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Elle riait , certes, mais non pas parce qu'elle était amusée. Certes , il y avait bien quelque chose de marrant dans cette scène , mais elle riait avant tout car elle éprouvait des sentiments de révulsions et d'horreur mêlés. Elle riait car elle ne trouvait aucun autre moyen de réagir face à la situation.
Afficher en entierPartir de Kansas Street en direction de la décharge municipale , c'était un peu comme entrer dans une ceinture d’astéroïdes démente . La ceinture d'orduroïdes. Tout d'abord , on ne remarque rien sur le sol spongieux sur lequel foisonnaient buissons et arbustes , puis on tombait sur un premier orduroïde : une boite de conserve rouillée ayant autrefois contenu de la sauce à spaghetti , peut-être, ou une bouteille de limonade sur laquelle grouillaient des bestioles attirées par les restes de sucre; un fragment de papier d'aluminium , pris dans des branchages , envoyait des reflets de soleil. On pouvait voir un ressort de matelas (ou trébucher dessus, si on ne faisait pas attention où l'on mettait les pieds ) , un gros os à demi rongé , amené et abandonné par un chien .
Afficher en entierSoudain à la stupéfaction générale , elle se met à pouffer de rire comme une enfant, et ses joues deviennent toutes roses . Elle rit jusqu'à ce que les larmes lui viennent aux yeux .
"Bon Dieu , qu'est ce qu'il y a, Beverly? demande Richie. On aimerait connaître cette bonne blague !
-Oh , pour une blague , c'en était une , d'accord . Une blague , mais je crois qu'ils auraient pu me tuer s'ils avaient su que j'avais vu .
-Je m'en souviens maintenant ! s'écrie Ben en se mettant aussi à rire. Je me rappelle que tu nous l'as raconté !"
Toujours secouée d'un irrépressible fou rire , Beverly lâche : "Ils avaient baissé leurs culottes et mettaient le feu à des pets."
Suit un instant de silence absolu et tous se mettent à s'esclaffer avec elle , les échos de leurs rires se répercutant dans la bibliothèque .
Afficher en entierElle commençait à prendre conscience de son corps , depuis un an ,depuis surtout les six derniers mois , en réalité , son corps qui se mettait à prendre des courbes et à se féminiser. Le miroir était l'une des raison de cette prise de conscience renforcée , bien entendu, mais pas la principale ; la principale raison était que son père paraissait plus violent, voire se servir de ses poings sur elle . Il paraissait agité, comme une bête en cage , et elle était de plus en plus nerveuse quand il tournait autour d'elle , de en plus en plus sur ses gardes . C'était comme si elle avait fabriqué une odeur entre eux deux , une odeur qui n'existait pas quand elle était seule dans l'appartement , et qui n'avait jamais existé quand ils étaient ensemble avant cet été là . Et lorsque se mère s'absentait , c'était pire .
Afficher en entier« Cette énergie dans laquelle on puise avec tant de profusion quand on est enfant, cette énergie qui paraît inépuisable, elle disparaît en douce entre dix-huit et vingt-quatre ans pour être remplacée par quelque chose qui n’en a pas l’éclat, loin s’en faut, et d’aussi factice qu’une euphorie à la coke : des intentions ou des buts, peu importe le terme, c’est l’esprit chambre de commerce. Ça se passe sans histoires, la disparition n’est pas instantanée, elle ne s’accompagne d’aucun éclat. Et peut-être est-ce là ce qui fait le plus peur. Cette façon de ne pas arrêter d’un seul coup d’être un enfant, avec un gros boum! comme un de ces ballons de clown qui explosent pour les besoins d’un gag. L’enfant qui est en soi fuit comme crève un pneu sans chambre : lentement. Un jour, on se regarde dans un miroir, et c’est un adulte qui vous renvoie votre regard. On peut continuer à porter des blue-jeans, à écouter Bruce Sprinsteen, on peut se teindre les cheveux, mais dans le miroir, c’est toujours un adulte qui vous regarde. Peut-être que tout se passe dans le sommeil, comme la visite de la petite souris, la fée des dents de lait. »
Afficher en entier"Ça s'est toujours trouvé là, depuis le commencement des temps... avant même l'apparition des premiers hommes sur la Terre, ou peut-être il y en avait quelques-uns en Afrique qui bondissaient dans les arbres ou se cachaient dans des grottes. Le cratère a disparu, aujourd'hui. Ce sont sans doute les glaciers qui ont tout raboté. La vallée s'est creusée et le trou s'est bouché d'une manière ou d'une autre... mais il était toujours ici, endormi, peut-être, attendant la fonte des glaciers, attendant la venue des hommes.
- Voilà pourquoi Ça utilise les égouts et les canalisations, remarqua Richie. Pour Ça, ce doit être comme des autoroutes.
- Vous n'avez pas vu à quoi Ça ressemblait ?" demanda abruptement Stan, d'une voix un peu étranglée.
Ils secouèrent la tête.
"Peut-on tuer Ça ? demanda Eddie dans le silence qui se prolongeait. Un truc pareil ?"
Personne ne répondit.
Afficher en entierIls lui racontèrent un par un : le clown sur la glace, le lépreux sous le porche, le sang et les voix des évacuations, les gamins morts du château d'eau. Richie parla de ce qui s'était passé lorsqu'il était revenu avec Bill sur Neibolt Street et Bill prit la parole en dernier pour expliquer l'histoire des photos, celle qui s'était animée, celle dans laquelle il avait mis sa main. Il finit par expliquer comment Ça avait tué son frère Georgie et que le Club des Ratés s'était voué à la destruction du montre... quel qu'il fût en réalité.
Afficher en entier"C'est bon d'être un enfant, mais c'est aussi bon d'être un adulte et de rester capable de prendre en compte les mystères de l'enfance... Ses croyances, ses désirs.
De se dire que l'enfance possède ses propres et doux secrets et confirme notre mortelle condition, laquelle définit tout ce qui est courage et amour. De penser que ce qui a regardé en avant doit également regarder en arrière, et que chaque vie imite à sa manière l'immortalité : une roue." Stephen King.
Afficher en entierLe clown se trouvait au second plan, avec son costume d’argent aux boutons oranges, immobilisé dans l’entrecroisement de points du bélino, et paraissait suggérer – au moins aux yeux de Bill – que rien n’était terminé, que personne ne s’était rendu, que rien n’était gagné, qu’on en était toujours au point zéro, et surtout, que tout était perdu d’avance.
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