Les extraits ajoutés par pikafou
Adam,
Je suis sans doute la dernière personne dont tu as envie d'avoir des nouvelles et je ne t'en voudrais pas si tu jettes cette lettre à la poubelle sans la lire mais j'espère que tu me donneras la chance que je ne t'ai pas donnée et que tu liras jusqu'à la fin.
Comme tu le sais sûrement, je passerais bientôt au tribunal. Mon avocat essaie de réduire les charges à coups et blessures sans intention de blesser mais la police a les photos et les rapports des médecins qui expliquent parfaitement ce que je t'ai fait. Il est très probable que je fasse de la prison. Ma mère ne veut plus rien savoir de moi et mes amis m'ont laissé tomber. Je ne leur en veux pas. Crois-moi, je n'essaie pas d'obtenir ta sympathie. Après ce que j'ai fait, je sais que c'est impossible. Si je suis envoyé en prison, je n'aurai que ce que je mérite. Je l'accepte. J'ai pensé passer plutôt que de t'envoyer une lettre mais tu avais raison, je suis un lâche. Pourtant, il faut que je te le dise : je suis désolé. Je sais que ce ne sont que des mots et qu'il est trop tard, mais je suis vraiment désolé. Quand je me remémore cette nuit, je n'arrive toujours pas à croire à ce que j'ai fait.
Je veux e demander une faveur. Je sais que je n'en ai pas le droit mais je te demande quand même. Tu m'écriras quand je serais derrière les barreaux ? Je te donnerai mon après le jugement. Si tu choisis de m'ignorer, je comprendrai. Mais j'espère que tu auras pitié de moi. Je n'ai plus personne dans ma vie maintenant. N'est ce pas ironique ? J'avais peur de perdre mes amis et ma famille en révélant que je suis homosexuel alors je n'ai rien dit et je les ai perdus quand même.
Il paraît que tu n'es pas encore retourné au lycée. Est-ce que c'est parce que, comme moi, tu te sens mort à l'intérieur ? Est-ce que c'est parce que la vie ne te semble plus valoir le coup d'être vécue ? Tu m'as dit un jour que nous étions très semblables et je ne t'ai pas cru à l'époque. Mais tu avais raison. Une fois de plus. Je suppose que c'est pour ça que je sais comment tu tu dois te sentir. Trahi. Je t'ai dit des choses que je n'avais jamais dites à personne. Jamais. Nous étions proches, toi et moi. Je t'ai juré que je tenais à toi et c'était vrai (c'est toujours vrai), ce qui ne m'a pas empêché de te faire du mal. Maintenant, tu penses que le monde est plein d'hypocrites et de menteurs comme moi, alors à quoi bon continuer ? Je n'ai pas la réponse à cette question. Sache seulement qu'il ne passe pas une seconde sans que je regrette profondément ce que j'ai fait. J'espère que tu me répondras. Tu es ma dernière chance de me sentir à nouveau humain. Mais si tu ne veux pas ou ne peux pas, je comprendrai.
Prends soin de toi.
Ton ami,
Joshua
Afficher en entierSpoiler(cliquez pour révéler)Ah ça non, le cancer ne la lui prendrait pas. Luce saurait la défendre. Il y avait tant de chose encore à vivre !Alors, l'adolescente entreprit de raconter le chemin parcouru, les gens rencontrés, les obstacles franchis.[...] Phrase après phrase, elle lui restitua Tantine Suzanne et ses poussins, les "hé hé" de Fred Bilster, le regard pensif de Mad Loulou, la moue ironique de Didier, l'amitié indéfectible de Titi. Tout en parlant, Luce sentait la souffrance des mois de guerres s'éloigner. Tous tous l'attendaient, tous conservaient comme un trésor un fragment de la vitalité bouleversante d'Inès. Personne ne l'avait oubliée. Il fallait qu'elle leur fasse confiance. Ils uniraient leurs efforts et leurs talentsSpoiler(cliquez pour révéler) pour la guérir.
Luce et Inès se sourirent.
Oui, ensemble, elles feraient de la musique.
Afficher en entierIl l'éclaboussa, elle le poursuivit avec des cris aigus de petite fille, les mains en coupe, projetant des gouttelettes scintillantes sur ses boucles brunes. Il s'ébroua, la rattrapa puis la poussa sous l'arrosage des plates-bandes.
Le rire d'Esteban s’éteignit.
Oublieuse de tout, immobile, elle tendait son visage à la bruine rafraîchissante où dansaient des arcs-en-ciel. Les gouttes se condensaient sur ses épaules, sinuaient vers son décolleté. Il avait envie de l'attirer dans ses bras, pour la bercer la consoler, la protéger. De quoi ? Il ne savait pas. Il la devinait si vite alarmée, frémissant parfois d'une souffrance cachée, mais riche aussi d'une énergie contenue, valeureuse ! Mais Dios mio, c'est qu'en plus, elle était diablement mignonne, ainsi toute frissonnante, inconsciente de ses petits seins qui se dressaient sous son tee-shirt. Esteban se détesta de cette pensée. L’attitude de Luce le montrait clairement, elle ne voulait pas mener leur relation sur ce terrain-là.
Afficher en entier"Tu trouveras l’incomparable Fleur de Kalir recouvrant et embaumant l'Endroit qui a été effacé", disait le manuscrit. -Mmmh, fort poétique, avait murmuré Cal, mais guère précis. Que voulaient-ils dire ? -Ben, c'est toi, l'AutreMondien, hein ? Moi, je suis la petite émigrée qui ne connaît rien à ce monde. L'endroit qui a été effacé, cela ne te suggère rien ? Et comment on efface un endroit ? Cal n'avait pu résister : -Avec une grosse gomme ?
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