Livres
461 733
Membres
418 361

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-06T19:51:07+02:00

Des mèches soufrées, de l’huile siccative, de l’huile de schiste, du mastic gris et blanc, de l’ocre, du vernis blanc et brun, du blanc de zinc et de plomb, gras comme crèmes, du talc et des acides mordants. Je me nomme Lampernisse et je jouissais des couleurs. Maintenant, on m’a mis dans le noir. Autrefois j’ai vendu du noir animal et du noir de charbon, mais je n’ai jamais servi le noir de la nuit à personne. Je suis Lampernisse. Je suis si bon et l’on m’a mis au fond de la nuit, avec quelqu’un qui éteint toujours les lampes ! À présent, le monstre pleure et rit à la fois. Il tend ses pattes d’aragne vers les flammes des bougies qui lui brûlent les ongles. Il n’en a cure et continue à donner cours à sa pauvre joie

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-06T19:50:55+02:00

Le salon jaune est la plus vilaine, la plus pauvre, la plus sinistre, la plus glaciale des pièces qui, sinistres et glaciales, se partagent l’intérieur de Malpertuis. Deux chandeliers à sept branches l’éclairent bien mal, mais je suis certain que Nancy n’aura fait allumer que trois, peut-être quatre des torsades de cire. Les gens qui s’y tiendront, sur de hautes chaises à dossier droit, ne seront que des ombres indistinctes ; leurs voix y retomberont à plat, comme les rumeurs dans le désert, et jamais ils n’y diront que des choses lugubres, méchantes ou désespérées

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-06T19:50:48+02:00

A-t-il achevé son travail pour l’oncle Cassave ? Sinon, vous allez le mettre à la porte. — La souris empaillée ? Oui, oui, mamzelle, il l’apporte, et c’est joliment bien fait. Le Dr Sambucque part d’un rire de bouteille, un glouglou qui s’obstine dans sa gorge. — C’est la dernière pièce au tableau de chasse du brave Cassave 

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-06T19:50:41+02:00

 De mon temps, continue le docteur, changeant brusquement de sujet, on parfumait les gaufres à l’eau de naffe ; les dieux ne connaissaient de plus délicat régal. Ah ! oui, vous me parlez de l’excellent Cassave, ma rose. Il en a pour huit jours encore, ce qui n’est que façon de mal parler car, en réalité, il en faudra sept encore à sa belle âme pour s’élancer dans le rayonnement divin des astres

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-06T19:50:34+02:00

 Je crois être son aîné, bien qu’on ne puisse rien dire de précis de ce cher homme, et il s’en va le premier, glousse joyeusement le vieux gourmand. C’est une chose consolante pour un homme de mon âge, car il semble que la mort vous oublie. Qui sait ? Il en est peut-être ainsi. Il y a quarante ans que Cassave et moi sommes liés d’amitié vive et sincère. J’ai fait sa connaissance à bord du coche d’eau. Il venait de la chasse et avait tiré deux barges rouges. Je lui en fis mon compliment, car ce sont de beaux et difficiles coups de feu. » Il m’invita à manger les barges avec lui. Je n’eus garde de refuser ! La barge rouge, quand elle est bien grasse, est plus fine encore que la bécasse, sa parente

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-06T19:50:25+02:00

Guérir ? Qui vous parle de cela ? Mais non, mais non, Cassave est bien condamné par la Faculté. N’empêche que je veux faire quelque chose pour lui. Dans la clarté de la lampe, une main décrépite et blême comme une cire brandit un carré de papier. — Voici la constatation de décès et le permis d’inhumer ad hoc, prêts et dûment signés par moi. Je n’ai laissé en blanc que la date. Hier, ils portaient encore, comme cause de la mort : double pneumonie. Mais j’ai réfléchi et il m’a semblé que « mal de Bright » serait plus distingué. » Je dois bien cela à mon vieux Cassave, n’est-il pas vrai ? Et maintenant, je reprendrai volontiers une de ces excellentes gaufres, ma bonne Élodie

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-06T19:50:18+02:00

Je ne demande pas mieux ; du fond des immenses et noirs souterrains où se trouve installée une cuisine vaste comme une salle de conférences, monte l’odeur chaude des gaufres et le fin parfum du beurre fondu, additionné de sucre et de cannelle. Je traverse un corridor d’une longueur démesurée, dont l’ombre se troue au mitan d’un faible carré de lumière. Au fond d’un vestibule baigné d’une mouvante clarté de gaz d’éclairage, un pan de boutique apparaît, lointain et irréel comme si on le regardait par le gros bout d’une lorgnette

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-06T19:50:11+02:00

Il ne reviendra pas… Pour quoi faire, en somme ? Les Grandsire sont nés pour courir grand largue sous le vent du monde, et non pour moisir sous le toit des hommes. La porte s’ouvre. Nancy revient. Elle sourit et sa méchante humeur s’est envolée. — J’ai trouvé cinq rouleaux, oncle Cassave ! dit-elle. — C’est lourd, hein, l’or ? ricane l’oncle… Eh bien ! tu en connais l’usage il me semble ? — Et comment ! répond Nancy avec effronterie. Elle nous quitte et me lance, en fermant la porte : — Jiji, Élodie t’attend dans la cuisine. Dans l’escalier, on l’entend rire doucement et pousser des gloussements de géline.

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-06T19:50:03+02:00

Une gifle claque. — C’est l’oncle Charles ! Le vieillard est d’excellente humeur et, n’était son teint plombé et le soufflet pénible de sa poitrine, je ne le croirais jamais à l’article de la mort. — Elle au moins est digne de son coquin de grand-père ! déclare-t-il avec une satisfaction évidente. Le silence retombe dans la chambre. Le soufflet de forge anime un brasier invisible. Les mains griffent les couvertures avec un bruit de lime

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-06T19:49:50+02:00

Pourtant, il aurait juré que c’était un oiseau de dimensions énormes. Il montait et descendait au gré de l’ouragan. Toutefois, il était visible qu’il veillait avec une avidité féroce sur la forme captive du rocher. À un certain moment même, il chut du haut des airs sur la proie fantomale et, cruellement, la laboura des serres et du bec. Un tourbillon se saisit de la tartane, la fit tournoyer comme un toton et la rejeta hors des brisants. Le tapecul et le beaupré furent rasés et le cadavre du mousse sauta par-dessus bord

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode