J-C, mais c’est moi qui ai fait tout le travail.
— Je ne me souviens pas que tu t’en sois plaint.
— Ça aurait été difficile, étant donné que ma bouche était stratégiquement placée entre tes jambes.
Elle donna une tape sur mon torse nu avant de se retourner et de faire les cent pas
Afficher en entierJe retirai mon bras des épaules de Mad au moment même où elle faisait volte-face vers moi et m’écrasait le pied de toutes ses forces. Il me fallut une seconde pour me rendre compte qu’elle avait posé le pied sur le mien. Elle ne pesait rien du tout. C’était principalement du tissu et des accessoires qu’elle avait sûrement trouvés parmi les articles soldés chez Claire’s.
Afficher en entier— Merci, Chase. Je peux me débrouiller toute seule, intervint Madison avec un sourire tendu
.Et tu en auras sûrement besoin avec le crétin asexué avec qui tu sors.
— Tu as raison, ma chérie. Je sais d’expérience combien tu es douée pour ça.
Je haussai un sourcil d’un air suggestif, faisant référence à l’arsenal de sex-toys que j’avais trouvé un jour dans un tiroir de sa cuisine alors que je cherchais une cuillère à café. « Je rentabilise l’espace, d’accord ? avait-elle hurlé. C’est un studio ! »
Comme prévu, Madison devint aussitôt écarlate.
Afficher en entierJe me raclai la gorge, pénétrai dans la pièce et passai un bras autour de ses épaules.
Ce geste ne m’était ni familier ni agréable. Je ne l’avais jamais fait auparavant, même à l’époque où on se fréquentait. Madison avait de petites épaules étroites, ce que je n’avais jamais vraiment remarqué jusque-là. Le poids de mon bras entier sur cette femme paraissait trop lourd. Les autres hommes n’avaient évidemment pas de partenaires de la taille de Mad, ou alors ils les enseveliraient complètement. Comment j’avais pu me retrouver sur cette fille plusieurs fois par semaine, c’était un mystère pour moi. À cet instant, elle paraissait tellement fragile à côté de moi. Je décidai de ne pas poser le poids entier de mon bras sur ses épaules ; résultat, mon bras était comme suspendu en l’air à un centimètre de son corps. Ce n’était pas pratique, mais elle était minuscule.
Tellement minuscule qu’elle ne pouvait vraisemblablement pas compter pour une personne entière.
Techniquement, je n’avais qu’une demie ex-petite amie.
Admets que tu avais une putain de petite amie, espèce de trouduc grand format.
Afficher en entier— Katie meurt d’envie de te voir, et je ne crois pas que tu connaisses encore Julian, le grand frère de Chase, et sa femme Amber. Ils n’étaient pas là au Noël dernier. Ils l’ont passé dans la famille d’Amber dans le Wisconsin, déballa ma mère en prenant Madison par la main pour l’emmener à l’intérieur au bout de dix douloureuses minutes. Leur fille, Clementine, est un vrai petit ange et je peux vous dire qu’elle a la pêche.
— Très fruité, tout ça, couina Mad en se laissant entraîner par ma mère sans m’accorder un regard.
« Très fruité, tout ça. » Elle avait osé dire ça. J’avais été à l’intérieur de cette femme, à un moment donné. Qu’est-ce qui avait bien pu me prendre, bordel ?
Afficher en entierJe tapotai l’épaule de Madison en la regardant avec la chaleur d’un couteau à beurre. Il se pouvait que j’aie regardé quelques téléfilms afin de parfaire mon imitation du fiancé amoureux. Tout en courant sur mon tapis de course. Sans rire, le cardio était la seule chose qui m’avait permis de ne pas m’endormir devant ce déluge de conneries.
Afficher en entieret des lèvres tellement douces et charnelles que j’avais une demi-molle chaque fois qu’elles remuaient.C’est-à-dire chaque fois qu’elle parlait.C’est-à-dire sans arrêt.
Afficher en entierLa première chose que j’avais remarquée chez Madison Goldbloom, quand je l’avais croisée dans l’ascenseur de chez Croquis ? Ses magnifiques yeux noisette.
Bon. D’accord. C’étaient ses nibards. Et alors ?
Pour tout le monde, c’étaient probablement des nibards dans la moyenne, agréables à regarder. Ils étaient même modestement couverts par un col roulé blanc parfaitement convenable, quoique agressif pour les yeux, avec des motifs de rouge à lèvres ringards. Mais ils étaient tellement guillerets – si fichtrement dressés et ronds – que je ne pus m’empêcher de remarquer qu’ils avaient la taille parfaite pour mes mains.Afin de tester cette théorie, il fallait d’abord que je l’emmène boire un verre et dîner. Puisque la nature me forçait à lui courir après, j’emmenai Madison dans l’un des meilleurs restaurants de Manhattan le soir même sans regarder à la dépense – ou aux compliments – pour le seul bénéfice de ma recherche sur le ratio paume/nibards.(Qui s’avéra un succès. La science, bébé. C’est infaillible.)
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