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Extrait de Aeternia, Tome 1 : La Marche du Prophète ajouté par Lust 2017-01-11T11:48:13+01:00

S'il y avait quelque chose de logique dans la religion, on le saurait.

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- Je ne sais pas comment ils s’y retrouvent, reprit Desmeon, qui voyait pour la troisième fois la même statue au même carrefour. Il faut être éclaireur ou devin pour s’orienter, ici !

- C’est la même, tu es sûr ?

- « Kadahen la chasseresse », c’est écrit dessus. Je ne sais pas qui c’est, mais je peux te dire que c’est la même : je reconnais ses fesses.

- Parce que tu regardes aussi les fesses des statues !

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- Ils ont tué ta famille, c’est ça ? fit la voix dans son dos. C’est très triste, champion, mais t’es pas le seul. Rien que cet après-midi, tu as fait cinq veuves et dix orphelins.

La gorge serrée, Leth Marek avala douloureusement sa salive. C’était horrible, inacceptable, mais c’était vrai.

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Extrait de Aeternia, Tome 1 : La Marche du Prophète ajouté par Lust 2017-01-09T17:14:54+01:00

Entendre l'oeil, c'est quand même un drôle de concept.

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Extrait de Aeternia, Tome 1 : La Marche du Prophète ajouté par Lust 2017-01-02T12:10:50+01:00

-Dans ce cas, je ne comprends pas pourquoi tu la protèges.

-Parce qu'elle n'a rien fait. Et parce que le jour où je regarderai trois trous du cul comme vous lyncher un femme sans lever le petit doigt, je serai la dernière des merdes.

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2

Ils avaient quitté Morgoth à l’aube. Longtemps, la ville s’était découpée à l’horizon, perchée sur son pic rocheux, comme pour les regarder partir. Jusqu’à la grande forêt de l’Ouest, où la petite caravane s’était engagée, non sans avoir fait le plein de provisions au dernier village. Quatre jours en pleine forêt, le chemin le plus direct pour les basses terres, que la plupart des voyageurs évitaient en raison du brigandage. Mais Leth Marek n’avait peur de rien, et surtout pas des pouilleux qui rançonnaient les marchands.

– Vous êtes sûr, messire ? Rien ne nous presse…

– Sûr et certain, Yen. Sûr et certain.

Intendant, mais aussi veilleur et cocher, Yen était l’épine dorsale de la demeure de Leth Marek. C’était un gros homme jovial, barbu, avec une bedaine si énorme qu’on aurait cru qu’il attendait un enfant. Il dirigeait les domestiques, filtrait les visiteurs, portait les messages. À l’heure du départ, il avait tenu à suivre son maître, n’imaginant pas entrer au service d’un autre, et cette décision avait entraîné le reste de la petite famille. Erna, la lingère, veuve depuis peu, avait suivi à son tour, promettant qu’elle s’occuperait des garçons comme des enfants qu’elle n’avait jamais eus. Gehnon, le jardinier, un grand dadais un peu simplet, leur avait emboîté le pas sans hésiter, craignant de ne jamais retrouver de travail. Quant à Herman, le palefrenier, il était du haut de ses vingt ans avide de découvrir le monde, et Kyrenia le fascinait. Seul Elvard, le fidèle armurier, avait été dissuadé de faire le voyage, car il ne serait plus d’aucune utilité arrivé à destination… Leth Marek n’ayant plus que l’ambition d’être père de famille, il avait revendu jusqu’à son armure, trop encombrante pour être emportée en souvenir. De vingt ans d’arène, il ne lui restait qu’une hache enveloppée dans une couverture au fond d’un chariot.

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1

Respirer. Ne plus penser à rien. Sentir sous ses doigts le manche rugueux de la hache, planter son talon dans le sable de l’arène, fermer les yeux et attendre. Oublier le murmure de la foule, la chaleur qui montait du sol, le claquement des bannières au sommet des gradins. Se recueillir, comme pour une prière. Un rituel si familier qu’il en devenait presque apaisant, quelques secondes à peine avant le choc des armes. Mais, cette fois, Leth Marek ne put s’empêcher d’ouvrir les yeux, car c’était la dernière.

Sans se détourner de la herse qui se levait devant lui, il embrassa du regard cette arène qu’il connaissait si bien, la grande arène de Morgoth, avec ses murs hauts de six mètres, ses gradins noirs de monde et ses statues monumentales aux visages érodés par le temps. Des dieux oubliés, qui avaient vu tomber la pluie, la neige et les hommes, pendant des siècles… Cette arène était là depuis toujours, bien avant la ville, quand Morgoth n’était encore qu’un village, quand la mémoire des hommes ne se transmettait que par les récits des anciens.

Dans la tribune princière, protégée du soleil par un dais de velours écarlate, une cinquantaine de notables s’entassaient dans un espace prévu pour dix. Et dans les gradins, la populace débordait, refoulée par vagues dans les escaliers, tandis que les plus audacieux se hissaient sur le socle des statues. Car tout le monde voulait assister à la chute du dernier champion de Morgoth.

Leth Marek plissa les yeux. Son titre lui offrait la place d’honneur, face à la tribune, mais à cette heure il était aussi face au soleil, et ce détail pouvait lui coûter la vie. Là-bas, piétinant d’impatience sous la herse qui se levait, son adversaire attendait. Agvarion. Le fameux Agvarion. Le prodige, l’imbattable, la coqueluche de Morgoth, celui que les nobles s’arrachaient, le couvrant de cadeaux, de bijoux et d’honneurs. Un conseiller du palais l’avait pris sous son aile, finançant son équipement et même une magnifique demeure, avec écuries et domestiques. Avant même qu’il n’emporte le titre… Les temps avaient bien changé.

À l’instant où Agvarion fit enfin son entrée dans l’arène, le bourdonnement de la foule se transforma en clameur. Il était impossible de distinguer son visage à contre-jour, du reste il rabattit sa visière avant de saluer lentement, bras croisés sur sa poitrine. Ce seul geste enflamma l’assistance, et le mot de « champion » se mit à courir comme un incendie de forêt. Pour ce jeune loup aux dents longues, c’étaient les dernières secondes d’une longue année d’attente, plus de quarante combats au cours desquels – disait-on – il n’avait jamais été blessé. Il avait fait tomber, un à un, tous les grands noms du moment. Entre lui et le titre, il n’y avait plus que Leth Marek.

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- Si on m’avait dit qu’un morceau de volaille me mettrait dans cet été, répondit le champion en humant ce festin.

- C’est le miracle d’Ochin. Avant, tu avais une bonne vie et tu faisais la gueule, aujourd’hui tu manges de la merde et tu es content !

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L’ambition, comme une vague, peut très bien se briser sur un écueil.

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- Ton champion ne perdra pas, répondit Nahel Amon, rassurant. Les oracles nous sont extrêmement favorables.

- Ils l’étaient aussi pour d’expédition de Ridan. Il faut croire que les oracles ne tiennent pas compte des abrutis.

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