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Peut-être que ces histoires de bons ou mauvais amis, cela n'exsite pas; peut-être n'y a t-il que des amis, un point c'est tout, c'est-à-dire des gens qui sont à vos côtés quand ça va mal et qui vous aident à ne pas vous sentir trop seul. Peut-être vaut-il toujours la peine d'avoir peur pour eux, d'espérer pour eux, de vivre pour eux. Peut-être aussi vaut-il la peine de mourir pour eux, s'il faut en venir là. Bons amis, mauvais amis, non. Rien que des personnes avec lesquelles on a envie de se trouver; des personnes qui bâtissent leur demeure dans votre coeur. (p188)
Afficher en entierOn peut vivre avec la peur, aurait dit Stan, s’il l’avait pu. Peut-être pas toujours, mais en tout cas longtemps, très longtemps. Mais c’est ce scandale offensant avec lequel on ne peut vivre, parce qu’il ouvre une brèche dans votre rationalité ; si l’on se penche dessus on s’aperçoit qu’il existe là au fond des créatures vivantes dont les yeux jaunes ne cillent jamais, qu’il en monte une puanteur innommable et on finit par se dire que c’est tout un univers qui se tapit au cœur de ces ténèbres, avec une lune carrée dans le ciel, des étoiles au rire glacial, des triangles à quatre côtés, sinon cinq, si voire encore cinq à la puissance cinq.
Afficher en entierMais Eddie ajouta doucement : « Il y a des trucs qu’il faut faire, même si c’est risqué. C’est la première chose importante que j’aie apprise et que je ne tienne pas de ma mère. »
Afficher en entier« Oh, Eddie, je t’adore ! » lui dit Beverly ; Eddie lève les yeux, surpris, mais toujours souriant. Du regard, elle fait le tour de la table. « Je vous aime TOUS, ajoute-t-elle.
- N-Nous t’aimons au-aussi, B-Bev, murmure Bill.
- Oui, convient Ben, nous t’aimons. » Ses yeux s’agrandirent légèrement, et il rit. « Je crois que nous nous aimons tous les uns les autres… Imaginez-vous à quel point ce doit être rare ? »
Afficher en entierQuand Mike Hanlon arriva, en début d'après-midi, il trouva Ben qui étayait le trou et Richie qui faisait une pause cigarette. ("Mais tu n'as pas de cigarette", avait objecté Ben. "Ça ne change rien au principe", avait rétorqué Richie. )
Afficher en entierDonc , pars vite , éloigne-toi vite alors que disparaissent les dernières lueurs , éloigne-toi de Derry , du souvenir...mais pas du désir. Celui-là reste , éclatant camée de tout ce que nous fûmes et de tout ce que nous crûmes , enfants , de tout ce qui brillait dans nos yeux , même lorsque nous étions perdus et que le vent soufflait dans la nuit.
Éloigne-toi , et tâche de garder le sourire au volant. Trouve un peu de rock and roll à la radio , et va vers la vie qui t'attend avec tout le courage et toute la foi que tu pourras trouver en toi . Sois honnête , sois courageux , fais face .
Tout le reste n'est que ténèbres .
Afficher en entierIl pense à Silver, qu’il a laissée appuyée contre le mur du garage de Mike. De fil en aiguille, il pense à cette journée où ils s’étaient tous retrouvés (à l’exception de Mike) dans les Friches, et où chacun avait de nouveau raconté son histoire : le lépreux sous le porche, la momie qui marchait sur la glace, le sang dans le lavabo, les enfants morts du château d’eau, les photos qui s’animaient, le loup-garou qui poursuivait les petits garçons dans les rues désertes.
Ils s’étaient enfoncés plus profondément dans les Friches, se souvient-il, en cette veille de fête nationale du 4 Juillet. Il faisait chaud en ville, mais plus frais à l’ombre de la végétation luxuriante de la rive est de la Kenduskeag. Il se rappelle qu’il y avait à proximité l’un de ces cylindres de béton qui bourdonnait pour lui-même, comme la photocopieuse venait de ronronner pour la jolie jeune fille à l’instant. Il évoque tout cela et aussi comment, une fois les récits terminés, tous se sont tournés vers lui.
Ils avaient attendu de lui qu’il leur dise ce qu’ils devaient faire, comment procéder ; et lui n’en savait rien. Son ignorance l’avait rempli d’un sentiment de désespoir.
Afficher en entierLe garçon tient la porte ouverte pour la jeune fille. Ils passent dans le vestibule, se rapprochant, et Bill est prêt à parier ses droits d’auteur sur le livre que ce Billy tient sous le bras, qu’il lui a volé un baiser avant de gagner la porte d’entrée. Bien fou si tu ne l’as pas fait, mon petit Billy. Et maintenant, ramène-la chez elle sans traîner. Sans traîner !
Mike l’interpelle : « Dans une minute je suis à toi, Grand Bill. Je finis de ranger ça. »
Bill acquiesce et croise les jambes. Sur ses genoux, le sac en papier fait un bruit de froissement.
Afficher en entier– Il ne voudrait sûrement pas d’un couple aussi moche que vous, rétorque Mike, mais faites tout de même attention.
– Nous ferons attention, Mr. Hanlon, répond Mary sérieusement, en donnant un léger coup de poing à l’épaule de son compagnon. Allez, viens, espèce d’affreux », ajoute-t-elle avec un petit rire. Son geste la transforme : elle n’est plus tout à fait la collégienne mignonne et vaguement désirable d’il y a un instant, mais plutôt la pouliche nullement gauche qu’était Beverly Marsh à onze ans… et quand ils passent, Bill est troublé par sa beauté…, il a peur ; il voudrait dire au garçon, très sérieusement, qu’il ne doit passer que par des rues bien éclairées et ne répondre à aucune voix en rentrant chez lui.
On ne peut pas être prudent sur un skate, m’sieur, murmure une voix fantôme dans sa tête. Et Bill a un sourire d’adulte, un sourire lugubre.
Afficher en entierLe garçon prend son roman de William Denbrough et va rejoindre la jeune fille en jupe écossaise ; elle vient de finir, et il range les pages photocopiées.
« Tu n’as qu’à laisser ce tiré à part sur mon bureau, Mary, lui dit Mike. Je le rangerai. »
Elle lui adresse un beau sourire. « Merci, Mr. Hanlon.
– Bonsoir, Mary, bonsoir, Billy. Rentrez directement chez vous, les enfants.
– Le père Fouettard vous attrapera si vous ne faites pas attention ! chantonne Billy, le maigrichon, en passant un bras de propriétaire autour de la taille mince de la jeune fille.
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