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Extrait ajouté par Jenna95 2013-06-03T18:52:05+02:00

Désillusionnée avant l’âge, je dégueule sur la facticité des sentiments.

Ce qu’on nomme l’amour n’est que l’alibi rassurant de l’union d’un pervers et d’une pute, que le voile rose qui couvre la face effrayante de l’inéluctable Solitude.

Je me suis caparaçonnée de cynisme, mon cœur est châtré, je fuis l’affreuse Dépendance, la moquerie du Leurre universel ; Eros planque une faux dans son carquois.

L’amour, c’est tout ce qu’on a trouvé pour aliéner la déprime post-coïtum, pour justifier la fornication, pour consolider l’orgasme. C’est la quintessence du Beau, du Bien, du Vrai, qui refaçonne votre sale gueule, qui sublime votre existence mesquine.

Eh bien moi, je refuse.

Je pratique et je prône l’hédonisme mondain, il m’épargne. Il m’épargne les euphories grotesques du premier baiser, du premier coup de fil, écouter douze fois un simple message, prendre un café, un verre : les souvenirs d’enfance, les amis communs, les vacances sur la Côte, puis un dîner : les auteurs préférés, le mal de vivre, pourquoi sortir tous les soirs, la première nuit, suivie de beaucoup d’autres, ne plus rien avoir à se dire, baiser pour combler les blancs, ne même plus avoir envie de baiser, se détacher, rester ensemble quand même, s’engueuler, se réconcilier tout en sachant que c’est mort au fond, aller baiser ailleurs, et puis plus rien.

Souffrir…

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Extrait ajouté par Jenna95 2013-06-03T18:51:24+02:00

Je n’ai envie de rien, je ne sais pas quoi faire, je ne veux pas dormir, je ne veux pas rester éveillée. Je n’ai pas faim. Je ne veux pas être seule, je ne veux voir personne. J’ai l’impression d’être en sursis. Je suis juste complètement défoncée.

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Extrait ajouté par Jenna95 2013-06-03T18:51:14+02:00

Arrivent le Martini de Sibylle, l’Evian de Chloé, ma vodka, deux copains de B qui me demandent hypocritement si ça va avec B, heureusement mon portable sonne à ce moment-là, et me dispense de les couvrir d’insultes, et c’est une de mes connaissances de Monaco, qui me convie à une fête dans une suite au Bristol, et je ne comprends rien à cause de son accent foireux et je ne sais pas comment je fais pour décliner sa proposition car je ne parle pas italien, puis je raccroche en prétextant que je passe sous un tunnel, Chloé raconte à Sibylle qu’en courant après un taxi avenue Gabriel, elle a failli casser son talon et Sibylle et moi demandons, angoissées : « Le talon de tes Gucci ? » Mais elle rétorque avec impatience : « Mais non, le talon de mon pied », et nous hochons la tête, rassurées, et je demande à Chloé ce qu’elle foutait avenue Gabriel car il n’y a pas de boutiques, et elle élude ma question, et je me demande si elle ne me cache pas quelque chose car B habite avenue Gabriel.

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Extrait ajouté par Jenna95 2013-06-03T18:51:00+02:00

Victoria vient d’arriver. Elle s’installe, commande des tomates mozzarella, et commence le lynchage de toutes les personnes présentes. Voir et être vu ? Non, lyncher et se faire lyncher. Outre la qualité du service et de la cuisine (mis à part les desserts qui sont infects, comme chacun sait), le Flandrin, c’est la foire aux mondanités, c’est le rendez-vous de tout Paris, et un inépuisable champ d’action pour les mauvaises langues comme nous. Nous ne sommes pas les seules, d’ailleurs. Il faut voir ces jeunes filles en fleur et en total look saisonnier, aux cheveux mordorés, aux membres graciles, déjeuner délicatement, coudes au corps et air de ne pas y toucher…

Approchez-vous… plus près… et écoutez leurs voix rauques et véhémentes…

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Extrait ajouté par Jenna95 2013-06-03T18:50:49+02:00

Je suis un pur produit de la Think Pink génération, mon credo : sois belle et consomme.

Embrigadée dans le tourbillon polycéphale des tentations ostentatoires, je suis la muse du dieu Paraître sur l’autel de qui j’immole gaiement chaque mois l’équivalent de votre salaire.

Un jour, je ferai sauter mon dressing.

Je suis française et parisienne et je n’en ai que faire, je n’appartiens qu’à une seule communauté, la très cosmopolite et très controversée Gucci Prada tribe ; le monogramme est mon emblème.

