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- T'es là haut, Moussaillon ?
Je croise les bras en levant les yeux au ciel. Je soupire. Quant va-t-il se décider à arrêter de me donner ce surnom idiot ?
Il monte lourdement à l'échelle de la vieille cabane dans l'arbre et ça m'énerve. Je sais que, comme toujours, il ne va pas me ficher la paix. Il est si embêtant. Et puis c'est un garçon. Berk.
Je ne détache pas les yeux du trou aménagé dans le toit de l'endroit que je préfère au monde. J'observe les étoiles dans le ciel au-dessus de moi - je trace visuellement les constellations - plutôt que de regarder dans la direction où la porte bricolée vient de s'ouvrir en grinçant, annonçant sa présence.
- Salut la p'tite.
Je serre les dents. Mon estomac fait des saltos quand j'entends sa voix et ça m'énerve. Et puis ce surnom idiot, comme s'il me considérait toujours comme une gamine, ce que je ne suis pas. Et puis il n'a que deux ans de plus que moi.
Les garçons sont tellement énervants. Et stupides. Et vulgaires.
Afficher en entierNon, mais c’est une blague ! Je tourne et je retourne entre mes doigts le faire-part carré et coloré. La même police de caractères. Le même motif en volutes ornant le haut et le bas. Sur du papier de lin gaufré ivoire. Le moindre élément de la mise en page est identique. Tous les petits détails sur lesquels j’ai passé des heures et des heures à cogiter comme pour tous les autres aspects de mon mariage. Je le retourne une fois de plus. Ouais ! C’est bien mon faire-part de mariage. Le même nom du marié – Mitch Layton. La même heure. La même destination : le paradis tropical des îles Turques-et-Caïques, aux Bahamas. Tout est pareil, sauf le nom de la mariée. Là, il est écrit Sarah Taylor. Ce qui n’est pas moi. En fait, le seul endroit où l’on peut lire Saylor Rodgers, c’est sur l’enveloppe. Je fais partie des invités. Je vérifie une fois de plus que c’est bien à moi que le faire-part est adressé, parce que, quand même, l’homme que j’ai plaqué une semaine avant notre mariage ne m’inviterait pas à son mariage. Avec une autre. Si ? Seulement six mois plus tard. Mais c’est bien ça. Mon nom. Mon adresse.
Afficher en entierJ'ai le sentiment d'aborder un nouveau chapitre de mon existence. Un chapitre différent dans lequel j'ai des besoins et des rêves et des passions. Alors que je peux vouloir les partager avec quelqu'un, je sais maintenant qu'il est aussi important de savoir que ce qui me rend heureuse c'est de rendre mon partenaire heureux.
Afficher en entierTu vois, en essayant de me rappeler le jour où j'ai su que j'étais amoureux de toi, je me suis aperçu qu'il y en avait trop pour en choisir un. Parce que je suis tombé, je tombe, amoureux de quelque chose de différent chez toi chaque jour, Mousse. Tu ne cesses de m'émerveiller.
Afficher en entierIl y a dix ans j'aurais deviné la réponse sans problème. Mais plus maintenant. Plus avec cette femme adulte, à la fois si différente et si semblable, qui se trouve à côté de moi.
Afficher en entier- Bon sang. Je t'aime.
Toutes les émotions enfermées en moi - l'espoir, l'amour, la peur, l'acceptation, l'humilité, le désir, le besoin - remontent et enflent lorsque j'entends ces mots.
Afficher en entier– Tu vois, en essayant de me rappeler le jour où j’ai su que j’étais amoureux de toi, je me suis aperçu qu’il y en avait trop pour en choisir un. Parce que je suis tombé, je tombe, amoureux de quelque chose de différent chez toi chaque jour, Mousse. Tu ne cesses de m’émerveiller. Et chaque fois je te vois sous un jour nouveau. Alors je t’ai amenée ici aujourd’hui parce que c’est toi, Saylor. Ça l’a toujours été. Et je n’attendrai pas un jour de plus pour te le dire.
Afficher en entierHayes Whitley me manipule comme un Rubik's Cube. Il le faisait autrefois et il le fait toujours. Il m'a changée. A transformé le naïf puzzle compact aux couleurs vives que j'étais avant et m'a laissée en vrac, toute désorganisée. Je ne suis qu'un mélange d'émotions contradictoires quand il s'agit de lui. Et j'ai beau essayer de toutes mes forces de revenir à cet état compact dans lequel j'étais avant lui, je sais que ce sera toujours impossible.
Afficher en entierEt alors que je devrais paniquer, alors que je devrais penser à tout ce que cela signifie et que je sais déjà que je vais souffrir d'une façon ou d'une autre, je ne le fais pas. Au contraire, je m'abandonne à ce baiser. À lui. J'oublie tout ce qui nous entoure. Tous les invités personnel que j'ai entendus il y a quelques instants.
Il n'y a plus que moi.
Et Hayes.
Et la seule chose qui m'avait vraiment manqué sans que je m'en rende compte jusqu'ici, cette sensation incomparable que c'est bien. La complexité des sentiments que j'éprouvais à l'époque - même pour une ado qui ne comprenait rien de plus que le ici et maintenant avec des idées d'éternités dans son esprit naïf.
Mais c'est ce que je ressens en ce moment. Je m'en rends compte, à présent.
Afficher en entierParce qu'elle est superbe. Et une vraie femme. Et pourtant, malgré les années qui ont passé, cela me semble naturel. Le fait d'être ici avec elle. Cette sensation qu'elle me connaît toujours mieux que quiconque alors que ce n'est pas possible.
C'était vrai à cette époque-là, pourtant. Elle pouvait terminer mes phrases. Elle m'avait aimé d'un amour inconditionnel. M'avait encouragé à aller à la poursuite de mes rêves en dépit de mes doutes.
Jusqu'à ce que je laisse mes rêves me consumer. Nous séparée. Me pousse à la quitter.
À nous quitter.
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