Je suis un peu caricaturale. Avouez que vous me prenez pour une sacrée conne en total look Gucci, sourire bleeching et cils papillonnants.

Vous avez tort de me sous-estimer, ce sont des armes redoutables, c’est grâce à elles que je dénicherai plus tard un mari au moins aussi riche que papa, condition sine qua non de la poursuite de mon existence si délicieusement et exclusivement futile. Car travailler n’entre pas dans la liste de mes nombreux talents. Je me ferai entretenir et voilà. Comme mère et grand-mère avant moi. Cela dit, depuis quelques décennies, la concurrence est rude sur le marché matrimonial de grand luxe. Les bons partis sont sollicités de toute part par une armada de mannequins, de secrétaires, et autres soubrettes ambitieuses dont les dents blanches rayent le parquet et qui ne reculent devant rien pour se tailler la part du lion. La part du lion = un appartement de réception rive droite + une classe A + une armoire de fringues griffées de mauvais goût + deux têtes blondes + narguer les anciennes collègues moins bien tombées.

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Extrait ajouté par alto03 2013-05-28T17:57:12+02:00

Page 155:

"Mais non. Moi je la connais la suite. Alfredo va au Queen tous les soirs. Il noie sa douleur dans la vodka. Il boit comme un trou et finit tous les soirs à quatre pattes. Et il pense à celle qu'il a perdue.

Alfredo a découvert la coke et il s'en met plein le nez vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et il pense à celle qu'il a perdue. Alfredo ne sait plus pleurer. Parce que pleurer ça soulage, et qu'il ne veut pas être soulagé. Violetta est perdue pour toujours et Alfredo se venge sur d'autres pétasses, sur des connes sans intérêt de la mort de celle qu'il aimait. Il les baise, il les pervertit et il les fait souffrir. Il aimerait bien les tuer, mais il n'en a pas le courage. Il aimerait bien se tuer surtout, se foutre en l'air. Puisqu'il n'a plus aucune raison de vivre. Mais il, n'en a pas le courage non plus. Il est lâche, c'est un misérable lâche. Il n'est pas capable de quitter cette existence abominable, il préfère la vivre le plus mal possible. Alfredo est alcoolique, drogué et suicidaire. Oh, il ne faut pas s'en faire pour lui. Il ne tardera pas à crever, lui aussi. D'une overdose, d'un accident de voiture, d'un coup de voiture, d'un coup de couteau dans une ruelle, d'une maladie incurable... Il retrouvera le sourire juste pour dire adieu."

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Extrait ajouté par Abyssos 2013-03-18T21:21:28+01:00

Je pars. Sans dire au revoir, sans me tourner. Je monte les escaliers et je franchis la porte. Une bouffée d'air frais me frappe le visage. J'inspire avec volupté. Je regarde le ciel en pensant à tous ces gens qui dorment et je suis bien content d'aller grossir leurs rangs. J'allume une cigarette. Je découvrir un sens nouveau à chacun de mes gestes. Je me sens libre. Le bruit saccadé de mes pas sur le bitume glacé, la clarté des réverbères et des restaus encore ouverts.

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Extrait ajouté par Abyssos 2013-03-18T21:19:37+01:00

leurs yeux brillent comme ceux de Picsou quand elles distiguent dans l'obscurité de la boîte l'éclair d'une carte dorée. Elles ne sont d'ailleurs pas sans savoir que carte gold rime souvent avec tempes argentées. Qu'à cela ne tienne... "Quel âge as-tu? -- Soixante-deux ans --dis-moi dans quoi tu roules, et je te dirai qui tu es .---Bentley --- Tu es l'homme de ma vie." Salopes.

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Extrait ajouté par Abyssos 2013-03-17T16:26:39+01:00

Et on se roule par terre dans la cascade de plumes virginales d'un oreiller crevé par non excès.

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Extrait ajouté par Abyssos 2013-03-17T16:21:25+01:00

Ecoute Catherine, depuis que toi et tes semblables avez lu Freud, vous avez l'œil torve et la vision faussée. Le moindre objet contondant est un symbole phallique, la moindre voiture de sport est un substitut phallique et l'engeance humaine ne « pense qu'à çà ». C'est Freud qui ne pensait qu'à ça, ce vieux pervers, on se fait analyser, c'est le dernier must-have, on analyse les autres, c'est du dernier casse-couilles.

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